PRECIS HISTORIQUE DES CAMPAGNES DE LOUIS XIV
Ce morceau a paru pour la première fois en 1730, mais SOUS un autre nom que celui de Racine. Voici le titre de cette première édition : <c Campagne de Louis XIV, par M. Pellisson, avec la comparaison de François 1"' avec Charles-Quint, par M***, chez Mesnier, 1730 », 1 vol. in-12.
En 1749, Fabbé Le Mascrier lui donna place dans r//is(Oire de Louis XIY depuis la mort de Mazarin en 1661, jusqu'à la paix de Mtncçjue en 1618, par M. Pellisson, de l'Académie française, chez RoUin fils, 17i|9, 3 vol. in-12. 11 en fit le Livre dixième contenant la guerre de Hollande. 11 en retrancha la dernière page, qui aurait appris au lecteur que ce morceau avait été composé dans des circonstances particulières ; mais, malgré cela, ce dixième livre ne s'ajustait pas bien aux précédents. Le neuvième livre n"a pas même été terminé par Pellisson. Une partie des événements de l'année 1670, tous ceux de l'année suivante, et notamment les traités qui furent alors conclus ne s'y trouvenl point racontés, en sorte qu'il existe un vide considérable entre le neuvième livre Cl celui ([u'on donne comme en étant la suite.
Enfin une nouvelle impression eut lieu en 1784 sous ce titre : « Éloge historique du roi Louis XIV sur ses conquêtes depuis i672 jusqu'en 1678, par MM. Racine et Boileau dr l'Académie françoise et: historiographes rfe fj"a?ice, Amsterdam,
INTRODUCTION. xvii
cl se trouve à Paris, chez Bleuet, 178i, 1 vol. in-S" ; avec ce sous-titre : « Précis historique des campagnes de Louis XIV, depuis 1072 jusqu'en 1078. » Le nouvel éditeur, qu'on croit être Fréron fils, ignorait que le morceau eût été déjà deux fois publié, il le présentait comme une pièce inconnue trouvée parmi les papiers de l'abbé Vatry, à qui il avait été confié par Valincourt. C'est ainsi que le Précis aurait échappé à l'incendie de Saint-Cloud. Valincourt l'avait communiqué à cet abbé qui travaillait alors au Journal des Savants.
Celte nouvelle attribution parut avoir une grande vraisemblance. On ne pouvait méconnaître que le style du Précis historique n'a aucun des caractères du style ordinaire de Pellisson. Puis la dernière page ici restituée rappelle les circonstances dans lesquelles ce petit ouvrage avait vu le jour; elle se termine par ces mots : « Quelques personnes zélées plus particulièrement pour sa gloire (pour la gloire du roi) ont voulu avoir dans leur cabinet un abrégé en tableaux des plus grandes actions de ce prince ; c'est ce qui a donné occasion à ce petit ouvrage qui renferme tant de merveilles en très-peu d'espace, pour leur mettre à tout moment devant les yeux ce qui fait la plus chère occupation de leurs pensées. »
Ces mots reportent naturellement l'esprit à ce qu'on sait d'une publication dont le projet avait été conçu peu après la paix de Nimègue. Ce projet fut mis à exécution dans les années qui suivirent. Voici en effet ce qu'on lit dans le Journal de Dangcau : « Dimanche 31 décembre 168/|... M"" de Montespan fit présent au roi, le soir après souper, d'un livre relié d'or et plein de tableaux de mignature qui sont toutes les villes de Hollande que le roi prit en 1672. Ce livre lui coûte quatre mille pistoles, à ce qu'elle nous dit. Racine et Despréaux en ont fait tous les discours et y ont joint un éloge historique de S. M. Ce sont les étrennes que M""* de Montespan donne au roi. On ne sauroit rien voir de plus riche, de mieux travaillé et de plus agréable. »
11 y a tout lieu de croire que cet éloge historique que Ravi, b
xviii INTRODUCTION.
cine et Despréaux avaient écrit à la prière de M"' de Montespan n'est autre que le Précis qui a pris place parmi les œuvres de Racine. II resterait toujours à déterminer la part qu'eurent à ce travail les deux célèbres écrivains; mais il est assez vraisemblable que Racine, dont la plume était plus facile, y eut la part principale.