I. Lettre 107. du 2 oct. lOitR, i M. Marais
'1. i( Qui a le nez fin, et à qui la nature u'a jamais pu en donner à garder. » {Phèdre, liv, III, fab. 3.)
lisant, à la contenance de ses auditeurs, pour appn.'ndre dans leurs yeux lesendroits quilesfrappoient davantage. 11 eut un jour dans M. le premier président de Harlai un auditeur immobile, qui, après la lecture de la pièce, dit froidement : Voilà de beaux vers. La critique la plus vive l'eût moins irrité que cet éloge. Il s'en vengea en mettant dans sa onzième satire ce portrait, qu'il commençoit toujours, quand il le lisoit, par cet hémistiche :
En vain ce faux Calon, etc.
Mon père ayant obtenu pour mon frère aîné la survivance de la charge de gentilhomme ordinaire de Sa Majesté, le produisit à la cour, et eut dessein de l'attacher à la connaissance des affaires étrangères, sous la protection de U. de Torcy. Mon frère fut chargé de porter à M. de Bonrepaux, ambassadeur de France en Hollande, les dépêches de la cour, et recommandé particulièrement par M. de Torcy à cet ambassadeur. Après son départ, la maison fut comme celle de Tobie après le départ du fils. Ce n'étoient qu'inquiétudes sur la santé du voyageur et sur sa conduite. Des alarmes paternelles remplissent les lettres que je donne dans le troisième recueil. Toutes ces lettres, ainsi que celles de Boileau, font mieux connoître ces deux hommes que tout autre portrait, parce qu'elles sont écrites à la hâte, de même que celles de Cicéron font connoître quel étoit son cœur, au lieu que les lettres de Pline, travaillées avec soin, et recueillies par lui-même, ne nous peuvent faire juger que de son esprit.
Tandis que mon père espéroit, par les protections qu'il avoit à la cour, y faire avancer son fils aine, et lui abréger les premières peines de la carrière, il étoit près de finir la sienne. Boi- Icau a conduit fort loin une santé toujours infirme : son ami, plus jeune et beaucoup plus roljuste, a beaucoup moins vécu. Au reste, sa vie a suffi pour sa gloire comme dit Tacite ' de celle