‹ Œuvres complètes de Pigault Lebrun (volume 3)Chapitre 4 sur 340 · NICANDRE, VALÈRE · texte numérisé non relu

NICANDRE, VALÈRE

NICA^DRE, sans voir Valère.

O le maudit pays ! Que ne sui&-je en Espagne ! Je pourrais à mon gré gouverners ma compagne , Confier aux verroux mon repos , mon honneur. Rire des vains efforts d'un jeune suborneur; Mais on exige ici qu'un mari soit facile , Et, pour plaire au public, il faut être imbécille. Oh! nous verrons, morbleu!.... Que faites^-vous ici ? Un argus vigilant ne trotte pas ainsi. *

VALÈRE, embarrassé.

Mais.... je cherche un ombrage épais et solitaire. Où, conduite par moi, loin des yeux du vulgaire. Votre épouse, docile à mes instructions, Combatte avec succès le feu des passions. Des principes du temps démêle l'imposture, Et puise des leçons au sein de la nature. La paix qui règne ici pénètre jusqu'au cœur. La campagne est , monsieur , l'asile du bonheur , Et de ce calme heureux qui convient à madame.

NICANDRE

Ces jardins sont peu faits pour une jeune femme. Cet endroit me paraît suffisamment obscur : Le plus près de ma porte est toujours le plus sûr. Rentrez , et gardez -vous de quitter Roséide.

VALÈRE

Vous serez satisfait.

i4 IL FAUT CROIRE A SA FEMME.

iriGANDRE.

Mais.... je vous crois timide.

VALÈRE

Point du tout.

NIGAITDRE.

En public il faut de la douceur ; Mais dans le tête-à-tête ayez de la vigueur.

VALÈRE

J'en aurai.

NICANJDRE.

Soyez sourde à son touchant langage.

Elle vous séduirait : on est tendre à votre âge. J'ai composé pour vous un sage règlement : Il faut de point en point le suivre aveuglément ; Pour en saisir re3prit, le relire sans cesse.

(Apercevant Léandre.) .

Allez endoctriner votre jeune maîtresse.

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