‹ Œuvres complètes de Racine (volume 2)Chapitre 16 sur 154 · Le 10 septembre · texte numérisé non relu

Le 10 septembre

l'étonnant point, l'abbesse, le confessenr et ces jeunes gens la prirent par force, et la mirent hors du couvent avec les religieuses qu'elle y a\oit amenées, et avec toutes les novices à qui elle avoit donné l'habit. Cette troupe de religieuses, destituée de tout secours, et ne sachant où se retirer, s'achemina en silence vers Pontoise, et en traversa tout le faubourg et une partie de la ville, les mains jointes et leur voile sur le visage, jusqu'à ce qu'enfin quelques habitants du lieu, touchés de compassion, leur offrirent de leur donner retraite chez eux. Mais elles n'y furent pas longtemps; car, au bout de deux ou trois jours, le parlement, à la requête de l'abbé de Cîteaux, ayant donné un arrêt pour renfermer de nouveau M.""" d'Estrées, le prévôt de l'Isle' fut envoyé avec main-forte pour se saisir de l'abbesse, du confesseur et de la religieuse ancienne qui étoit de leur cabale. L'abbesse s'enfuit de bonne heure par une porte du jardin ; la religieuse fut trouvée dans une grande armoire pleine de bardes, où elle s'étoit cachée ; et le confesseur, ayant sauté par-dessus les murs, s'alla réfugier chez les jésuites de Pontoise. Ainsi la mère Angélique demeura paisible dans Maubuisson, et y continua sa sainte mission pendant cinq années.

Ce fut là qu'elle vit pour la première fois-, saint François de Sales, et qu'il se lia entre eux une amitii' qui a duré toute la vie du saint évèque, qui voulut même que la mère de ClianlaP fût associée à cette union. L'on

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