RELATION DE CE QUI S EST PASSE AU SIÈGE DE NAMUR
Cette relation a été imprimée à Paris par Denys Thierry, en 1692, sans nom d'auteur, avec une carte et deux plans; elle forme un volume de /li pages, petit in-fol. ou grand in-V. C'est évidemment une publication oflicielle, comme nous dirions aujourd'hui. La carte et les plans ont été gravés par ordre du roi, et le chiffre et les armes royales sont sur les vignettes placées au frontispice et à la première page de ce volume.
Louis Racine Fa reproduite dans l'appendice aux mémoires sur la vie de son père, 17^7, pages 91-141, en la faisant précéder de la note suivante :
« La relation suivante imprimée in-folio par ordre du roi, chez Thierry', en 1692, est attribuée à feu M. Racine par quelques personnes qui prétendent que le public, trompé par un style qu'il n'attendoit pas d'une plume poétique, n'en soupçonna pas l'auteur, et parut même goûter davantage l'histoire du même événement faite dans un style très-différent par M. de Visé. Quoi qu'il en soit, on a cru devoir imprimer ici cette relation, parce qu'elle est devenue fort rare, et qu'elle a rapport à plusieurs choses qui se trouvent dans les lettres écrites du camp devant Namur par M. Racine à Boi- Icau. »
INTRODUCTION, xix
M. le g;i''nt''ral de Gi-iiiioard, vd\lrur des Œuvres de Louis XIV (1806), a seul proU'Sié contre raitribution à Racine dece morceau qu'il donne comme lœuvrc personnelle du roi. Mais il est bien obligé de convenir (ju un écrivain de profession corrigea Tœuvrc royale, et comme cet écrivain est probablement Racine, et ciue, lorsqu'il s'agit de corriger un écrit de cette sorte, la différence entre corriger et rédiger n'est pas grande, il n'y a pas d'intérêt à discuter l'assorlion du général de Grimoard.
La relation de Donneau de Visé, dont parle Lo\iis Racine, sert de supplément au Mercure galant de juin 1692.
ÉPITRE DÉDIC.ATOIltE .\ MADWIE DE MONTESPAN.
Placée en tête des Œavres dircrscs d'un auteur de sept ans (le duc du Maine), recueil préparé par M'"^ de Maintenon et offert à M"" de Montespan le 1" janvier 1679, cette épUre est d'ancienne date attribuée à Racine. L'écrivain (Bayle sans doute), qui, à la date de février 1685, rendait compte, dans les Nouvelles de la République des lettres, des Œuvres diverses d'un auteur de sept ans, disait : « [Ce livre] est dédié à .M™* de Montespan, et, selon toutes les apparences, c'est M"^ de Maintcnon qui a fait l'épîtro dédicatoire. Elle est tournée de la manière du monde la plus délicate. 11 semble qu'on n'y touche pas ou qu'on ne veuille qu'effleurer; cependant on loue jusqu'au vif et on va loin en peu de paroles. » Mais dans une autre édition du même volume publiée l'année suivante, cette note fut ajoutée au-dessous du passage qu'on vient de transcrire : « On a su depuis qu'elle (l'épître) a été composée par .M. Racine, mais c'est pour M°" de Maintenon.» Au wuf siècle, Cizeron-Rival, dans ses Récréations littéraires, donne la même épître comme étant de Racine. Mais le témoi-