‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 174 sur 249 · DE JEAN-BAPTISTE RACINE A LOUIS KACINE · texte numérisé non relu

DE JEAN-BAPTISTE RACINE A LOUIS KACINE

Votre lettre m'a un pou rassuré, car j'avois grand'peur que mes objections ne vous eussent un peu fâché, quoique ce ne soit nullement mon intention, et que je vous eusse même averti de n'en faire que le cas qu'elles pouvoient mériter. J'avois résolu de ne vous en plus faire, et j'ai môme déchiré la petite analyse que j'avois commencée de votre poëme pour me mettre mieux en état d'en juger: car vos longues digressions font souvent perdre le fil de vos raisons, et on ne sait quelquefois d'où on est parti. L'intérêt (lue je prends à ce qui vous regarde l 'avoit emporté sur ma paresse et sur ma mauvaise santé, et cela m'avoit mis en état de vous faire bien des objections, mais j'y renonce; car en vérité le métier do critique est un désagréable métier, et pour celui qui le fait et pour celui en faveur de qui on le fait. Je me contenterai donc de répondre simplement à votre lettre, et je vous dirai que, bien loin que tout ce que vous me mandez de la morale des poëtes m'ait fait changer d'avis, cela n'a servi qu'à m'y confirmer. Rousseau pouvoit penser comme il lui plaisoit, et il n'est pas étonnant qu'un homme qui ne savoit tout au plus que tourner une épigramme fût si aisé à édifier. Qu'est-ce que nous

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