Satire XI, vers 37. Le te.vte imprimé porte
En vain ce misanthrope, aux yeux tristes et sombres.
2. <c Quantum ad gloriam, longissinium œvum percgit, quippe et vera liona, qua; in virtutibus sita sunt, impleverat. » (L. R.) Vie d'Agricola, cl). L\IV.
DE JEAN UACINE. /,t7
de son bcuu-pftre, puisqu'il étoit rempli des véritables biens, qui sont ceux de la vertu.
Il y a grande apparence que sa trop grande sensibilité abrégea ses jours. La connoissance qu'il avoit des liomnies et la long usage de la cour ne lui avoient point appris ù déguiser ses sentiments. Il est des hommes dont le cieur veut toujours être libre comme leur génie. Peut-être ne connoissoit-il pas assez la timide circonspection et la défiance:
M.iis cette défiance Fut toujours d'un grand coeur la dernière science.
Il étoit d'ailleurs naturellement mélancolique, et s'entretenoit plus longtemps des sujets capables de le chagriner que des sujets propres à le réjouir. 11 avoit ce caractère que se donne Cicéron dans une de ses lettres, plus porté à craindre les événements malheureux qu'à espérer d'heureux succès : Semper magis udve.rsos rerum exilas melaens quaiii sperans secundos. ' L'événement que je vais rapporter le frappa trop vivement, et lui fit voir comme présent un malheur qui étuit fort éloigné. Les marques d'attention de la part du roi, dont il fut honoré pendant sa dernière maladie, durent bien le convaincre qu'il avoit toujours le bonheur de plaire à ce prince. Il s'étoit cependant persuadé que tout étoit changé pour lui, et n'eut pour le croire d'autre sujet que ce qu'on va lire.
M"'« de Maintenon, qui avoit pour lui une estime particulière, ne pouvoit le voir trop souvent, et se plaisoit à l'entendre parler de différentes matières, parce qu'il étoit propre à parler de tout. Elle l'entretenoit un jour de la misère du peuple : il répondit (|u'elle étoit une suite ordinaire des longues gusrres; mais qu'elle pourroit être soulagée par ceux qui étoient dans les premières places, si l'on avoit soin de la leur faire connoître. Il s'anima sur cette réflexion; et comme dans les sujets qui l'animoient il entroit dans cet enthousiasme dont j'ai parlé, qui lui inspiroit une éloquence agréable, il charma M"'" de Maintenon, qui lui dit que puisqu'il faisoit des observations si justes sur-le-champ, ildevroit les méditer encore, et les lui donner i)ar écrit, bien assuré que