‹ Œuvres complètes de RégnierChapitre 29 sur 134 · Var. : Nostre · texte numérisé non relu

Var. : Nostre

3. On citait plutôt dans le langage proverbial les genets d’Espagne. Mais Regnier veut désigner des petits chevaux comme sont ceux de Sardaigne.

SATYRE VI

Succomber sous le fais que j’ay dessus le cœur.

Or ce n’est point de voir en régné la sottise,

L’avarice et le luxe entre les gens d’église,

La justice à l’ancan, l’innocent oppressé,

Le Conseil corrompu suivre l’interessé.

Les estats pervertis, toute chose se vendre.

Et n’avoir du crédit qu’au prix qu’on peut despendre.

Ny moins, que la valeur n’ait icy plus de lieu,

Que la noblesse courre en poste à l’Hostel Dieu,

Que les jeunes oysifs aux plaisirs s’abandonnent.

Que les femmes du temps soient à qui plus leur donnent, Que l’usure ait trouvé (bien que je n’ay de quoy,

Tant elle a bonnes dents) que mordre dessus moy.

Tout ceci ne me peze et l’esprit ne me trouble.

Que tout s’y pervertisse, il ne m’en chaut d’un double.

Du temps ny de l’estât il ne faut s’afliger :

Selon le vent qui fait l’homme doit naviger.

Mais ce dont je me deuls est bien une autre chose,

Qui fait que l’œil humain jamais ne se repose.

Qu’il s’abandonne en proye aux soucis plus cuisans.

Hal que ne suis-je roy^ pour cent ou six vingtsans!

Par un edict public qui fust irrevocable.

Je bannirois l’honneur, ce monstre abominable Qui nous trouble l’esprit et nous charme si bien.

Que sans luy les humains icy ne voyent rien;

Qui trahit la nature, et qui rend imparfaite Toute chose qu’au goustles delices ont faite.

Or je ne doute point que ces esprits bossus Qui veulent qu’on les croye en droite ligne yssus Des sept sages de Grece, à mes vers ne s’oposent,

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