CHAPITRE m
plus que les autres consiste dans son industrie, qui n^est pas entrée en considération dans le règlement des* portions que chacun des associés devra avoir dans les gains de la société, il peut en être récompensé de plusieurs manières. Par exemple, si trois associés ont apporté en argent ou en marchandises chacun 5 0,000 livres pour former une société dont ils seroient chacun pour un tiers, et que Tun d'eux y ait apporté de plus que les autres son industrie particulière et le travail qu'il s'est chargé de faire pour les affaires de la société, il y a plusieurs manières de le récompenser de cette industrie et de son travail. 1® On peut convenir qu'en récompense de son industrie et de son travail il ne supportera rien de la perte qu'il pourra y avoir à souffrir si la société ne réussit pas; ou qu'il en souffrira une perte moindre que le tiers, qu^il auroit eu dans les gains si la sojciété eût prospéré. Nous avons vu suprà^ ch. i, §. 4^ que cette convention étoit équitable lorsque le prix de son industrie et de son travail étoit égal au prix de la décharge du risque de supporter dans la perte la part qui lui est assignée dans les gains.
2^ On peut, en laissant participer cet associé aux pertes comme aux gains pour son tiers, le récompenser d'ailleurs de son industrie et de son travail qu'il apporte de plus que les autres à la société, en convenant qu'il, prélèvera tous les ans sur le fonds de la société une certaine somme, à laquelle les parties contractantes auront évalué le prix de son industrie et de son travail, qu il a apportés à la société de plus que les autres associés.
On peut aussi évaluer le prix de l'industrie et du titrvail de cet associé à une certaine somme unique, qui doive être par lui prélevée sur le fonds de la société^ au partagée qui sera à faire entre les associés à la fin du temps que doit durer la société.
76. Lorsque l'un des associés a apporté en ar^nt ou marchandises plus que les autres à la société qu'ils oui contractée, pour en partag^er entre eux les profits par parties égales, on convient ordinairement que cet associé prélèvera cette somme au partage qui se fera à la fin du temps de la société, avec les intérêts de cette somme par chacun an du temps qu'elle aura duré.
Cette convention intervient assez fréquemmentlorsqu'un négociant marie quelqu'un de ses enfants. Par exemple, un négociant qui à un fonds de commerce de 45o,ooo livres en argent, dettes actives, et marchandises, déduction faite du passif, en tire 5o,ooa livres pour marier son fils , et associe pour dix ans son fils à son commerce. Quoique son fils n'apporte à cette société que les 5o,qoo livres qu'il a reçues de son père , et pareille somme que sa femme lui a apportée en dot, ce qui fait en tout 100,000 livres, et que son père y contribue de 4oo^ooo livres qui lui restent, néanmoins il associe son fils pour moitié à son commerce , au lieu du cinquième qu'il y devroit avoir seulement^ n'ayant apporté pour sa part qu'une somme de 100,000 liv.^ qui est le cinquième du fonds de la société. Pour récompenser le père de 3oo,ooo livres dont il contribue à la société de plus que son fils , on convient, par le contrat de société inséré dans le contrat de mariage , que le père, à la fin du temps de la société, prélèvera au