Le 14 mai 1G38. Il n'en soitit qu'en février lGi
2. Jean de Veilli, odicier, ou plutôt partisan allemand, qui parvint à se faire redouter. Fait prisonnier par Turenne, les chansons dont il fut l'objet ont donné queUiue célébrité ii son nom. (G.)
Ce fut aussi dans celte prison que l'abbé de Saint- Cyran écrivit ces belles lettres chrétiennes et spirituelles, dont il s'est fait tant d'éditions avec l'approbation d'un fort grand nombre de cardinaux, d'archevêques et d'évêques, qui les ont considérées comme l'ouxTage de nos jours qui donne la plus haute et la plus parfaite idée de la vie chrétienne.
11 mourut le 11 octobre 16i3, huit mois après qu'il fut sorti du bois de Vincennes; et ses funérailles furent honorées de la présence de tout ce qu'il y avoit alors à Paris de prélats plus considérables. A peine il eut les yeux fermés, que les jésuites se débordèrent en une infinité de nouvelles invectives contre sa mémoire, faisant imprimer, entre autres, de prétendus interrogatoires qu'ils avoient tronqués et falsifiés; et quoiqu'il eût reçu avec une extrême piété le viatique des mains du curé de Saint- Jacques-du-Haut-Pas, et que la Gazette même en eût informé tout le public, ils n'en furent pas moins hardis à publier qu'il éloit mort sans vouloir recevoir ses sacrements. J'ai cru devoir rapporter de suite ces événements pour faire mieux connoitre ce grand personnage, contre lequel la calomnie s'est déchaînée avec tant de licence, et qui a tant contribué, par ses instructions et par ses exemples, à la sainteté de Port-Royal.
La rupture de l'évêque de Langres avec les Filles du Saint-Sacrement, et l'emprisonnement de l'abbé de Saint- (]yran, ne furent pas les seules disgrâces dont elles furent alors affligées : elles perdirent aussi la duchesse de Longueville', leur fondatrice, qui mourut (en 1637) avant que
t. Louise de Bourbon, fille du comte de Soissons, première femme de Henri d'OrlOans 11, duc de Loiigueville, morte le 9 septembre 1037, i l'âge de trente trois ans. bon mari se remaiia en l(it'2, et eut pour seconde
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d'avoir pu laisser aucun l'oiuls pour leur subsistance; K'iloment que. se voyant driua-es de toute protection, et d'ailleurs L-tant fort iuconunodi'es dans la maison où elles étoient, sans aucune espérance de s'y pouvoir agrandir, elles se retirèrent en 1C38 (le 10 mai) à Port-Royal, oii il y avoil déjà quelques années quf la mère Auf^^élique étoit reloiu'uée.
Ce fut alors que les religieuses de ce monastère renouvelèrent leurs instances, et demandèrent à relever un institut qui éioit abandonné, et qu'il sembloit que Dieu même eût voulu leur réserver. Henri Arnauld, abbé de Saint-Nicolas, depuis évêque d'Angers', étoit alors à Rome pour les afl'aires du roi : elles s'adressèrent à lui, et le prièrent de s'entremettre pour elles auprès du pape, qui leur accorda volontiers, par un bref, le changement qu'elles (lemandoient. Mais l'allaire soullïil à Paris de grandes dilTicultés à cause de quelques intérêts temporels qu'il falloit accommoder. Enfin le parlement ayant terminé ces difficultés, le roi donna ses lettres, et l'archevêque de Paris son consentement. Elles se dévouèrent donc avec une joie incroyable à l'adoration perpétuelle du mystère auguste de l'eucharistie, et prirent le nom de Filles du Saint- Sacrement ; mais elles ne quittèrent pas l'habit de saint IJernard ; elles changèrent seulement leur scapulaire noir en un scapulaire blanc, où il y avoit une croix d'écarlate
femme cette fameuse ducliessc de Longueville, dont il sera question dans la suite de l'histoire de Port-Royal.
1. L'un des frères de la mère Angélique et du docteur Arnauld. Il fut envoyé à liomc en 1G45, et y resta jusqu'en lCi8. Le bref du pape ne fut accordé qu'en 1047, et ce fut au mois d'octobre de la même année que les n^ligieusos de Porl-lioyal prirent le nom et l'habit de Filles du Saint-Sacrement. Il y avait alors près de dix ans que l'institut fondé par la duchesse de Longueville ne subsistait plus. — Henri Arnauld mourut à Angers le 8 juin IGO'i, âgé de quatre-vingt-quinze ans.
attachée par devant, pour désigner, par ces deux couleurs, le pain et le vin, qui sont les voiles sous lesquels Jésus- Christ est caché dans ce mystère. M. du Saussay, leur supérieur, alors officiai de Paris et depuis évêque de Toul, célébra celte cérémonie (en 1647, le 2/i octobre) avec un grand concours de peuple. L'année suivante, M. de Gondy bénit leur église, dont le bâtiment ne faisoit que d'être achevé, et la dédia aussi sous le nom du Saint-Sacrement'.
Pendant cet état florissant de la maison de Paris, les religieuses n'avoient pas perdu le souvenir de leur monastèi'e des champs; on n'y avoit laissé qu'un chapelain, pour y dire la messe et y administrer les sacrements aux domestiques. Bientôt après, M. Le Maistre-, neveu de la mère Angélique, ayant, à l'âge de vingt-neuf ans, renoncé au barreau et à tous les avantages que sa grande éloquence lui pouvoit procurer, s'étoit retiré dans ce désert (en 1637) pour y achever sa vie dans le silence et dans la retraite. Il y fut suivi par un de ses frères, qui avoit été jusqu'alors dans la profession des armes'. Quelque temps après, M. de Sacy\ son autre frère, si célèbre par les livTes de piété dont il a enrichi l'Église, s'y retira aussi avec eux pour se préparer dans la solitude à recevoir l'ordre do la prêtrise. Leur exemple y attira encore cinq
1. Antoine Le P.iutre. célèbre architecte, né à Paris en 16U, construisit cette église. Les fondements furent jetés le 2'2 avril 1040: elle fut achevée en 1058, et bénite le 7 juin de la même année. Mademoiselle de Longueville, depuis duchesse de Nemours, en avait posé la première pierre. C'est par erreur que dans quelques dictionnaires historiques on fixe la construction de cette église en IG'2d. Le Pautre n'avait alors que onze ans.
'2. .\ntoine Le Maistre mort en t05S.