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[A l>aris, le 30 jaiivici' 1690.)
Comme vous pourriez être en peine de ma santé, j'ai cru vous en devoir mander des nouvelles. Elle est beaucoup meilleure depuis quevous êtes parti, - et ma tumeur est considérablement diminuée. Je n'en ressens presque aucune incommodité. J'ai même été promener cette aprèsdînée aux Tuileries avec votre mère, croyant que l'air me fortifieroit; mais à peine j'y ai été une demi-heure qu'il m'a pris dans le dos un point insupportable qui m'a
1. Seuil! lettie de Uacine ù. son lils, dont le manuscrit ne soit pas à la Bibliothèque nationale. L'éditeur de 1807 en a donné le texte d'après l'autographe qu'il a eu probablement sous les yeux.
'2. Jean-Baptiste fîacine était de retour do la Haye depuis la fin de novembre 1G'.)8. Il venait de partir pour Versailles.
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obligé de revenir au logis. Je vois bien qu'il faut prendre patience sur cela, en attendant le beau temps.
Nous passâmes avant-hier l'après-dînée chez votre sœur. Elle est toujours fort gaie et fort contente, et vous garde de très-bon chocolat , dont elle me fit goûter.
Je suis ravi que M. de Bonrepaux se porte mieux. Faites-lui bien mes compliments, aussi bien qu'à M. de Cavoye et à M. Félix. Je savois que M. Le Verrier doit donner à dîner à monsieur le comte d'Ayen ; mais on ne m'a point encore dit le jour, ni à M. Despréaux. Je serois bien plus curieux de savoir si monsieur le comte d'Ayen songe en effet à m'envoyer les deux juments qu'il m'a promis de m'envoyer. Je m'y suis tellement attendu que j'avois déjà dit à mon cocher de me chercher un marchand pour mes chevaux. Faites-moi savoir de vos nouvelles quand vous en aurez le loisir. Je ne crois point aller à Versailles avant le voyage de Marly, c'est-à-dire dans toute la semaine qui vient. Je crains de me morfondre sur le chemin, et je crois avoir besoin de me ménager encore quelque temps, afin d'être en état d'y faire un plus long séjour. Adieu, mon cher fils. Votre mère vous embrasse, et s'attend de vous revoir quand le roi ira à Marly.
Je vous conseille d'aller un peu faire votre cour à madame la comtesse de Gramont, rpii vous recevra avec beaucoup de bonté,
Suscriptioii : A Monsieur Racine le fils, gentilhomme ordinaire du roi, à Versailles.