LETTRE DE HENRI IV
Original autosraphe (Bibliothèque impériale de Saint- Pétersbourg, ms. 849, lettre 2).
160J (17 septembre).
A Mons' de Bellievre, chancellier de France .
Ulons' le chancellier, je n'ay pas moins esté meu de pitié que d'équité à accorder à M. le Grand le respit (1) de deux ans dont il m'a supplié avec grande mstance pour le jeune Racan, cousin de sa femme (2), et duquel il est tuteur. Car, outre que le père de ce jeune gentilhomme est mort à mon service , après m'avoir assisté en ces dernières guerres, et que je sçay la plus grande partie de ses debtes procéder à cause de mon dict service, la perte de ses père et mère au bas âge où il se retrouve me convie à contribuer ce remède à la manutention de sa personne et maison; et puis je désire conforter le fils en l'inclina-
1. Des lettres de répit pour le mettre, pendant un temps, à l'abri des poursuites de ses créanciers.
2. Madame de Eellegarde étoit fille d'Honorat de Bueil, frère aîné du -père de Racan.
Ixij Appendice.
tion qu'il a (i) d'imiter et se rendre digne de continuer les services de son père, dont la mémoire m'est très fresche et recommandée. Je vous prie donc ne différer luy depescher le dict respit pour ce temps là, et vous ferés chose qui me sera très agréable. Adieu , Monsr le chancellier. Ce xvii septembre, à Saint-Germainen-Laye.
( Collection de documents inédits sur l'histoire de France. — Recueil de lettres missives de Henri IV, publié par M. Berger de Xivrey.)
Les Bergeries étant l'œuvre la plus populaire de notre poète, et tenant d'ailleurs à la littérature dramatique , nous n'avons pas craint d'y rattacher en général un plus grand nombre de détails qu'à ses autres productions.
Extrait de /'Histoire du théâtre françois {des frères Parfaict), t. 2, édit. de 1736.