Veuve du poëte Quinault
COliRESPONDANCE. 185
OU trois, qui en vorilt- ne valeiil pas la reliure ijuc vous leur avez donnée. Votre mère a reçu une grande lettre de votre sœur aînée, qui étoit fort en peine de vous, et qui nous prie inslaninient de la laisser où elle est. ' Cependant il n'y a guère d'apparence de l'y laisser plus longtemps : la pauvre enfant me l'ait beaucoup de compassion par le grand attachement qu'elle a conçu pour une maison dont les portes, vraisemblablement, ne s'ouvriront pas sitôt. Votre sœur Nanette est tombée ces jours passés, et s'étoit fait grand mal à un genou; mais elle se porte bien, Dieu merci.
Il me paroît, par votre dernière lettre, que vous aviez beaucoup il" occupation, et (\ue vous étiez fort aise d'en avoir. C'est la meilleure nouvelle que vous me puissiez mander; et je serai à la joie de mon cœur quand je verrai que vous prenez plaisir à vous instruire et à vous rendre capable de profiter des bontés que l'on pourra avoir poui' vous. Adieu, mon cher fils; écrivez-moi toutes les fois que cela ne vous détournera point de quelque meilleure occupation. Votre mère seroit curieuse de savoir ce qui vous est resté de tout ce qu'elle vous avoit donné pour votre voyage. Elle est en peine aussi de savoir si vous avez pris le deuil. J'ai payé aujourd'hui à M. Pierret deux tours de plume qu'il vous a achetés. Mandez -nous si vous êtes content de Henry, et s'il se gouverne bien en ce pays-là. M. Despréaux me demande toujours de vos nouvelles, et témoigne beaucoup d'amitié pour vous.
Snscripiion : A iMonsieur Monsieur Racine , gentilhomme ordinaire du roi, chez monsieur l'ambassadeur de France, à la Haye.