‹ Œuvres complètes de Racine (volume 2)Chapitre 118 sur 154 · I. Racine ii'^ traduit que le premier mot de la phrase · texte numérisé non relu

I. Racine ii'^ traduit que le premier mot de la phrase

liri'c du sein même de la chose, se forme peu à peu d'une suite vraisenil)lable des aiïaires, et excite la terreur et l'admiration : comme celle qui se fait dans VOEdipc de Sophocle et dans Ylpliigénie : car qu'y a-t-il de plus vraisemblable à Iphigénie, que de vouloir faire tenir une lettre dans son pays? Ces reconnoissances ont cet avantage par-dessus toutes les autres, qu'elles n'ont point besoin de marques extérieures et inventées par le poëte, de colliers et autres sortes de signes. Les meilleures, après celles-ci, sont celles qui se font par raisoimement

Homère est admirable pour beaucoup de choses, mais surtout en ce qu'il est le seul des poètes qui sait parfaitement ce qui convient au poëte : car le poëte doit rarement parler connue poëte : car il n'imite point lorsqu'il parle, mais lorsqu'il fait parler les autres. Tous les autres poètes parlent partout et n'imitent presque jamais. Homère, au contraire, lorsqu'il a dit quelques paroles pour préparer ses personnages, amène aussitôt ou un homme, ou une femme, ou quelque autre personnage, qui parlent chacun selon leurs mœurs et leur caractère : car tout a son caractère chez lui, et il n'y a point de persomiage sans caractère

On demandera peut-être laquelle imitation est la plus parfaite, ou celle qui se fait par le poëme épique, ou celle qui se fait par la tragédie. Ceux qui donnent l'avantage au poëme épique disent que la meilleure des imitations est celle qui se fait avec le moins d'embarras, et qui ne se propose que les honnêtes gens pour spectateurs. Ils

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appellent une imitation qui se fait avec embarras, celle qui veut tout imiter, et qui, craignant de n'être pas assez entendue et de ne point faire son elTet, s'efforce de s'imprimer elle-même, s'agite, et emprunte le secours du geste et du mouvement des acteurs.'

Tels sont ces mauvais joueurs de flûte qui tournent autour d'eux-niùmes pour mieux représenter un disque, une pierre qui tourne, et qui ne se fient pas à la cadence de leur chant, et ceux encore qui, pour exprimer l'action de Scylla qui attire à elle les vaisseaux, attirent à eux celui fjui chante auprès d'eux, soil le viaitre de musique ou quelque autre.

La tragédie, disent-ils, ressemble en cela aux acteurs modernes, et elle est, à l'égard du poème épique, ce que ces nouveaux acteurs sont à l'égard des anciens : car Mynisque, ancien acteur, accusant Callipides de faire trop de'gestes, l'appeloit un singe. On disoit la même chose du comédien Pindare.

Au lieu que le poëme épique, n'ayant que les honnêtes gens pour spectateurs, n'a pas besoin de ces secours empruntés, dont la tragédie se sert pour faire son effet sur ses spectateurs, qui sont d'ordhiaire une vile popu-

1. Le Commentaire n'a rien entendu à ce passage* (Noie de Racine).

' Cette observation, que Racine a mise en marge, est parfaitement juste; mais lui-môme a plutôt paraphrasé que traduit ce passage, dont le texte est obscur et parait altéré. Voici une traduction plus littérale :

Il L'imitation épique vaut-elle mieux que limitation tragique? C'est une question qu'on peut proposer. Si l'imitation la plus simple, la moins chargée, celle qui n'a pour spectateurs que les lionnétes gens, mérite la préférence, l'épique doit l'emporter; car l'imitation tragique, qui se pique de tout imiter, est fort chargée : le poète s'y donne un grand mouvement; et, dans la crainte qu'où n'y soit pas assez sensible, il appellera à son secours une foule d'ornements (tels que le chant, le geste, les décorations, les costumes et tous les prestiges du théâtre.) » (G.)

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