VIII INTRODUCTION
la seconde. 11 ne reste d'incertitude que sur les dernières pages de la seconde partie qui ne se trouvent pas dans le manuscrit, et qui sont données par Téditioii de 1767; ces pages semblent empruntées à VAbrcrjé de l'Hisioire ecclésiastique de l'abbé Racine, qui les aurait lui-même tirées du Catéchisme historique et dofjmatique sur les eontestalions qui divisent maintenant l'Église (1729). On peut noter que c'est dans ces dernières pages qu'on trouve les Imaçjinaires de Nicole citées au nombre des ouvrages solides el convaincants, ce qui avait fourni une objection assez peu sérieuse à Luneau de Boisgermain.
Une autre objection fondée sur ce qu'il est parlé au commencement de la seconde partie (voy. p. 97) de la destruction de Port-Royal qui n'eut lieu qu'en 1709, disparaît puisque nous avons ces lignes écrites de la main même de Racine. Il est évident que le mot détraire ne doit pas s'entendre de la destruction totale accomplie en 1709, mais de la destruction déjà avancée, de la ruine partielle dont Racine put être le témoin.
A quel moment fut composé V Abrégé de l'Histoire de Port- Royal? 11 est didicile de l'élablir avec précision. On peut dire seulement que Racine y travailla dans les dernières années de sa vie. On remarque à un endroit (page hh) qu'il parle de M. Le Nain de Tillemont comme si ce savant écrivain avait cessé de vivre; or l'auteur des Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des premiers siècles (16 vol. in- h") mourut au commencement de 1698. .\illeurs (p. 53) il semble faire allusion à une Histoire de Jansénius et de Saint- Cijran par demandes et par réponses, parue en 1692, « qui se débitoit, ajoute-t-il, il y a près d'un an ». Ce qui pourrait faire supposer qu'il écrivait ceci en 1693, avant la nomination de M. de Noailles à l'archevêché de Paris (1695). Il avait pu esquisser en d'autres temps quelques parties de cet ouvrage, mais il ne le rédigea sans doute définitivement que vers la fin de son existence. 11 l'a laissé du reste inachevé;
INTRODUCTION'. ix
il avait l'inliMitiiin dt^ poursuivre i>lus loin siiii rucit, comme l'iiulique iino phrase que nous relevons (page 152, note 2). A en croire Louis Racine, dans les Mémoires sur la vie de son pore, on prétendait même qu'il Tavait conduit jusqu'à la Paix de l'Kglisc en 1668. S'il en était ainsi, le fragment comprenant les années 1685 à 1668 devrait, selon toute apparence, être considéré comme irréparablement perdu.
Nous n'avons pas hésité à reproduire le Supplément à l' Histoire (le Port-Roijal qui complète le récit de Racine, et qui sert de cadre presque nécessaire au Mémoire qu'il rédigea pour les religieuses de Port-Royal-des-Champs et remit au cardinal de Noailles, archevêque de Paris, en 1697.
^ous donnons également les Fragments sur Port-Royal qui paraissent être le résultat d'entretiens particuliers avec Nicole. Mais nous croyons sans intérêt de recueillir les notes diverses prises par Racine pour la composition de son Abrégé et la plupart employées par lui. Ce serait, à notre sens, aussi inutile que de ramasser les éclats de marbre que le sculpteur, taillant une statue, fait voler avec son ciseau.
A la suite d(^s Mimoircs sur la vie de Jean Racine p^Wiés à Lausanne en 1747 par Louis Racine, après le discours prononcé par Racine à la réception de l'abbé Colbert à l'Académie, après le plan du premier acte A' Iphiginie en Tauride, et un extrait du traité de Lucien : Comment il faut écrire Chistoire, on trouve, de la page 21 à la page 59, des Fragments liistoriques précédés de cet avertissement (c'est Louis Racine qui parle) :
« Je ne donne qu'une petite partie de ces fragments, dont je ne relève le prix ni pour le fond, ni pour la forme. Quant