L'autographe est à la Bibliotliéfiuc nationale
Racine fait ici des observations sur la Neuoièine liétli-xion critique, dont le manuscrit lui avait été communiqué, et qui fut publiée en 1094. (B.-S.-P.)
y.al TzrEivoTàrwv, et qui sont tous les jours clans la bouche des moindres laboureurs et des moindres artisans ; mais qu'ils ne laissent pas de charmer par la manière dont le poëte a eu soin de les arranger.
En lisant cet endroit, je me suis souvenu que, dans une de vos nouvelles remarques, vous avancez que jamais on n'a dit qu'Homère ait employé un seul mot bas. C'est à vous de voir si cette remarque de Denys d'Halicarnasse n'est point contraire à la vôtre, et s'il n'est point à craindre qu'on vienne vous chicaner là-dessus. Prenez la peine de lire toute la réflexion de Denys d'Halicarnasse, qui m'a paru très-belle et merveilleusement exprimée; c'est dans son traité n;cl cjvôéceu; ôvo7.àTcav,' à la troisième page.
J'ai fait réflexion aussi qu'au lieu de dire que le mot d'âne est en grec un mot très- noble, vous pourriez vous contenter de dire que c'est un mot qui n'a rien de bas,* et qui est comme celui de cerf, de cheval, de brebis, etc. Ce très-noble me paroît un peu trop fort.
Tout ce traité de Denys d'Halicarnasse, dont je viens de vous parler, et que je relus hier tout entier avec un grand plaisir, me fit souvenir de l'extrême impertinence de M. Perrault, qui avance que le tour des paroles ne fait rien pour l'éloquence, et qu'on ne doit regarder qu'au sens; et c'est pourquoi il prétend qu'on peut mieux juger d'un auteur par son traducteur, quelque mauvais qu'il soit, (jue par la lecture de l'auteur même. Je ne me souviens point que vous ayez relevé celte extravagance, qui vous donnoit pourtant beau jeu pour le tourner en ridicule.