‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 186 sur 249 · VIII · texte numérisé non relu

VIII

ce que je dis ici confirmé par une des lettres de Boileau. i Ce fut en remarquant combien les vers de Drilannicus étoient travaillés, qu'il dit pour la première fois ce qu'il a souvent répété : « C'est moi qui ai appris à M. Racine à faire des vers ditticilement. »

Ceux qui ajoutent foi en tout au linlœana croient que Boileau, qui trouvoit les vers de Bujazel trop négligés, trouvoit aussi le dénouement de Brilatinicns puéril, et reprochoit à l'auteur d'avoir fait Britannicus trop petit devant Néron. 11 y a grande apparence que M. de Monchesna^-, mal servi par sa mémoire lorsqu'il composa ce recueil, s'est trompé en cet endroit comme dans plusieurs autres. Je n'ai jamais entendu dire que Boileau eût fait de pareilles critiques; je sais seulement qu'il engagea mon père à supprimer une scène entière de cette pièce avant que de la donner aux comédiens ; et par cette raison cette scène n'est encore connue de personne. Ces deux amis avoient un égal empressement à se communiquer leurs ouvrages avant que de les montrer au'public, égale sévérité de critique l'un pour l'autre, et égale docilité. Voici cette scène, que Boileau avoit conservée, et qu'il nous a remise : elle étoit la première du troisième acte.

BLRRHLS, NARCISSE.

BlRnHLS.

Quoi! Narcisse, au palais obsédant l'empereur, Laisse Britannicus en proie à sa fureur! Narcisse, qui devroit d'une amitié sincère Sacrifier au fils tout ce qu'il tient du père; Qui dcvroit, en plaignant avec lui son malheur, Loin des yeux de César détourner sa douleur! Voulez-vous qu'accablé d'horreur, d'inquiétude, Pressé du désespoir qui suit la solitude, 11 avance sa perte en voulant l'éloigner. Et force l'empereur à ne plus l'épargner? Lorsque de Claudius l'impuissante vieillesse Laissa de tout l'empire Agrippiue maitresso. Qu'instruit du successeur que lui gardoient les dieux, 11 vit déjà son nom écrit dans tous les yeux ; C:; prince, à ses bienfaits mesurant votre zèle,

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