‹ Œuvres complètes de Racine (volume 2)Chapitre 41 sur 154 · En marge : te M. de Viileroy · texte numérisé non relu

En marge : te M. de Viileroy

Celui qui a les finances peut toujours tromper quand il veut. On a beau tenir des registres.

Extrait du XVI' voliuiic )>iiiitusci-it de Siri. — 11 traite de l'autorité du Parlement: il dil que les décrets, les actes et les délibérations des états généraux même, quoiqu'ils aient le pouvoir d'élire un roi , au cas que la race royale finît, n'ont aucune force, s'ils ne sont vérifiés au Parlement, lequel les modère, les corrige et les réforme, et même les annule pendant la tenue des états, comme il annula les délibérations des états tenus pendant la Ligue pour élire un roi, ce qui contribua le plus à conserver à Henri IV et aux Bourbons la succession à la couronne.

Il prétend que les deux premières races ont disposé de l'État comme de leur patrimoine, l'aliénant et le partageant entre leurs enfants , et admettant leurs bâtards à portion égale avec les fils légitimes, en telle sorte que dans leurs apanages ils étoient souverains et indépendants comme les autres. Ainsi Théodoric, bâtard de Clovis, partagea également avec ses autres enfants, et eut la Lorraine. Un autre Théodoric, fils puîné de Glotaire, l'ut préféré aux aînés. Pépin égala son fils bâtard, Charles Martel , avec ses autres enfants. 11 ajoute que les Mérovingiens ont été aussi cruels à leurs parents que le sont les Otliomans. Les impositions sur le peuple ont été excessives et entièrement arbitraires pendant ces deu\ races. iSota. Les Capétiens, corne usurpatori dello scettro rcalc ronlru Carlo, y procédèrent avec plus de précaution, jusqu'à Philippe le Bel, qui foula beaucoup le peu-

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ple, imité en cela par IMiiliiJpc le Long et par Charles le Bel. Et c'est à quoi on a imputé la ruine de leur maison.

Les dignités de ducs, de comtes et de barons étoient à vie et amovibles sous les Mérovingiens. Mais pendant les révoltes qui s'élevèrent sous le règne de Clotaire 111% les ducs, comtes et barons, dans l'Aquitaine, le l'érigord et l'Auvergne , changèrent leurs gouvernements en seigneuries. Et de là vinrent les fiefs , les droits de vasscl- Itiggio et les justices subalternes, sans que les Pépins et les Carlovingiens, qui se regardoieiit comme usurpateurs, osassent s'y opposer. Au contraire, pour se taire des créatures, ils exemptèrent plusieurs familles rWr online popidare. Philippe-Auguste sut peu à peu s'assujettir les États et les terres dont les grands seigneurs jouissoient rome in sorranita.

Les maires du palais font bien voir que les François sont toujours prêts à subir le joug de quiconque ose leur commander , pourvu qu'il ait en sa main la disposition des grâces.

II remarque que les François, si hardis et si prêts à exposer leur vie dans les batailles, tremblent à l'aspect d'un homme de justice; et que les rois n'ont jamais mieux fait que d'établir ainsi entre eux et les grands un juge qui, sans qu'ils s'en mêlassent, put châtier les grands et protéger les petits.

Ce fut le Coadjuteur qui porta le prince de Conti, le duc et la duchesse de Longueville à se mettre du parti du Parlement : celle-ci irritée contre Monsieur le Prince , qui désappronvoit hautement sa conduite: le prince de Conti dépendant absolument de M"" de Longueville; et le Duc possédé de l'envie d'avoir le Pont-de-l'Arche, qu'il

espcToit obtenir par le moyen du Parlement. Cette résolution fut prise à Noisy, maison de l'archevêque de Paris, où se trouva le duc de Longueville avec le Coadjuteur et le duc de Retz.

Le Cardinal fit tout son possible pour engager le duc de Bouillon dans les intérêts de la cour, et lui promit les récompenses du monde les plus avantageuses en échange de Sedan ; mais ce duc étoit gouverné absolument par la duchesse sa femme, qui étoit gagnée par M""^ de Longueville. La duchesse de Bouillon étoit aussi zélée catholique que M"' de Bouillon, sa belle-sœur, étoit zélée huguenote. Celle-ci, extrêmement iière , ne pouvoit digérer de voir sa maison dépouillée de la principauté de Sedan , et vouloit toujoiu's marcher d'égale avec les maisons souveraines. Aussi fut-elle une des principales causes de tous les partis que le duc de Bouillon et Turennc , son frère, prirent contre la cour.

La rerila si era ancora que les deux frères, Bouillon et Turenne, tous deux grands maîtres en fait de guerre , et le premier principalement joignant aux qualités militaires celles de fin courtisan et de très-habile politique, avoient hérité la iorhidezza clcW aniino du père, chef de la l'action huguenote, pieno di rigiri e d'intrighi et in unie le faltioni e partiti drllii Franria b capo b diretlore, coiiie iinro preripuo summovitore drll' elcUorc Piilii/iiio, k recevoir des rebelles de Bohème la couronne qui a été si funeste à lui et à toute sa maison : de sorte qu'ayant sucé tous deux avec le lait un esprit de faction et d'ambition, il ne falloit pas grand art ni grande rhétorique pour les engager dans un parti d'où ils attendoient des avantages, comme la i-isrossa di Sedano, et beaucoup d'autres qu'ils espéroient pêcher en eau trouble.

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Le Cardinal avoit fait prcssciiiir si Tiirenne voudroit se faire catholique, auquel cas il lui deslinoit les plus grands emplois et les premières dignités du royaume, avec une de ses nièces. Mais M"'' de Bouillon , que la conversion de son frère aîné avoit mortellement affligée, (it son possible pour traverser celte seconde conversion ; et elle aui'oil mieux aimé \oir 'fiirenuc sur un échafaud que devenu catholique.

Elirait du... volume de Siri. — II traite fort au lonjr l'origine de la paulette et tous les mouvements qu'elle a excités pendant la régence de Marie de Médicis par la peur (jue les parlements et les autres corps avoient qu'elle ne fût supprimée.

Il traite aussi de l'origine des parlements et de leur autorité.

Émeri Particelli éioit de Lucques et avoit une grande habileté pour les finances. Le cardinal Mazarin ne devoit jamais l'abandonner.

Cha\igny avoit ('ti' l'ami intime du cardinal Mazarin,' qui lui l'aisuit 1 assement sa cour sous le ministère du cardinal de Richelieu. Puis il vit (jue Chavigny vouloit partager la faveur avec lui, et il le trompa, lui faisant pourtant de grandes caresses. Chavigny fut averti par Seneterre que Mazarin le jouoit, et pour se venger chercha à précipiter dans des conseils violents qui fissent enfin chasser le Cardinal. Il conseilla l'emprisonnement de Broussel , et en même temps il assisloit à des conférences secrètes avec les frondeurs chez Pierre Longuëi.

La raison pourquoi le Cardinal différoit tant à accorder les grâces qu'il avoit promises, c'est qu'il étoit persuadé que l'espérance est bien plus capable de retenir les boninies dans le devoir que non pas la reconnoissance.

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