Simon Le Maistre de Séricourt, mort en
4. Is.iac-Louis Le Maistre de Sacy, enfermé à la Bastille en 1000, mor le 4 janvier lOSi.
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OU six autres, tant séculiers qu'ecclésiastiques, qui, étant comme eux dégoûtés du monde, se vinrent rendre les compagnons de leur pénitence. Mais ce n'étoit j^oint une pénitence oisive : pendant que les uns prenoient connoissance du temporel de celle abbaye, et travailloient à en rétablir les afl'aires, les autres ne dédaignoient pas de cultiver la terre comme de simples gens de journée; ils réparèrent même une partie des bâtiments qui y tomboient en ruine, et, rehaussant ceux qui étoient trop bas et trop enfoncés, rendirent rha])iiation de ce désert beaucoup plus saine et plus commode qu'elle n'étoit. M. d'Andilly, frère aîné de la mère Angélique, ne tarda guère à y suivre ses neveux, et s'y consacra, comme eux, à des exercices de piété qui ont duré autant que sa vie. Comme les religieuses se trouvoient alors au nombre de plus de cent, la même raison qui les avoit obligées, vingt-cinq ans auparavant, de partager leur communauté, les obligeant encore de se partager, elles obtinrent de M. de Gondy la permission de renvoyer une partie des sœurs dans leur premier monastère, en telle sorte que les deux maisons ne formassent qu'une même abbaye et une même communauté, sous les ordres d'une même abbesse. La mère Angélique, qui l'étoit alors par élection (en l(5/i8), y alla en personne avec un certain nombre de religieuses qu'elle y établit. M. \'ialara, évêque de Châlons, en rebénit l'église, qui avoit été rehaussée de plus de six pieds, et y administi'a le sacrement de confirmation à quantité de gens des environs. Ce fut vers ce tempslà que la duchesse de Luynes', mère de M. le duc de
1. Marie- Louise Séguier, fille de Pierre Séguier, marquis d'O, et première femme de Louis-Cliarics d'.ilbert, duc de Luynes. Elle mourut en Hi51, à l'âge de vingt-sept ans.
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Chevreuse, persuada au duc sou mari de quitter la cour, et de clioisir à la campagne une retraite où ils pussent ne s'occuper tous deux que du soin de leur salut. Ils firent hâtir pour cela un petit château dans le voisinage et sur le fonds même de Port-Royal des champs; ils firent aussi bâtir à leurs dépens un fort beau dortoir pour les religieuses. Mais la duchesse ne vit achever ni l'un ni l'autre de ces édifices, Dieu l'ayant appeh'e à lui dans une fort grande jeunesse.
Les religieuses des champs étoient à peine établies, que la guerre civile s'étant allumée en France, et les soldats des deux partis courant et ravageant la campagne, elles furent obligées (en 1652) de chercher leur siu-eté dans leur maison de Paris. Plusieurs religieuses de divers monastères de la campagne s'y venoient aussi réfugier tous les jours, et y étoient toutes traitées avec le même soin que celles de la maison. Mais la guerre finie (en 16ii3), on retourna dans le monastère des champs, qui n'a plus été abandonné depuis ce temps-là. Plusieurs personnes de qualité s'y venoient retirer de temps en temps pour y chercher Dieu dans le repos de la solitude, et pour participer aux prières de ces saintes filles. De ce nombre étoient le duc et la duchesse de Liancourt, si célèbres par leur vertu et par leur grande charité envers les pauvres : ils contribuèrent même à faire bâtir, dans la cour du dehors, un corps de logis, qui est celui qu'on voit encore vis-à-vis la porte de l'église'. La ))rinci'sse de Guémené, la martpuse de Sablé, et d'autres dames considérables par leur naissance et par leur mérite, firent aussi bâtir dans les dehors de la maison de Paris, résolues d'y passer leur
1. CeUe maison a éii di^'lniitc; en I7U1, avec les autres bâtiments du monastère de I'ort-I\oyal des cliamps. (G.)
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vie dans la relraiie, et attirées par la piété solide qu'elles voyoicnt pratiquer dans ce monastère.
V.n ell'et, il n'y avoit point de maison religieuse qui fût en meilleure odeur qiir l'ori-l'xiyal. Tout ce qu'on en voyoit au dehors inspiroit de la piété : on adiniroit la manière grave et touchante dont les louanges de Dieu y étoient chantées, la simplicité et en môme temps la propreté de leur église, la modestie des domestiques, la solitude des parloirs, le peu d'empressement des religieuses à y soutenir la conversation, leur peu de curiosité pour savoir les choses du monde, et même les alTaires de leurs proches; en un mot, une entière indifférence pour tout ce qui ne regardoit point Dieu. Mais combien les personnes qui connoissoient l'intérieur de ce monastère y trouvoientelles de nouveaux sujets d'édification! Quelle paix! quel silence ! quelle charité ! quel amour pour la pauvreté et pour la mortification! Un travail sans relâche, une prière continuelle, point d'ambition que pour les emplois les plus vils et les plus humiliants, aucune impatience dans les sœurs, nulle bizarrerie dans les mères, l'obéissance toujours prompte et le commandement toujours raisonnable.
Mais rien n'approchoit du parfait désintéressement qui régnoit dans cette maison. Pendant plus de soixante ans qu'on y a reçu des religieuses, on n'y a jamais entendu parler ni de contrat ni de convention tacite pour la dot de celles qu'on recevoit. On y éprouvoit les novices pendant deux ans : si on leur trouvoit une vocation véritable, les parents étoient avertis que leur fille étoit admise à la profession, et l'on convenoit avec eux du jour de la cérémonie. La profession faite, s'ils étoient riches, on recevoit comme une aumône ce qu'ils donnoient, et on
mettoit toujours à part une portion de cette aumône pour en assister de pauvres familles, et sui-tout de pauvres communautés religieuses. 11 y a eu telle de ces communautés à qui on transporta tout à coup une somme de vingt mille francs, qui avoit été léguée à la maison; et, ce qu'il y a de particulier, c'est f[ue, dans le même temps qu'on dressoit chez un notaire l'acte de cette donation, le pourvoyeur de Port-Royal qui ne savoit rien de la chose, vint demander à ce même notaire de l'argent à emprunter pour les nécessités pressantes du monastère.
Jamais les grands biens ni l'extrême pauvreté d'une lille n'ont entré dans les motifs qui la faisoient ou admettre ou refuser. Une dame de grande qualité avoit donné à Port-Royal, comme bienfaitrice, une somme de quatrevingt mille francs : cette somme fut aussitôt employée, partie en charités, partie à acquitter des dettes, et le reste à faire des bâtiments que cette dame elle-même avoit jugés nécessaires. Elle n'avoit eu d'abord d'autre dessein que de vivre le reste de ses jours dans la maison, sans faire de vœux; ensuite elle souhaita d'y être religieuse. On la mit donc au noviciat; et on l'éprouva pendant deux ans avec la même exactitude que les autres novices. Ce temps expiré, elle pressa pour être reçue professe. On prévit tous les inconvénients où on s'exposeroit en la refusant; mais comme on ne lui trouvoit point assez de vocation, elle fut refusée tout d'une voix. Elle sortit du couvent, outrée de dépit, et songea aussitôt à revenir contre la donaiiun qu'elle avoit faite. Les religieuses avoient plus d'un moyen pour s'empêcher, en justice, de lui rien rendre; mais elles ne voulurent point de procès. On vendit des rentes, on s'endetta; en un mot, on trouva
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moyen du rainasscr celte grosse somme, ([iii lut rendue à cette dame par un notaire en présence de M, Le Nain, maître des requêtes, et de M. de Palliiau. roiiseiller an ])arlement, aussi charmés Ions deux du courage et du désintéressement de ces filles que peu édifiés du procédé vindicatif et intéressé de la fausse bienfaitrice.
Un des plus gi-ands soins de la mère Angélique, dans les urgentes nécessités où la maison se trouvoit quelquefois, c'étoit de dérober la connoissance de ces nécessités à certaines personnes qui n'auroient pas mieux demandé (pie de l'assister, (c Mes filles, disoit-elle souvent à ses religieuses, nous avons fait vœu de pauvreté; est-ce être pau\Tes que d'avoir des amis toujours prêts à vous faire part de leurs richesses ? »
11 n'est pas croyable combien de pauvres familles, et à Paris et à la campagne, subsistoient des charités que Tune et l'autre maison leur faisoient : celle des champs a eu longtemps un médecin et un chirurgien, qui n'avoient presque d'autre occupation que de traiter les pauvres malades des environs, et d'aller dans tous les villages leur porter les remèdes et les autres soulagements nécessaires; et depuis que ce monastère s'est vu hors d'état d'entretenir ni médecin ni chirurgien, les religieuses ne laissent pas de fournir les mêmes remèdes. Il y a audedans du couvent une espèce d'infirmerie oîi les pauvres femmes du voisinage sont saignées et traitées par des sœurs dressées à cet emploi, et qui s'en acquittent avec une adresse et une charité incroyables. Au lieu de tous ces ouvrages frivoles, où l'industrie de la plupart des autres religieuses s'occupe pour amuser la curiosité des personnes du siècle, on seroit surpris de voir avec quelle industrie les religieuses de Port-Royal sa\ent rassembler
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jusqu'aux pUis petites rognures d'étolTes pour en revêtir (les enfants et des femmes qui n'ont pas de quoi se couvrir, et en combien de manières leur charité les rend ingénieuses pour assister les pauvres, toutes pauvres qu'elles sont elles-mêmes. Dieu, qui les voit agir dans le secret, sait combien de fois elles ont donné, pour ainsi dire, de leur propre substance, et se sont ùté le pain des mains pour en fournir à ceux qui en manquoient; et il sait aussi les ressources inespérées qu'elles ont plus d'une fois trouvées dans sa miséricorde, et qu'elles ont eu grand soin de tenir secrètes.
Une des choses qui rendoit cette maison plus recommandable, et qui peut-être aussi lui a attiré plus de jalousie, c'est l'excellente éducation qu'on y donnoit à 1 jeunesse. 11 n'y eut jamais d'asile où l'innocence et la pureté fussent plus à couvert de l'air contagieux du siècle, ni d'école où les vérités du christianisme fussent plus solidement enseignées : les leçons de piété qu'on y donnoit aux jeunes filles faisoient d'autant plus d'impression sur leur esprit, qu'elles les voyoient appuyées, non-seulement de l'exemple de leurs maîtresses, mais encore de l'exemple de toute une grande counnunauté, uniquement occupée à louer et à servir Dieu, Jlais on ne se contentoit pas de les élever à la piété, on prenoit aussi un trèsgrand soin de leur former l'esprit et la raison, et on travailloit à les rendre également capables d'être un jour ou de parfaites religieuses, ou d'excellentes mères de famille. On pourroit citer un grand nombre de filles élevées dans ce monaslèro, qui ont deiniis édilié le monde par leur sagesse et par leur vertu. On sail avec que;! sentiment d'admiration et de reconnaissance elles ont toujours parlé de l'éducation qu'elles y avoient reçue : et il y en a en-
oore qui conservent, an milieu du monde et de la cour, pour les restes de 'cette maison allligée, le même amour que les anciens Juifs conservoient, dans leur captivité, pour les ruines de Jérusalem. Cependant, quelque sainte que tût celle maison, une prospérité plus longue y auroit peut-être à la lin inuoduii le relâchement; et Dieu, qui vouloii jiiin-sculiMneiit l'aU'ermir dans le bien, mais la porter encore à un plus haut degré de sainteté, a permis qu'elle fût exercée par les plus grandes tribulations qui aient jamais exercé aucune maison religieuse. En voici rorigiuc.
Tout le monde sait cette espèce de guerre qu'il y a toujours eue entre l'université de Paris et les jésuites. Dès la naissance de leur compagnie, la Sorbonne condamna leur institut par une censure oii elle déclaroit, entre autres choses, que cette société éloil bien plus née pour la destruction que pour l'édification. L'université s'opposa de tout son pouvoir à son établissement en France, et, n'ayant pu l'empêcher, elle tint toujours ferme à ne pas souffrir (|u'ils fussent ailmis dans sou corps. Il y eut même diverses occasions, dont on ne veut point rappeler ici la mémoire, où elle demanda avec instance au parlement qu'ils fussent chassés du royaume; et ce fut dans une de ces occasions qu'elle prit pour son avocat Antoine Arnauld, père de la mère Angélique, l'un des plus éloquents honnnes de son siècle. 11 étoit d'une famille d'Auvergne, très-distinguée par le zèle ardent qu'elle avoit toujours montré pour la royauté pendant toutes les fureurs de la Ligue. Antoine Arnauld passoit aussi pour un des plus zélés royalistes qu'il y eût dans le parlement; et ce fut principalement pour cette raison que l'université remit sa cause entre ses mains. 11 plaida cette VI. 3
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cause' avec une véhémence et un éclat que les jésuites ne lui ont jamais pardonnes. Quoiqu'il eût toujours été trèsbon catholique, né de parents très-catholiques, leurs écrivains n'ont pas laissé de le traiter de huguenot descendu de huguenots.
Mais cette querelle ne fut que le prélude des grands démêlés que le célèbre Antoine Arnauld, son fds, docteur de Sorbonnc, a eus depuis avec cette puissante Compagnie. K'étant encore que bachelier, il témoignoit un fort grand zèle contre les nouveautés que leurs auteurs avoient introduites dans la doctrine de la grâce et de la morale. Mais la querelle ne commença proprement (ju'au sujet du livre de la Frcqncnlc Communion, que ce docteur avoit composé en 1(3/13.
Le but de ce livre étoit d'établir, par la tradition et par l'autorité des Pères et des conciles, les dispositions que l'on doit apporter en apijrochant du sacrement de l'eucharistie, et de combattre les absolutions précipitées, qu'on ne donne que trop souvent à des pécheurs envieillis dans le crime, sans les obliger à quitter leurs mauvaises habitudes, et sans les éprouver par une sérieuse pénitence. M. Arnauld n'étoit point l'agresseur dans cette dispute, et il ne faisoit que répondre à un écrit qu'on avoit fait pour décrier la conduite de quelques ecclésiastiques de ses amis, attachés aux véritables maximes de l'Ëglise sur la pénitence.
Quoique les jésuites ne fussent point nommés dans ce livre, non pas même le jésuite- dont l'écrit y étoit
1. Les 12 et 13 juillet l.VJl. Co plaidoyer a ctc iniprinu; plusieurs fois. La dernière édition est de 1717. Le même ArnauM a\oit publié, en IGO'2, Le franc et véritable Discours au Roi, sur le rélablisseiiicnt qui lui est demande' pour les jésuites.
2. C'était le père de Sesmaisons. Il lui était tombé dans les mains une
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réfuté, on n'ose presque dire avec quel emportement ils s'élevèrent et contre l'ouvrage et contre l'auteur. Ils n'eurent aucun égard au jugement de seize, tant archevêques qu'évèques, et de vingt-quatre des plus célèbres (loctmirs de la Faculté, dont les approbations étoient imprimées à la tète du livre : ils engagèrent leurs plus fameux écrivains à prendre la plume pour le réfuter, et ordonnèrent à leurs prédicateurs de le décrier dans tous leurs sermons. Les uns et les autres parloient du livre comme d'un ouvrage abominable, qui tendoit à renverser la Pénitence et l'Eucharistie; et de l'auteur comme d'un monstre qu'on ne pouvoit trop tôt étouffer, et dont ils demandoient le sang aux grands de la terre. Il y eut un ' de ces prédicateurs qui, en pleine chaire, osa même prendre à partie les prélats approbateurs : il s'emporta contre eux à de tels excès, qu'il fut condamné par une assemblée d'évèques à leur en faire satisfaction à genoux; et il fallut qu'il subit cette pénitence.
Les jésuites n'eurent pas sujet d'être plus contents de la démarche où ils avoient engagé la reine mère, en obtenant de cette princesse un commandement à M. Arnauld d'aller à Rome pour y rendre compte de sa doctrine. Un pareil ordre souleva contre eux tous les corps, pour ainsi dire, du royaume. Le clergé, le parlement, l'université, la faculté de théologie, et la Sorbonne en particulier, allèrent les uns après l(ss autres trouver la reine, pour lui faire là-dessus leurs très-humbles remontrances, et pour la supplier de révoquer ce commandement, non moins
instruction dressée par l'abljé de Saint-Cyran, pour sa péuitente madame de Gui-menc. Le jésuite publia une réfutation de la doctrine conienue on cette instruction, et attaqua \ivement le directeur. Cette agression donna lieu au livre de la Fréquenle Comniunion, qui parut en août 1043. 1. Le père Nouot.
préjudiciable aux inti'réts du roi qu'injurieux à la Sorbonne et à toute la nation.
Mais ce fut surtout à Rome où ces pères se signalèrent contre le livre de la Fréquente Communion, et remuèrent toutes sortes de machines pour l'y faire condamner : ils y firent grand bruit d'un endroit de la préface qui n'avoit aucun rapport avec le reste du livre, et où, en parlant de saint Pierre et de saint Paul, il est dit que ce sont deux chefs de l'Église qui n'en font qu'un. Ils songèrent à profiter de l'alarme où l'on étoit encore en ce pays-là des prétendus desseins du cardinal de Richelieu, qu'on avoit accusé de vouloir établir un patriarche en France : ils faisoient donc entendre que, par cette proposition, M. .rVi-nauld vouloit attaquer la primauté du saint-siége, et admettre dans l'Eglise deux papes avec une autorité légale. Mais, malgré tous leurs efforts, la proposition ne fut point censurée elle-même, ni telle qu'elle est dans la préface de M. Arnauld : l'inquisition censura seulement la proposition générale qui égaleroit de telle sorte ces deux apôtres, qu'il n'y eût aucune subordination de saint Paul à l'égard de saint Pierre dans le gouvernement de l'Kglise universelle'. Pour ce qui est du livre, il sortit de l'examen sans la moindre flétrissure, et tout le crédit des jésuites ne put même le faire mettre à l'index. Un grand nombre d'évèques en France confirma, par des approbations publiques, le jugement qu'en avoient porté leurs
\. Voici les ternies du décret, qui est du T^ janvior Ifin : « Propositionem liane... ita cxplicatam ut ponat omnimodani a^qualitatem inter S. Potrum et S. Pauluin, sine subordiiiaiione et suljjoctioiie S. Pauli ad S. Petrum in potfstate suprcma et rcginiine universalis Ecclcsiœ, liœrcticam ccnsuit et declaravit. »
Voyez l'avei-iissemont qui est en tête de la Relation de M. Bounjeois, pages viii, IX et suivantes. [\ote de fèUttion de 1707.)
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conlrères; il lui reçu avec les mêmes éloges dans les royaumes les plus éloignés; on voit aussi par des lettres du pape Alexandre VII, combien il en approuvoit la doctrine; et on peut dire, en un mot, qu'elle fut dès lors regardée, et qu'elle est encore aujourd'hui connue la doctrine de l'L'glise même.
Les religieuses de Port-Royal n'avoicnt eu aucune part à toutes ces contestations. Quand même le livre de la Frcqucnle Comvmnion auroit été aussi plein de blasphèmes contre l'eucharistie que les jésuites le publioient, elles n'en étoient pas moins prosternées jour et nuit devant le saint sacrement. Mais M. Arnauld étoit frère de la mère Angélique; il avoit sa mère, six de ses sœurs et six de ses nièces, religieuses à Port-Royal; lui-même, lorsqu'il fut fait prêtre, avoit donné tout son bien à ce monastère, ayant jugé qu'il devoit entrer pauvre dans l'état ecclésiastique; il avoit aussi choisi sa retraite dans la solitude de Port-Royal des champs, avec M. d'Andilly, son frère aîné, et avec ses deux neveux, M. Le Maistre et M. de Sacy. C'est de là que sortoient tous ces excellents ouvrages, si édifiants pour l'Eglise, et qui faisoient tant de peine aux jésuites. C'en fut assez pour rendre cette maison horrible à leurs yeux : ils s'accoutumèrent à confondre dans leurs idées les noms d'Arnauld et de Port-Ro\al, et conçurent pour toutes les religieuses de ce monastère la même haine qu'ils avoient pour la personne de ce docteur.
Ceux qui ne savent pas toute la suite de cette querelle sont peut-être en peine de ce qu'on pouvoit objecter à ces filles dans ces commencements : car il ne s'agissoit point alors de fornmlaire ni de signature; et la fameuse distinction du fait et du droit n'avoit point encore donné
de prétexte aux jésuites, pour les traiter de rebelles à l'Église. Cela n'embarrassa point le père Brisacier', l'un de leurs plus emportés écrivains; c'est lui qu'ils avoient choisi pour aller solliciter à Rome la censure du livre de la Fréquente Coitnnnnion. Le mauvais succès de son voyage excitant vraisemblablement sa mauvaise humeur, il en vint jusqu'à cet excès d'impudence et de folie, que d'accuser ces religieuses, dans un li\re public, de ne point croire au saint sacrement ; de ne jamais communier, non pas même à l'article de la mort ; de n'avoir ni eau bénite ni image dans leur église; de ne prier ni la Vierge ni les saints; de ne point dire leur chapelet; les appelant asacramcntaires , des vierges folles, et, passant même jusqu'à cet excès, de vouloir insinuer des choses trèsinjurieuses à la pureté de ces filles.
11 ne falloit, pour connoître d'abord la fausseté de toutes ces exécrables calomnies, qu'entrer seulement dans l'église de Port-Royal. Elle portoit, comme j'ai dit, par excellence, le nom d'église du Saiul-Sacrement. Le inonasti'rc, les religieuses, tout étoit consacré à l'adoration perpétuelle du sacré mystère de l'eucharistie; on n'y pouvoit entendre de messe conventuelle qu'on n'y vît connnunier un fort grand nombre de religieuses : on y trouvoil de l'eau bénite à toutes les portes; elles ne peuvent chanter leur office sans invoquer la Vierge et les saints ; elles font tous les samedis une procession en l'honneur de la Vierge, et ont pour elle une dévotion toulc pailiculièrc, dignes filles en cela de leur père saint Ik'ruard: elles portent toutes un chapelet, et le récitent
1. Juan de lirisacier, mort ;\ Blois en ICUS. Il esl auteur du Jansénisme confondu, et d'un Sermon prêché d Blois contre les religieuses de l'ort- Boyat.
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très-souvent; cl, ce ([ni siirprrailra li's piincniis de ces religieuses, c'est que M. Aniauicl lui-niême, qu'ils accusoient (le leur en avoir inspiré le mépris, a toujours eu un cliapeli'l sur lui, et (ju"il n'a guère passé de jour en sa \\e sans le réciter.
Le livre du père Brisacier excita une grande indignation dans le public. M. deGoudy, archevêque de Paris, lança aussitôt contre ce livre une censure foudroyante', qu'il fit publier au prône dans toutes les paroisses. Il y pri'iuiit hanleini>nt la défense des religieuses de Port- Royal, et rendait un témoignage authentique et de l'intégrité de leur foi et de la pureté de leurs mœurs. Tous les gens de bien s'atlendoieut que le père Brisacier seroit dt'savoué par sa compagnie, et que, pour ne pas adopter par son silence de si horribles calomnies, elle lui en feroit faire une rétractation publique, puis l'enverroit dans quelque maison éloignée pour y foire pénitence. Mais, bien loin de prendre ce parti, le père Paulin, alors confesseur du roi, à qui on parla de ce livre, dit qu'il l'avoit lu, et qu'il le trouvoit un livre très-modéré. On voit, dans le catalogue qu'ils ont fait imprimer des ouvrages de leurs écrivains, ce même livre du père Brisacier cité avec éloge. Pour lui, il fut fait alors recteur de leur collège de Rouen, et, à quelque temps de là, supérieur de leur maison professe de Paris. Ainsi, sans avoir fait aucune ré'paralion de lanl d'impostures si atroces, il continua le reste de sa vie à, dire ponctuellement la messe tous les jours, confessant et donnant des absolutions, et ayant sous sa direction les directeurs mêmes de la plus grande partie des consciences de Paris et de la cour. On