‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 17 sur 249 · Elisabeth-Charlotte de Bavière, mère du nagent · texte numérisé non relu

Elisabeth-Charlotte de Bavière, mère du nagent

3. Serrotaire du mi, frère de M"" de La Sahlière et ami de Roileau et de Racine. Il avait beaucoup d'esprit et de lettres; mais il aimait :\ disputer et à contredire. (L. Racixe.)

longue haleine; mais je ne suis guère en état de lui donner contentement, me trouvant toujours assez inconnnodrde ma gorge dès f[ue j'ai parlé un peu de suite. Cela \a pourtant mieux que quand vous êtes parti, mais je ne suis pas encore hors d'all'aire : ce qui m'endiarrasse, c'est que M. Fagon et plusieurs autres médecins très-habiles m'avoient ordonné, comme vous savez, de boire beaucoup d'eau de Sainte-Heine et des tisanes de chicorée; et j'ai trouve chez M. Mcole un médecin qui me paroît fort sensé, qui m'a dit (ju'il connoissoit mon mal à fond, et qu'il en a guéri plusieurs gens en sa vie, et que je ne guérirois jamais tant que je boirois ni eau ni tisane; que le seul moyen de sortir d'aiïaire, c'étoit de ne boire que pour la seule nécessité, et tout au plus pour détremper les aliments dans l'estomac. 11 m'a appuyé cela de quelques raisonnements qui m'ont paru assez solides. Ce qui est arrivé de là, c'est fjue présentement je n'exécute ni son ordonnance ni celle de M. Fagon : je ne me noie plus d'eau comme je faisois, je bois à ma soif; et vous jugez bien que, par le temps qu'il fait, on a toujours assez soif ; c'est-à-tlire, à vous parler franchement, que je me suis remis dans mon train de vie ordinaire, et je m'en trouve assez bien. Ce même médecin m'a assuré que, si les eaux de Bourbon ne vous guérissoient pas, il vous guériroii infailliblement. 11 m'a cité l'exemple d'un chantre de Notre-Dame (je crois que c'étoit une basse), à qui un rhume avoit fait perdre entièrement la voix. Gela lui avoit duré six mois, et il étoit sur le point de se retirer; le médecin que je vous dis l'entreprit, et avec une tisane d'une herbe qu'on appelle, je crois, crysintum, ' le lira

1 . L'enjsimum officinale, herbe aux chantres, [liante de la famille des crucifères, est encore employée en médecine dans lu même cas.

d'afliiire en trois semaines, en telle sorte que non-seulement il parle, mais il chante très-bien, et a la voix aussi forte qu'il l'ait jamais eue. Ce chantre a, dit-il, quelque quarante ans. J'ai conté la chose aux médecins de la cour; ils avouent que celle plante à' eryshnum est trèsbonne pour la poitrine; mais ils disent qu'ils ne lui croyoient pas la vertu que dit mon médecin. C'est le même qui a deviné le mal de M. JNicole : il s'appelle M. Morin,' et il est à M"'= de Guise.- M. Fagon en fait un fort grand cas. J'espère que vous n'aurez pas besoin de lui; mais toujours cela est bon à savoir; et si le malheur vouloit que vos eaux ne fissent pas tout l'eiïet que vous souhaitez, voilà encore une assez bonne consolation que je vous donne. Je ne vous manderai point cette fois-ci d'autres nouvelles que celles qui regardent votre santé et la mienne. Je vous dirai seulement que j'ai encore mes deux chevaux sur la litière. J'ai...'

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