ACTE I, SCÈNE XL a
Je conçois que tu peux avoir raison/
V£liy{LX.£.
C'est fort heureux. Il faut d'abord barrer le cher Valbourg dans ses projets , s'il en a , ce qui est trèspossible. Je connais la marche de ces vieux gârçcHis. Ils s'introduisent dans une maison sous le titre spécieux d'amis; peu à peu ils établissent leur empire; ils écartent les importuns , ne laissent voir qu'eux , se font voir, souvent , reniant de firéquens services , éloignent la défiance par un extérieur réservé , austère même , ne présentent leur amouc que sous l'innocente apparence de l'amitié , font naître enfin une sécurité parfaite , et , toujours maîtres de leurs sens, attendent le moment favorable . le saisissent san& qu'on ait prévu leur tricMnphe, et abandonnent ensuite là poulette à un jeune amant bien ardent ,. bien honnête , qui répare tout par un bon et solide mariage. Tu m'avoueras que ceci vaut la peine qu'on y pense.
d'elmont.
Je ne sais quel parti prendre. Ami cruel, si tu me montres le danger, indique -moi les moyens de m'y soustraire.
VERVILLJEk
Voilà ce qui s'appelle parler. Dans Tétat où je vois les choses, il n'y a qu'un expédient.
d'elmont.
Et cest... •
u3« ï;orpheline.
YHllViLLE.
D'enlever.
Grand Dieu ! Tourmenter une infortunée à qui je ne dois que des hotiimages ! manquer criieilemefit à ma mère !
VERVitLK.
Aimes'^tt mieux te manquer à loi^même ? Uheniine €St né pour le plaisir. Le rigoriste le laisse échapper; le sage le fix«, et s'embarrasse peu de l'opinion des ^ots. Au reste , je ne pràteifrds pas te forcer à être beilreu%. QUe. les Valbourg et ses semblables commencent l'éducation de lulie, tu la finirais ef>suite. Clette issue n'est pas la plus flatteuse ; nia>i$ c'est au in(»înÀ la plus sâr<^
d'elmont*
Tu me feie frémir. Tes raisons ne me paraissent pas convaincantes ; i^sepe^ant je n'ai rien de persuasif a leur opposer. Ton eÇsLpériemee , ton usagie do moade, te donnent sur moi un ascendant que contredit ma raison , et auquel je ne peux nrê soustraire.
VERVILLE
Laksé-toi ifonc conduire , et saclus t'en rap]f)OMer à des yeux plus clairvoyans que les tiens. Je t'ai donné un certain Picard, qui doit te servir utilement dans ces sortes d'aiSFaires. C'est un trésor dôilt je me suis privé pour toi. Pas de limier qoi ait le nez aussi fin; pas de gibier qui lui échappe. Ce drôle-là m'a rendu des services essentiels , et il est presque aussi capable 'que moi de guider ton inexpérience. Faisons -le ve-