‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 139 sur 249 · I. PoiTuquier alors fort en vogue · texte numérisé non relu

I. PoiTuquier alors fort en vogue

me fais d'avoir ])ientùt riioiineur de le voir. Ma joie sera complète, puisqu'il a la bonté de vous amener avec lui. Dites-lui qu'il me feroit le plus sensible plaisir du monde si, dans le peu de séjour qu'il fera à Paris, il vouloit loger chez nous. Nous trouverons moyen de le mettre fort tranquillement et fort connnodément, et du moins je ne perdrai pas un seul des moments que je pourrai le voir et l'entretenir. Vous ne trouverez pas encore ma santé parfaitement rétablie, à cause d'une dureté qui m'est restée au côté droit; mais les médecins m'assurent que je ne dois point m'en inquiéter, et qu'en observant une diète fort exacte, cela se dissipera peu à peu. Comme je ne suis guère en état de faire de longs voyages à la cour, vous jugez bien que vous viendrez fort à propos pour me tenir compagnie. Je ne vous empêcherai pourtant pas d'aller faire votre cour, et voir vos amis.

Je vous adresse une lettre de i\I. Hessein pour M'"' Meissois; il vous sera fort obligé si vous la lui faites tenir bien sûrement.

Je n'avois pas besoin de l'exemple de madame la comtesse d'Auvergne pour me modérer sur le thé, et j'avois déjà résolu d'en user fort sobrement; ainsi ne m'en apportez point. J'ai dit à M. de Bonac que vous me ferez plaisir de m' apporter seulement de bonne flanelle, vraie Angleterre, de quoi me faire deux camisoles; cela ne grossira pas beaucoup votre paquet.

Si M. l'ambassadeur fait quelque cas de ces Mémoires dont \ous parlez sur la paix de Jiiswik, vous pouvez me les acheter. Si j'étois assez heureux pour le voir et l'entretenir souvent, je n'aurois pas grand besoin d'autres Mémoires pour l'histoire du roi. 11 la sait mieux que tous les ambassadeurs et tous les ministres ensemble, et je

fais un grand fond sur les instructions qu'il m'a promis de me donner.

Adieu, mon cher fils. Toute la famille est dans la joie depuis qu'elle sait qu'elle vous reverra bientôt. Vous ne sauriez trop remercier M. de Bonac : il me revient de tous côtés qu'il a parlé de vous de la manière du monde la plus avantageuse. Je suis bien adligé qu'il parte sans que j'aie l'honneur de l'embrasser; mais j'en perds toute espérance, son valet étant venu me dire au logis que, comme il arriveroit extrêmement lard de Versailles, et qu'il partiroit demain de fort grand [matin], il ne vouloit pas m'inconnnoder. J'ai autant à me louer de sa discrétion qu'à me louer de ses bontés. Il laisse en ce paysci tout le monde charmé de son esprit, de sa sage[sse], et de SCS manières ainial^les au dernier point. Adieue ncore, mon cher fils. Tâchez, au nom de Dieu, d'obtenir de monsieur l'ambassadeur qu'il vienne descendre au logis.

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