‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 211 sur 249 · Dans les Femmfs savantes · texte numérisé non relu

Dans les Femmfs savantes

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sortes d'ouvrafres. Par la même raison, il condamnoit des Dialogues do morts où ii; sérieux lui parois>;oit résiner: « Lucien, disoit-il, plaisaiito toujours. »

Il détestoit la basse plaisanterie. J'ai déjà assez fait connoitre son animosité contre Soarron. « Votre père, me dit-il un jour, avoit la tbiljlesse de lire quelquefois le Virgile Iruvesli, et de rire; mais il se caclioit bien de moi. »

Il ëtoit ami de M. Dacier, ce qui ne l'empêchoit pas d'en critiquer les traductions : « Il fuit les Grâces, disoit-il, et les Grâces le fuient. » Et mon père, en parlant des ouvrages que M. et madame Dacier donnoient au public comme ouvrages communs, faits par eux deux, disoit « que, dans leurs productions d'esprit, madame Dacier étoit le père ».

Boileau disoit de M. Dacier, eu parlant de la traduction d'Horace, qu'il avoit trouvé le secret de morfondre un poète plein de feu, et il appeloit lex rëvt'lnlions de V. Oricter certains endroits que le commentateur exiilique d'une façon singulière.

Rien ne montre mieux le cas que les auteurs faisoient du suffrage de Boileau que la deux cent dix-septième lettre de Bayle,' dans laquelle il écrivit à un ami : « Vous m'apprenez que mon Diclioimaire n'a point déplu à M. Despréaux; c'est un bien si grand, c'est une gloire si relevée, que je n'avois garde de l'espérer. Il y a longtemps que j'applique à ce grand homme un éloge ])lus étendu que celui que Phèdre donne à Ésope : Naris emuncUe, nalara nunquam oui politil verba dure.- II me semble aussi que l'industrie la plus artificieuse des auteurs ne peut le tromper: à plus forte raison ai-je dû voir que je ne surprendrai pas son suffrage, en compilant bonnement et à l'allemande, et sans me gêner beaucoup sur le choix, une grande quantité de choses. Mon Diclionnaire me paroit, à son égard, un vrai voyage de caravane, où l'on fait vingt ou trente lieues sans trouver un arbre fruitier ou une fontaine. » Personne n'a mieux jugé de ce Dtclionnaire que Bayle lui-même.

Boileau lisoit parfaitement ses vers, et étoit attentif, en les

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