‹ Œuvres complètes de RacineChapitre 230 sur 249 · I.a race do Laïus les a rendus vulgaires · texte numérisé non relu

I.a race do Laïus les a rendus vulgaires

Ffèrr.t enn.. act. I. se. i.

LouisKacine critique ces mots : monstres vulgaires pour monstres rommmis. Il n'a pas compris la langue du poëte. Monstres communs ?cva\\. pitoyable. Le poëte a un peu élargi le sens du mot vulgaire, mais il ne l'a pas forcé, la preuve c'est que tout le monde l'entend ; c'est donc une conquête et non une faute.

Naufrage élevé au-dessus, etc.

Au-dessus ce leur gloire un naufrage élevé, Que Rome et quarante ans ont à peine achevé. Mitlii:, act. II, se. i\.

Tout cela est plein de grandeur. Le dernier vers relève le premier, et efface la faute, si c'est une faute que d'avoir mis naufrage pour drfaite. Nous engageons le lecteur à lire dans la pièce la période tout entière. C'est une des plus belles qui soient dans notre langue.

Nouvelle sanglante.

Quand je n'en aurois pas la nouvelle sanglante.

Milhr., act. V, .se. i.

Expression hardie et que le trouble de celui qui parle rend presque naturelle. Racine enrichit la langue par le mouvement des passions.

Nuit e>flam.mée.

Ces Dambeaui, ce bûcher, cette nuit enflammée. Ces aigles, ces faisceaux, ce peuple, cette armée.

Jîcr., act. I, se. v.

Lepoëte peut dire cette nuit enflammée, car il fait précéder cette plirase des mots flambeaux et bûcher, qui expliquent comment la nuit est enflammée.

Mais ce qui est encore plus extraordinaire que cette locution, c'est la construction de la phrase entière. De quoi tous ces nominatifs accumulés sont-ils suivis? d'une exclamation : ciel, avec quel respect! etc. Bérénice dans son trouble ne s'assujettit pas à la construction grammaticale. Elle fait un tableau, puis elle se récrie en exprimant l'enchantement que ce tableau a fait naître en elle. C'est le mouvement même de la nature. Je crois cette forme si poétique de l'invention de Racine; au moins l'a-t-il fait passer de la langue grecque, oii elle est très-commune, dans la nôtre; on peut en voir un second exemple dans .)/((/(/•((/«/(', act. 11, se. m.

S'obstiner a èthe fidèle.

Je voulus m'obstiner ;\ vous t'tre fidèle.

Andr., act. IV, se. v.

Ici le mot s'ohsliner est pris en bonne part ; et Louis Racine remarque que c'était une nouveauté dans la langue.

Œil où brille la joie.

S'enivrer du pl.aisir de...

El d'un o;iI où brillaient sa joio et son espoir. S'enivrer, en marchant, du plaisir de la voir.

Andr., act. V, se. il.

Toute.? ces expressions sont neuves et poétiques. La première peint admirablement d'orgueil de la conquête; la seconde peint son triomphe ; c'est un tableau complet. Remarquez que la construction de ces vers appartient exclusivement à la poésie, et cela est si vrai qu'on ne pourrait les mettre en prose sans de grandes inversions.

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