‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 161 sur 340 · X.E MARQUIS · texte numérisé non relu

X.E MARQUIS

Je n'imagine pas que ceci me regarde.

L'homme prudent, monsieur , jamais ne -se hasarde

A risquer l'équivoque, à parler sur un ton

Que l'on ne souffre pas quand on porte un grand nom.

19a LA JOUEUSE. •

VA.LVILLE.

Je respecte un grand nom ; mais quand on en est digne. Un vain titre flétri me révolte et m'indigne , Et fussiez-vous issu du sang des demi-dieux, Vous trahissez, monsieur, cette foule d'aïeux, Lorsque vous ourdissez une odieuse trame, Dont le succès dépend des larmes d'une femme. Vos menaces , d'ailleurs , ne peuvent m'étonner : Dès long-temps la raison m'apprit à dédaigner Ces réputations par l'audace usurpées, Qui traînent leur mérite au bout de leurs épées.

Vous m'insultez, monsieur, vous m'en ferez raison.

VALVILLE

Oui ; mais il faut d'abord de cette trahison Vous laver , .assurer le repos de madame. Nous différons un peu. Quand vous navrez son ame, C'est son intérêt seul qui m'arme contre vous, Et je défends ici ses droits et son époux.

MADAME DE XIMEUIL, à Valville.

Vous ne sortirez pas.' Que prétendez -vous faire? Au destin qui m'attend croyez-vous me soustraire? 11 veut vous immoler, ce sont là ses plaisirs.... Je ne mérite pas un seul de vos soupirs. Conservez votre sang dont une autre est jalouse ; Vous ne me devez rien , vivez pour votre épouse ; Laissez-moi mourir seule, et ne m'exposez pas A pleurer sur un fils expirant dans mes bras.

V A LV I L'L E , au marquis.

Finissons. Vous avez des billets ?

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