‹ Œuvres complètes de RégnierChapitre 108 sur 134 · Recueilli dans l’édition elzévirienne de · texte numérisé non relu

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DIALOGUE

Tout parle en ton visage ; et, te voulant contraindre, L'amour vient, malgré toi, sur ta levre se plaindre ; Pourquoy veux-tu, Philis, aymant comme tu fais.

Que Tamour se démente en ses propres effets ?

Ne sçais-tu que ces pleurs, que ces douces œillades, Ces yeux, qui se mourant font les autres malades, Sont théâtres du cœur, où Tamour vient jouer Les pensers que la bouche a honte d'avouer?

N'en fais donc point la fine, et vainement ne cache Ce qu'il faut, malgré toy, que tout le monde sçache, Puisque le feu d'amour, dont tu veüx triompher,

Se montre d'autant plus qu'on le pense étouffer. L'Amour est un enfant nud, sans fard et sans crainte. Qui se plaist qu'on le voye, et qui fuit la contrainte. Force donc tout respect, ma chere fille, et croy Que chacun est sujet à l'Amour comme toy.

En jeunesse j'aymay, ta mere fit de mesme,

Licandre aima Lisis, et Félisque Philesme ;

Et si l'âge esteignit leur vie et leurs soupirs.

Par ces plaines encore on en sent les zéphyrs.

Ces fleuves sont encor tout enflez de leurs larmes.

Et ces prez tout ravis de tant d'amoureux charmes Encore oit-on l'Echo redire leurs chansons.

Et leurs noms sur ces bois gravez en cent façons. Mesmes que penses-tu ? Bérénice la belle.

Qui semble contre Amour si fiere et si cruelle,

Me^dit tout franchement en pleurant, l'autre jour. Qu'elle estoit sans amant, mais non pas sans amour. Telle encor qu'on me voit, j’ayme de telle sorte.

Que l'effet en est vif, si la cause en est morte.

Es cendres d'Alexis Amour nourrit le feu Que jamais par mes pleurs éteindre je n'ay peu.

DIALOGUE

Mais comme d’un seul trait notre ame fut blessée, ' S’il n’avoit qu’un désir, je n’eus qu’une pensée.

PHILIS

Ha ! n’en dis davantage, et, de grâce, ne rends

Mes maux plus douloureux, ni mes ennuis plus grands.

CLORIS

D’où te vient le regret dont ton ame est saisie ?

Est-ce infidélité, mépris ou jalousie?

PHILIS

Ce n’est ny l’un ny l’autre, et mon mal rigoureux Excédé doublement le tourment amoureux.

CLORIS

Mais ne peut-on savoir le mal qui te possédé ?

PHILIS

A quoy serviroit-il, puisqu’il est sans remede ?

CLORIS

Volontiers les ennuis s’alégent au discours.

PHILIS

Las ! je ne veux aux miens ni pitié ni secours.

CLORIS

La douleur que l’on cache est la plus inhumaine.

PHILIS

Qui meurt en se taisant semble mourir sans peine.

CLORIS

Peut-estre en la disant te pourrois-je guérir.

PHILIS

Tout remede est fâcheux alors qu’on veut mourir.

CLORIS

Au moins avant la mort dis où le mal te touche.

PHILIS

Le secret de mon cœur ne va point en ma bouche.

DIALOGUE

CLORIS

5i je ne me déçois, ce mal te vient d^aymer?

PHTLTS.

Gloris, d^un double feu je me sens consumer.

CLORTS.

La douleur malgré toy la langue te dénoue.

PHILIS

Mais faut-il, à ma honte, hélas, que je l’avoue.

Et que je die un mal pour qui jusques icy J’eus la bouche fermée et le cœur si transy Qu’étouffant mes souspirs, aux bois, aux prez, aux plaines. Je ne pus ny n’osay discourir de mes peines?

CLORTS.

Avec toy mourront donc tes ennuis rigoureux !

PHILIS

Mon cœur est un sépulcre honorable pour eux.

CLORIS

Je croy lire entes yeux quelle est ta maladie.

PHILIS

Situ la vois, pourquoi veux-tu que je la die?

Auray-je assez d’audace à dire ma langueur?

Ha ! perdons le respect où j’ay perdu le cœur.

J’ayme, j’ayme, Gloris, et cet enfant d’Eryce,

Qui croit que c’est pour moy trop peu que d’un supplice, De deux traits qu’il tira des yeux de deux amans Cause en moy ces douleurs et ces gemissemens :

Chose encor inouïe, et toutesfois non feinte.

Et dont jamais bergere à ces bois ne s’est plainte !

CLORIS

Seroit-il bien possible ?

PHILIS

A mon dam tu le vois.

DIALOGUE

CLORIS. i

Comment ! qu’on puisse aimer deux hommes à la fois !

PHILIS

Mon malheur en ceci n’est que trop véritable ;

Mais las 1 il est bien grand, puisqu’il n’est pas croyable

CLORIS

Qui sont ces deux bergers dont ton cœur est espoint ?

PHILIS

Amynte et Philémon; ne les connois-tu point?

CLORIS

Ceux qui furent blessez lors que tu fus ravie ?

PHILIS

Ouy, ces deux dont je tiens et l’honneur et la vie.

CLORIS

J en sçay tout le discours ; mais dy-moy seulement Gomme amour par leurs yeux charma ton jugement.

PHILIS

Amour, tout dépité de n’avoir point de flesche Assez forte pour faire en mon cœur une bresche,

Voulant qu’il ne fût rien dont il ne fût vainqueur.

Fit par les coups d’autruy cette playe en mon cœur : Quand ces bergers navrez, sans vigueur et sans armes. Tout moites de leur sang comme moy de mes larmes.

Prés du satyre mort et de moy, que l’ennuy Rendoit en apparence aussi morte que luy.

Firent voir à mes yeux, d’une piteuse sorte,

Qu autant que leur amour leur valeur estoit forte,

Ce traitre, tout couvert de sang et de pitié.

Entra dedans mon cœur sous couleur d’amitié.

Et n’y fut pas plustost que, morte, froide, et blesme.

Je cessay, toute en pleurs, d’estre plus à moy mesme.

DIALOGUE

roubliay pere et mere et troupeaux et maison ;

Mille nouveaux désirs saisirent ma raison; rerray deçà, delà, furieuse, insensée ;

Oe pensers en pensers s’égara ma pensée ;

Et comme la fureur estoit plus douce en moy, Reformant mes façons, je leur donnois la loy. Eaccommodois ma grâce, agençois mon visage ;

Un jaloux soin de plaire excitoit mon courage ;

Fallois plus retenue et composois mes pas ;

J’apprenois à mes yeux à former des^appas ;

Je voulois sembler belle, et m’esforçois à faire Un visage qui peut également leur plaire :

Et lors qu’ils me voyoient par hazard tant soit peu.

Je frissonnois de peur, craignant qu’ils eussent veu, Tant j’estois en amour innocemment coupable.

Quelque façon en moy qui ne fut agréable.

Ainsi, tousjours en transe, en ce nouveau soucy.

Je disois à part-moy : Las ! mon Dieu ! qu’est-cecy ? Quel soin, qui de mon cœur s’estant rendu le maistre. Fait que je ne suis plus ce que je soulois estre?

D’où vient que jour et nuit je n’ay point de repos.

Que mes soupirs ardens traversent mes propos ;

Que loin de la raison tout conseil je rejette ;

Que je sois sans sujet aux larmes si sujette ?

Ha ! sotte, répondois-je après en me tançant.

Non, ce n’est que pitié que ton ame ressent De ces bergers blessez; te fâches-tu, cruelle.

Aux doux ressentimens d’un acte si fidele ?

Serois-tu pas ingrate en faisant autrement?

Ainsi je me flattois en ce faux jugement.

Estimant en ma peine, aveugle et langoureuse,

Etres bien pitoyable, et non pas amoureuse.

DIALOGUE

Mais, las! en peu de temps je connus mon erreur, Tardive connoissance à si prompte fureur !

Paperceus, mais trop tard, mon amour vehemente.

Les connoissant amans, je me connus amante ;

Aux rayons de leur feu, qui luit si clairement,

Helas ! je vis leur flamme et mon embrasement.

Qui, croissant par le temps, s’augmenta d’heure en heure, Et croistra, ç’ay-je peur, jusqu’à tant que je meure. Depuis, de mes deux yeux le sommeil se bannit ;

La douleur de mon cœur mon visage fannit ;

Du soleil à regret la lumière m’éclaire,

Et rien que ces bergers au cœur ne me peut plaire.

Mes fléchés et mon arc me viennent à mépris.

Un choc continuel fait guerre à mes esprits.

Je suis du tout en proye à ma peine enragée.

Et pour moy comme moy toute chose est changée.

Nos champs ne sont plus beaux, cesprez ne sont plus verts, Ces arbres ne sont plus de feuillages couverts.

Ces ruisseaux sont troublez des larmes que je verse.

Ces fleurs n’ont plus d’émail en leur couleur diverse. Leurs attraits si plaisans sont changez en horreur.

Et tous ces lieux maudits n’inspirent que fureur ;

Ici comme autrefois ces pastis ne fleurissent.

Gomme moy de mon mal mes troupeaux s’amaigrissent, Et mon chien, m’abbayant, semble me reprocher Que j’aye ore à mépris ce qui me fust si cher.

Tout m’est à contre-cœur hormis leur souvenance.

Hélas ! je ne vis point sinon lorsque j’y pense, !

Ou lors que je les vois, et que vivante en eux.

Je puise dans leurs yeux un venin amoureux.

Amour, qui pour mon mal me rend ingénieuse.

Donnant trêve à ma peine ingrate et furieuse.

DIALOGUE

^es voyant, me permet l’usage de raison,

^^fin que je m’efforce après leur guérison ; de fait penser leurs maux; mais las! en vain j’essaye ^ar un mesme appareil pouvoir guérir ma playe I e sonde de leurs coups l’étrange profondeur, ît ne m’étonne point pour en voir la grandeur.

'’étuve de mes pleurs leurs blessures sanglantes, lelas I à mon malheur blessures trop blessantes, J^uisque vous me tuez, et que mourant par vous, fe souffre en vos douleurs et languis de vos coups !

CLORIS

3rûlent-ils comme toy d’amour démesurée?

PHILIS

fe ne sçay ; toutefois, j’en pense estre assurée.

CLORIS

L’amour se persuade assez legerement.

PHILIS

yiais ce que l’on desire on le croit aisément.

^ CLORIS

Le bon amour, pourtant, n’est point sans défiance.

PHILIS

le te diray sur quoy j’ai fondé ma croyance :

|jn jour, comme il avint qu’Amynte estant blessé,

St qu’estant de sa playe et d’amour opressé.

Se pouvant clorre l’œil, éveillé du martyre,

5e plaignoit en pleurant d’un mal qu’il n’osoit dire ; VIon cœur, qui du passé, le voyant, se souvint,

A ce piteux objet toute pitié devint.

Et ne pouvant souffrir de si rudes alarmes.

S’ouvrit à la douleur, et mes deux yeux aux larmes. Enfin comme ma voix, ondoyante à grands flots.

Eut trouvé le passage entre mille sanglots.

DIALOGUE

Me forçant en Uaccez du tourment qui me grève,

J’obtins de mes douleurs à mes pleurs quelque trêve.

Je me mis à chanter, et, le voyant gémir.

En chantant j’invitois ses beaux yeux à dormir,

Quand luy, tout languissant, tournant vers moy sa teste, Qui sembloit un beau lis battu de la tempeste.

Me lançant un regard qui le cœur me fendit.

D’une voix rauque et casse ainsi me répondit:

« Philis, comme veux-tu qu’absent de toy je vive ?

Ou bien qu’ente voyant, mon ame, ta captive.

Trouve, pour endormir son tourment furieux.

Une nuit de repos au jour de tes beaux yeux » ?

Alors, toute surprise en si prompte nouvelle.

Je m’enfuy de vergongne ou Filenron m’apelle.

Qui, navré comme luy de pareils accidens,

Languissoit en ses maux trop vifs et trop ardens.

Moy, qu’un devoir égal à mesme soin invite.

Je m’approche de luy, ses playes je visite,

Mais, las ! en m’aprestant à ce piteux dessein, ^

Son beau sang, qui s’émeut, jaillit dessus mon sein; Tombant évanouy, toutes ses playes s’ouvrent.

Et ses yeux comme morts de nuages se couvrent. Gomme avecque mes pleurs je l’eus fait revenir.

Et me voyant sanglante en mes bras le tenir.

Me dit : « Belle Philis, si l’amour n’est un crime.

Ne méprisez le sang qu’espand cette victime.

On dit qu’estant touché de mortelle langueur,

Tout le sang se resserre et se retire au cœur :

Las ! vous estes mon cœur, où, pendant que j’expire. Mon sang brûlé d’amour s’unit et se retire ».

Ainsi de leurs desseins je ne puis plus douter;

Et lors, moy, que l’Amour oncques ne sceut domter,

DIALOGUE

e me sentis vaincue, et glisser en mon âme ! )e ces propos si chauds et si brûlans de flame,

!ln rayon amoureux qui m’enflama si bien j)ue tous mes froids dédains n'y servirent de rien, j'.ors je m’en cours de honte où la fureur m'emporte, rayant que la pensée et l'Amour pour escorte, ît suis comme la biche à qui l'on a percé je flanc, mortellement d’un garot traversé,

)ui fuit dans les forests, et toujours avec elle ^orte sans nulle espoir sa blessure mortelle.

^as ! je vay tout de mesme, et ne m'aperçois pas,

) malheur ! qu'avec moy je porte mon trépas, e porte le tyran qui de poison m'enyvre, ît qui, sans me tuer, en ma mort me fait vivre, deureuse, sans languir si longtemps aux abbois, li j'en puis échapper pour mourir une fois !

GLORIS.

d'une mesme ardeur leur ame est enflamée.

Te plains-tu d'aymer bien, et d'estre bien aymée?

Tu les peux voir tous deux et les favoriser.

PHILIS

Jn cœur se pourroit-il en deux parts diviser ?

CLORIS

Pourquoy non? c'est erreur de la simplesse humaine ; La foy n'est plus au cœur qu'une chimere vaine ;

Tu dois, sans t'arrester à la fidelité.

Te servir des amans comme des fleurs d'esté.

Qui ne plaisent aux yeux qu'estant toutes nouvelles. Nous avons de nature au sein doubles mammelles. Deux oreilles, deux yeux et divers sentimens ; Pourquoy ne pourrions-nous avoir divers amans ? Combien en connoissé-je à qui tout est de mise,

DIALOGUE

Qui changent plus souvent d’amans que de chemise î La grâce, la beauté, la jeunesse et Tamour Pour les femmes ne sont qu’un empire d’un jour. Encor que d’un matin ; car, à qui bien y pense.

Le midy n’est que soin, le sOir que repentance.

Puis donc qu’Amour te fait d’amans provision.

Uses de ta jeunesse et de l’occasion,

Toutes deux, comme ûn trait de qui l’on perd la trace S’envolent, ne laissant qu’un regret en leur place.

Mais si ce procéder encore t’est nouveau,

Ghoisy lequel des deux te semble le plus beau.

PHILIS

Ce remede ne peut à mon mal satisfaire ;

Puis nature et l’Amour me défend de le faire ;

En un choix si douteux s’égare mon désir .

Ils sont tous deux si beaux qu’on n’y peut que choisir. Comment, beaux ! HaV nature, admirable en ouvrages, Ne fit jamais deux yeux ny deux si beaux visages.

Un doux aspect qui semble aux amours convier.

L’un n’a rien qu’en beauté l’autre puisse envier ;

L’un est brun, l’autre blond, et son poil qui se dore En filets blondissans est semblable à l’Aurore,

(Quand toute échevelée, à nos yeux souriant.

Elle émaillé de fleurs les portes d’Orient ;

Ce teint blanc et vermeil où l’Amour rit aux Grâces, Cet œil qui fond des cœurs les rigueurs et les glaces. Qui foudroyé en regards, éblouit la raison,

Et tue, en basilic, d’amoureuse poison ;

Cette bouche si belle et si pleine de charmes.

Où l’Amour prend le miel dont il trempe ses armes ; Ces bdaux traits de discours si doux et si puissans. Dont l’Amour par l’oreille assujettit mes sens.

DIALOGUE

ma foible raison font telle violence, u’ils tiennent mes désirs en égale balance ; ar si de Tun des deux je me veux départir, e ciel, non plus que moy, ne peut y consentir.

^autre, pour estre brun, aux yeux n'a moins de flammes ; seme en regardant du soufre dans les âmes, onne aux cœurs aveuglez la lumière et le jour, s semblent deux soleils en la sphere d'Amour : ar si l'un est pareil à l'Aurore vermeille,

'autre, en son teint plus brun, a la grâce pareille l'astre de Venus qui doucement reluit uand le soleil tombant dans les ondes s'enfuit, a taille haute et droite et d'un juste corsage emble un pin qui s'élève au milieu d'un bocage ; a bouche est de coral, où l'on voit au dedans, ntre un plaisant souris, les perles de ses dents, lui respirent un air embaumé d'une haleine lus douce que l'œillet ny que la marjolaine.

'un brun meslé de sang son visage se peint, a le jour aux yeux et la nuit en son teint, ù l'Amour, flamboyant entre mille estincelles, emble un amas brillant des estoiles plus belles, uand une nuit sereine avec ses bruns flambeaux end le soleil jaloux en ses jours les plus beaux, on poil noir et retors en gros flocons ondoyé, t, crespelu, ressemble une toison de soye.

'est, enfin, comme l'autre, un miracle des deux, ion ame pour les voir vient toute dans mes yeux, t, ravie en l'objet de leurs beautez extremes, e retrouve dans eux et se perd en soi-mesmes. as, ainsi je ne sçay que dire ou que penser, e les aymer tous deux, n'est-ce les ofîencer?

DIALOGUE

Laisser Tun, prendre Tautre, ô Dieux ! est-il possible i Ce seroit, les aymant, un crime irrémissible.

Ils sont tous deux égaux de mérité et de foy.

Las! je n’ayme rien qu’bux, ils n’ayment rien que moy! Tous deux pour me sauver bazardèrent leur vie.

Ils ont mesme dessein, mesme amour, mesme envie.

De quelles passions me senté-je émouvoir!

L’amour, Thonneur, la foy, la pitié, le devoir,

De divers sentimens également me troublent,

Et, me pensant aider, mes angoisses redoublent.

Car si, pour essayer à mes maux quelque paix,

Par fois, oubliant Tun, en Tautre je me plais ;

L’autre tout en colere à mes yeux se présente.

Et, me montrant ses coups, sa chemise sanglante,

Son amour, sa douleur, sa foy, son amitié.

Mon cœur se fend d’amour et s’ouvre à la pitié.

Las ! ainsi combattue en cette étrange guerre.

Il n’est grâce pour moy au ciel ni sur la terre.

Contre ce double effort débile est ma vertu.

De deux vents opposez mon cœur est combatu.

Et reste ma pauvre ame entre deux étouffée,

Misérable dépouille et funeste trophée.

POÉSIES SPIRITUELLES

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