VIII
450 ninioNNAun-: CRiTiorE.
Bruit d'l.\ >om.
El de votre grand nom diminuer le bruit.
Miltii:, act. 111, s-, i.
Bruit pour gloire j expression aussi belle que profoudément philosophique.
BrL'IT INJURIEDX.
D'abord, vous le savez, ua bruit injurieux.
ililhr., act V, se. i
Heureuse expression : l'injure n'était qu'un bruit. Phœclime cherche à affaiblir par ce mot l'effet d'une autre nouvelle plus fatale encore.
Briler de voir pour désirer ardemment.
Quoiqu'il brûle de voir tout l'univers soumis.
Alex,, act. I, se. i.
Vi>«J brûlez que je ne sois partie.
Ipfi., act. 11, se. V.
Louis Racine signale ces expressions toutes pratiques, non comme nouvelles, mais comme appartenant au bel usage.
Camp pour armée.
Que tout leur camp nombreux soit devant te: soldat^,
Comme d'enfants une troupe inutile.
Et si par un chemin il entre eii tes États,
Qu'il en sorte par plus de mille.
Estli., act. 111, se. m.
Ici Racine dit de tout un camp qu'il entre et qu'il sort, comme il dirait d'une armée qu'elle avance ou qu'elle marche.
Ce jour pour aujourd'hui.
Et cependant, ce jour, il épouse .Vndromaque.
Aiulr., act. IV, se. m.
Racine a préféré cette locution à toute autre, car il éiait facile de mettre aujourd'hui cependant. Mais cette dernière forme eiit été moins vive : Hermione appuie à dessein sur ce mot : ce jour. C'est tout pour elle. Le latinisme est heureux ; aussi Racine l'a-t-il employé une seconde fois dans Bérénice.
Ce semble pour à ce qu'il parait.
Quoique partout, ce semble, accablé sous le nombre.
Alex., act. IV, se. n.
Ce mot, tombé en désuétude, s'emploie encore dans le langage
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familier. Après Racine, on ne le rencontre plus dans le style noble. Il manque ù la lani,^ue, et les bons écrivains devraient le rajeunir. La phrase suivante, citée dans le dictionnaire de Nicot : Belle SE semble à veoir, ferait croire que ce verbe était autrefois pronominal et traduisait le passif vidclur.
C'est ce qui résumant un pluriel.
Kt tous ces beaux exploits qui lo luiit ailmiror, C'est ce qui 1110 le fait justement abhorrer.
rrcrox cn}i., .ici. I, se. \*.
i.'indéHui c« pouvant résumer un ou plusieurs pluriels, Racine a pu dire : c'est jaslcmenl tout cela qui me le fait abliorer. La phrase ainsi construite est très-claire, et elle a beaucoup plus de force qu'elle n'en aurait avec le verbe au pluriel.
CllA.MDRE.
De princes égorgt-s la ciiambre étoit remplie.
.(//(,, acl. II, se. II.
La simplicité do cette expression, la chambre, est relevée par la ricliesse des mots qui l'environnent et par le contraste d'un terrible événement.
Changement de temps. — S'il m'écii.u'poit un mot, c'est fait.
s'il lu'ccliappoit un mot, c'est fan île votre vie.
lîdj., acl. II, se. I
L'emploi de ces deux temps blesse les lois de la grammaire, mais la faute est rachetée par une grande beauté. Racine pouvait mettre :
s'il m'échappe un seul mot, c'est fait <ic volrc vie.
Dès lors l'énergie de sa phrase disparaissait. Cet imparfait et ce présent n'ont point été mis là sans raison. La longueur de l'un augmente la vivacité de l'autre. Il semble que Roxane veuille marquer par le premier verbe qu'elle est bien éloignée de vouloir prononcer ce mot fatal, et que par le second elle fasse sentir cependant avec quelle rapidité elle serait obéie si le mot lui échappait. Cette nuance dans la pensée et dans l'expression est plus visible encore lorsqu'on essaie de construire la phrase d'une autre manière; car alors l'effet est entièrement perdu. En analysant Racine on commence quelquefois par une critique grammaticale, et l'on finit toujours par un éloge du poëte.
Cn.VRMES.
Je plaignis Uajazol, je lui vantai ses chaviiics.
IJnJ., acl. I, se. 1.
Les charmes de Bajazel. C'est une expression que notre langue