‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 182 sur 249 · cotait le frère du P. Sconin · texte numérisé non relu

cotait le frère du P. Sconin

cation aux brllos-lettres », coiiiine il est dit dans l'ordre signé par M. Colbert, le 26 aoiH 166i.

La Tliebuïile fut jouée la même année; et comme jo ne trouve rien qui m'apprenne de quelle manière elle fut reçue, je n'en dirai rien davantage.' Je ne dois parler ici qu'historiquement de ses tragédies, et presque tout ce que j'en puis dire d'historique se trouve ailleurs. Je laisse aux autiuirs de V Histoire du Ihe'nlre français le soin de recueillir ces particularités, dont plusieurs sont peu curieuses, et toutes fort incertaines, parce qu'il n'en a rien raconté dans sa famille; et je ne suis pas mieux instruit qu'un autre de ce temps de sa vie, dont il ne parloit jamais.

Le jeune Despréaux, qui n'avoit que trois ans plus que lui, étoit connu de l'abbé Le Vasseur, qui lui porta l'ode de la Renommée, sur laquelle Despréaux fit des remarques qu'il mit par écrit. Le poëte critiqué trouva les remarques très-judicieuses, et eut une extrême envie de connoître son critique. L'ami commun lui en procura la connoissance, et forma les premiers nœuds de cette union si constante et si étroite, qu'il est comme impossible de faire la vie de l'un sans faire la vie de l'autre. J'ai déjà prévenu que je rapporterois de celle de Boileau les particularités que ses commentateurs n'apprennent point, ou n'apprennent qu'imparfaitement, parce qu'ils n'étoient pas mieux instruits.

Il n'étoit point né à Paris, comme on l'a toujours écrit, mais à Crône,' petit village près Villeneiivc-Saint-Georges : son père y avoit une maison, où il passoit tout le temps des vacances du palais, et ce fut le 1" novembre 1636 que ce onzième enfant y vint au monde. Pour le distinguer de ses frères, on le surnomma Desprdaicx, à cause d'un petit pré qui étoit au bout du jardin.

1. Il fist dit, dans leNùcrolnge de Port-Royal, que, « liù avec les savants solitaires qui habitaient le désert de Port-Royal, cette solitude lui fit produire la Tliébiiiile ». Ces paroles, que les auteurs de ['Histoire des Théâtres (les frùres Parfait, tome X, p. 197) rapportent avec surprise, no prouvent que la simplicité de celui qui a écrit cet article, et qui, n'ayant jamais, selon les apparences, lu de tragédies, s'est imaginé, à cause de ce titre, la Thébaide, que celle-ci avait quelque rapport à une solitude. Il se trompe aussi quand il dit que cette tragédie fut commencée à Port-Royal. (L. l\.)

Page 1