‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 219 sur 249 · I. An piiflique. cimiil u, vers W · texte numérisé non relu

I. An piiflique. cimiil u, vers W

■i. Et ili" même à un ilhistro magistrat dont il rcspocl.nit les Ininiùres, il n''l)Ondil d'un ton cliagrin : « Ce ne sont pas vos critiques que je crains, ce sont celles que je me fais à moi-même. » {Xote rie Louis Hncino. dans l'exemplaire corrir/é.)

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i-3i MÉMOIRES SUR LA Ylli

qu'au compte que je suis près d'aller rendre à Dieu. » On a toujours vu en lui le poëte et le chrétien.'

M. le duc d'Orléans l'invita à dîner : c'étoit un jour maigre, et on n'avoit servi que du gras sur la table. On s'aperçut qu'il ne touchoit qu'à son pain : « 11 faut bien, lui dit le prince, que vous mangiez gras comme les autres; ou a oublié le maigre. » Boileau lui répondit : « Vous n'avez qu'à frapper du pied, Monseigneur, et les poissons sortiront de terre. » Cette allusion au mot de Pompée fit plaisir à la compagnie, et sa constance à ne point vouloir toucher au gras lui fit honneur.

11 se félicitoit avec raison de la pureté de ses ouvrages : « C'est une grande consolation, disoit-il, pour un poëte qui va mourir, de n'avoir jamais offensé les mœurs, n A quoi on pourroit ajouter : et de n'avoir jamais offensé personne.

M. Le Noir, chanoine de Notre-Dame, son confesseur ordinaire, l'assista à la mort, à laquelle il se prépai'a en très-sincère chrétien : il conserva en même temps, jusqu'au dernier moment, le caractère de poëte. M. Le Verrier crut l'amuser par la lecture d'une tragédie qui, dans sa nouveauté, faisoit beaucoup de bruit.- Après la lecture du premier acte, il dit à M. Le Verrier : « Eh ! mon ami, ne mourrai-je pas assez proraptement? Les Pradons dont nous nous sommes moqués dans notre jeunesse étoient des soleils auprès de ceux-ci. » Comme la tragédie qui l'irritoit se soutient encore aujourd'hui avec honneur, on doit attribuer sa mauvaise humeur contre elle à l'état où il se trouvoit : il mourut deux jours après.

Lorsqu'on lui deniaiidoit ce qu'il pensoit de son état, il répondoit par ce vers de Malherbe ;

Je suis vaincu du temps, je cède à ses outrages.

Un moment avant sa mort, il vit entrer M. Coutard,' et lui dit en lui serrant la main : « Bonjour et adieu; l'adieu sera bien long.»

1. Dans une compiignic où de prétendus esprits Torts débitaient quelques '-ophisnics contre la religion, il s'écria : ■• Il faut avouer ((ue Dieu a de sots eiineniis. >• (A'ofp '!'• Louis Racine dans l'exemplaire corriijè.)

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