‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 105 sur 249 · LI · texte numérisé non relu

LI

BOILEAL' A RACINE.

A Auteiiil, mercredi [10 octobre 1697].^

Je crois que vous serez bien aise d'être instruit de ce qui s'est passé dans la visite que nous avons, ce matin, suivant votre conseil, rendue, mon frère et moi , au R. P. de La Chaise. Nous sommes arrivés chez lui sur les neuf heures du matin; et sitôt qu'on lui a dit notre nom, il nous a fait entrer. 11 nous a reçus avec beaucoup de bonté, m'a fort obligeamment interrogé sur mes maladies, et a paru fort content de ce que je lui ai dit que mon incommodité ' n'augmentoit point. Ensuite il a fait apporter des chaises, s'est mis tout proche de moi afin que je le pusse mieux entendre, et aussitôt, eutranteu matière, ma dit que vous lui aviez lu un ouvrage de ma façon, où il y avoit beaucoup de bonnes choses, mais que la matière que j'y traitois étoit une matière fort délicate et qui demandoit beaucoup de savoir pour eu parler; qu'il avoit autrefois enseigné la théologie, et qu'ainsi il devoit être instruit de cette matière à fond ; qu'il falloit faire une grande différence de l'amour a/fectif (ïa.\ccVa.moar effeclif; '' que ce dernier étoit absolument nécessaire, et cntroit dans l'attrition; au lieu que l'amour affectif venoit de la contrition parfaite; que celui-ci justifioit par lui-même le pécheur, au lieu que l'amour effectif n'avoit d'effet qu'avec l'absolution du prêtre.

I. Publiée d'abord en 1712, et ensuite dans lY'ditioii de 1713, avec des changements faits probablement par Boileau lui-même. (B.-S.-P.) L'autographe est à la Bibliothèque nationale.

•2. Nous montrerons plus loin que telle est probablement la date de cette lettre. (B.-S.-P.)

Page 1