‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 260 sur 340 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Du FORFANVILLE , Majjame de FORFANVILLÈ, D£ KERSALEC , Mademoiseixe de KERSALEC.

KERSALEC.

Oui, mon ami, je viens, après quinze ans d'absence, visiter le dépôt que je vous ai confié. Madame, agréez mon hommage.

MADAME DE FORFANVILLE.

Tout le monde vous attendait ici , monsieur , et chacun par un motif différent, i

KERSALEC.

Et moi , je n'en ai qu'un , madame, ^oir mes amis

embrasser ma nièce , ni'applaiidir des qualités qu'elle a Sans doute acquises , tel est le motif de mon voyage.

HADIME DE FOIIF AN V I LLE.

Ce voyage doit ' flatter tous ceux qui vous connaissent , n'est-it pas vrai , monsieur de Forfanvilte ? FORFAKVILLK, » pM.

Ah ! madaoïe , ménagez'moi.

EEHSALEC.

Je ne vois pas à qui il pourrait déplaire. For&n- \ille est mon ancien ami j il a élevé. ma ïiièce; elle doit avoir des principes..:.

WADA.ME ne FORHASVILtE. ■ Tout-à-fait conformes aux siens , je td\i& l'assure.

TLERSt.l.'EC.

En ce cas, je suis heureux et tranquille.

FORFANViLtE, à put i H femme.

Hé! par grâce....

MADEMOISELLE DE KERSALEC.

, J'espère que mon oncle restera quelque temps avec nous.

KERSALEC.

Oui, ma nièce. Ou ne fail pas souvent de ws voyages-là, et je vous donnerai* tous les momens doni mes af&ires me permettront de disposer.

MADEMOISELLE D£ KEBSALEC.

Ah ! tant mieux , mon cher oncle : vos conseils mi; sont nécessaires.

WADAME DE FOHF AIVVILLE , bas A son maii.

Il est des choses sur lesi|uelles elle n'en demandera pas, n'est-il pas vrai ?

356 LE MARCHAND PREVONÇAL.

MADAME DE PGRFAHVILLE.

( yijjart. ) Laissons-le respirer un moment. (^HatU.) Mais par quel hasard monsieur est -il commerçant? Je me souviens qu'autrefois il avait l'honneur de servir dans la marine royale.

KEBSALEC.

Je n'ai pas quitté le service , madame ! Soldat en temps de guerre;marchand, quand je ne suis pas employé, j'accorde mes devoirs e» mes intérêts.

FORFAMVILLE, i p«rl.

Encore un marcliand! .

MADEMOISELLE DE KER S ALEC , à part. '

Ah! Fabrice, quelle agréable surprise!

KERSALEC.

Je suis, vous le savez, un cadet de Bretagne, et par conséquent , exJiérédé dès ma naissance. Cette coutume n'a pas le sens commun ; mais elle a force de loi ; elle accommode les aines , et mon frère , à U mort de notre père , s'établit dans ses birns. Il trouva une fortune toute faite , et la dissipa : c'est assez la règle. Malheureusement, il a laissé une fille qui n'a rien , et rarement , dans ce pays-ci , on prend une femme sans dot; mais j'ai envie de l'emmener en Amérique. J'y connais des gens qui comptent encore pour quelque chose la beauté et la sagesse. Ma iilèrt est jolie, et près de vous, madame j elle doit avoir trouvé l'exemple et le précepte.

MADEMOISELLE D F. KERSALKC.

Jemie suis efforcée, monsieur , de me rendre dîgrie devous; mais je voudrais,... ;

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