‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 124 sur 249 · I. Stienhuyso · texte numérisé non relu

I. Stienhuyso

bien n'arriver pas sitôt, à cause de la foule de gens qui portent tous les jours des sommes immenses au trésor royal, où il y a, à ce qu'on dit, près de soixante millions. Je ne vous parle que sur le bruit public, car je n'en ai par moi-même aucune connoissance. Je porterai demain matin les dix mille francs qui me restent à payer de ma taxe, et ces dix mille francs me sont prêtés par M. Galloys. ' Nous avons remboursé M"" Quinault ; - ainsi je suis quitte de ce côté-là ; mais vous jugez bien que cela nous resserre beaucoup dans nos affaires, et qu'il faut que nous vivions un peu d'économie pour quelque temps. J'espère que vous nous aiderez un peu en cela, et que vous ne songerez pas à nous faire des dépenses inutiles, tandis que nous nous retranchons souvent le nécessaire.

Vous êtes extrêmement obligé à M. de Bonac de tout le bien qu'il mande ici devons; et tout ce que j'ai à souhaiter, c'est que vous souteniez la bonne opinion qu'il a conçue de vous. Vous me ferez un extrême plaisir de lui demander pour moi quelque place dans son amitié, et de lui bien témoigner combien je suis sensible à toutes ses bontés. Je crois qu'il n'est pas besoin de vous exhorter à n'en point abuser: je vous ai toujours vu une grande appréhension d'être à charge à personne, et c'est une des choses qui me plaisoient le plus en vous.

J'ai trouvé, à Versailles, un tiroir tout plein de livres, dont une partie étoit à moi. et l'autre vous appartient; je vous les souhaiterois tous à la Haye, à la réserve de deux

1. C'était le fils de Philippe Galloys, notaire. Ce notaire, mort en 1088, s'était fait beaucoup d'honneur par le courage qu'il eut de recevoir la protestation d'Anioine Arnaud contre la Sorhonne, lors de la censure de 1056, et par la fermeté avec laquelle il répondit :\ l'injuste réprimande du chancelier Séguier à cette occasion.

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