‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 223 sur 249 · DANS LA LAXGLK K U A NT. A 1 SE · texte numérisé non relu

DANS LA LAXGLK K U A NT. A 1 SE

Abord pour arrivée.

Déjà de leur abord la nouvelle est semée.

Jph., act. 1, se. iv.

D'après le témoi^nagi^ de liichelet, ce mot se disait encore du temps de Racine pour arrivée; aujourd'hui il est vieux, même dans le sens d'approche , mais il a une troisième acception. Molière a dit : « Préparez-vous à soutenir avec fermeté Vahoril df votre père. » En ce sens, il n'a pas de synonyme, el il faut le conserver.

Absolus pour puissants.

(^ue mes yeux sur votre au:e éloielil plus absolus.

.{mil-., ai't. m, se. i:,

La Harpe justifie sullisaniuient cette métonymie par son analogie avec les expressions régner absolument, pouvoir absolu. On

1. «On s'.iperçutque lepoete, un inventint non des mots, mais des alliances de mots et d«ïs tours de phrases, faisait pour ainsi dire une lanj^uo nouvoUe ; et ces tours qui ne nous étonnent plus aujourd'hui, i)arce qu'ils sont devenus lainiliers .i lalaugue, rurenl critiqués frt applaudis : criliqués par ciîux qui étaient servileiueut attachés à la grammaire, et applaudis par ceux qui sentirent que c'était donner à la langue de la grâce et de la no)>tes.se que de l'affranchir quelquefois de la servitude grïimmaticale. ti

<:cs obsen'ations de Louis Kacioe indiquetit et n'-sument tout le travail de ce dictionnaire.

442 niCTIONXAlRE CRITIQUE.

peut cependant oljjecter que le sens du mot absolu n'étant pas susceptible de plus ni de moins, ne peut admettre le comparatif plus absolu.

Accorder des désirs.

Tous vos désirs, Esther, vous seront accordés.

Estli., act. ni, se. IV.

On dit combler des dirsirs, accorder des demandes. Racine emploie ici le désir pour la chose désirée. C'est une hardiesse qui facilite la poésie.

Accroître, cONNOiTRE.

Mais dans mon désespoir je cherche à les accroistre. Madame, par pitié, faites-le moi connoistre.

Mitlir., act. II, se. vi.

Racine écrivait, dans sa dernière édition, accrolslre , conncislre, et l'on prononçait accrailre. connaître Ainsi ces mots rimaient également aux yeux et à l'oreille. Aujourd'hui, on prononce accroître et connaître, et ces deux mots ne riment plus ni aux yeux ni à l'oreille; il n'y a de raison de ces changements que les caprices de l'usage. (Voyez le mot Rime.)

Achever un dessei.n.

D'achever un dessein qu'il peut n'avoir pas pris.

Alex. y act. I, se. m.

D'Olivet a blâmé cette expression, achever un dessein. Plusieurs exemples puisés dans Voltaire nous ont amené à reconnaître que le mot dessein peut être pris également dans le sens de résolution et dans le sens d'exécution. C'est ainsi que l'on dit concourir au dessein de quelqu'un, c'est-à-dire à l'exécution de son dessein; venir à bout de ses desseins, c'est-à-dire, venir à bout d'exécuter ses desseins. Voltaire a dit : Jacques, son père, avait enfin entamé ce dessein. Or il est clair qu'un dessein entamé doit pouvoir être achevé. L'expression de Racine est donc justifiable.

Admirer si.

J'admirois si M.-ithan. dépouillant Tartifice, Avoit pu de son cœur surmonter l'injustice.

.Uli., act. Ill, se. IV.

C'est-à-dire : je m'étonnais de ce que... Hellénisme: dauj^aîu il Nous disons encore avec la négation ; je ne m'étonne pas si...

Adresses pour ruses.

Sa haine sait cacher ses trompeuse.s adresses.

Mitlir., act. I, se. v.

DICTIONNAIRE CRlTiniK. 443

GeoftVoy blâme le mot adresse au pluriel; mais ce mot s'employait ainsi du temps de Racine; le poète dit encore dans Phèdre, (Acte iv, se. vi).

Kl puisse ton supplice à jamais cttVayer

Tous ceux (jm comme toi par do lâches adresses

Des princes malheureux nourrissent les foiblesscs.

Afiabi.k.

Lui, parmi ces transports affablo sans orgueil.

Atli.f act. V, se. I.

Li' mot était nouveau, et La Bruyère ne s'était permis de l'écrire ipi'en italique; Racine, en l'employant, le fit fi-anrais, malgré le célèbre Patru, (|iu le condamnait.

Afflioé s.\ misère.

.Vai tantôt, sans respect, affligé sa misère.

Iplt., act. III, se. IV,

AllligL'r la misère, c'est ajouter (|iiel()ue chose à la misère, c'est accroître le malheur de quelqu'un. Iphigénie veut toucher Achille, elle se fait plus coupable qu'elle n'est. Le poète exprime tout cela en deux mots.

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