XXII INTRODUCTION
pondre à l'attente d'une compagnie si éclairée... Lorsque M. Perrault fut content de son ouvrage, il en ût imprimer quarante copies pour en distribuer à tous ses confrères, afin que chacun en son particulier se donnât la peine de l'examiner. Une de ces copies est heureusement parvenue jusqu'à moi avec des remarques manuscrites, où je soupçonne l'abbé Régnier , et Racine lui-même , d'avoir eu bonne part. »
Voilà qui est fort vague. Il est difficile d'employer des termes moins décisifs. Lorsqu'on examine le morceau, on voit s'élever bien des objections. Bref, c'est une des pièces dont l'attribution à Racine est la plus hasardée.
ÉPITAPHES
Ces deux épitaphes sont tirées de la Description Iiisloiùqnc de la ville de Paris, par Piganiol de La Force. Voyez tome IV, pages l/iO et 1/|1, et tome VII, p. 27 et suiv. On sait par la correspondance entre Boileau et Racine que Racine avait fait l'épitaphe de Michel Le Tellier mort le 3 octobre 168."). Boileau écrit à Racine à la date du 29 juillet 1687 : <i Je n'ai jamais pu deviner la critique que peut faire ^L l'abbé Tallemant sur l'endroit de l'épitaphe que vous m'avez marqué. N'est-ce point qu'il prétend que ces termes il fut nomme semblent dire que le roi Louis XIII a tenu M. Le Tellier sur les fonts de baptême ; ou bien que c'est mal dit, que le roi le choisit pour remplir la charge, etc., parce que c'est la charge qui a rempli M. Le Tellier, et non pas M. Le Tellier qui a rempli la charge-, par la même raison que c'est la ville qui entoure les fossés et non pas les fossés qui entourent la ville. ' C'est à vous à m'expliqucr cette énigme. »
1. .\Uusioii i un trait de ridicule subtilité échappe à cet académiciea
INTRODUCTION. xxiii
Et un pou plus loin dans la même lettre : « Vous ne me parlez point de l'épitaphe de M"' de Lamoignon. »
Racine, répondant à Boileau 1(> h août suivant, lui dit : « Je suis bien aise que vous n'ayez pas conçu la critique de l'abbé Tallemant : c'est signe qu'elle ne vaut rien. La critique tomboit sur ces mots : Il en commença les fonctions. Il i)ré(endoil qu'il l'alloit dire nécessairement : // commença à en faire les fondions. Le P. liouhours m- le devina point, non plus que vous, et quand je lui dis la diliiculté, il s'en moqua. Je donnai l'épitaphe de M"" de Lamoignon à M. de La Chapelle en l'état que nous en étions convenus à Montgeron; je n'en ai pas oui parler depuis. »
11 semble bien résulter des termes de cette correspondance qu'il y eut une certaine collaboration de Racine et de Boileau pour la confection de ces deux opitaphes. On peut encore se demander si les épitaphcs qu'ils avaient faites sont bien c(?lles qui étairnt gravées sur la tombe de Michel Le Tellicr dans l'église de Saint-Gervais et de Saint-Protais, et sur celle de Madeleine de Lamoignon dans l'église des Cordeliers? Pour la première, il n'y a pas de doute, puisque les expressions qui sont critiquées par l'abbé Tallemant se trouvent dans l'épitaphe transcrite par Piganiol de La Force. Il y a moins de certitude pour celle de M"* de Lamoignon; il est probable toutefois que c'est l'œuvre de Racine et de Boileau qui fut adoptée par la famille de Lamoignon.
Nous ne donnons place dans cette série des ouvrages en prose attribués à Racine, ni aux Faclums pour le maréchal de
dans la discussion du Dictionnaire. Furetière l'a rappelé dans son second faclum. p. 8, édition de 1G86.