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Var. : are

SATYRE XI

J’eus une telle horreur que, tant que je vivray Je croiray qu’il n’est rien au monde qui garisse Un homme vicieux comme son propre vice.

Toute chose depuis me fut à contre-cœur;

Bien que d’un cabinet sortist un petit cœur,

Avec son chapperon, sa mine de poupée,

Disant : « J’ay si grand peur de ces hommes d’espée,

Que si je n’eusse veu qu’estiez un financier.

Je me fusse plustost laissé crucifier

Que de mettre le nez où je n’ai rien affaire.

Jean, mon mary. Monsieur, il est apotiquaire.

Sur tout, vive l’amour, et bran pour les sergens !

Ardez, voire, c’est-mon ^ : je me congnois en gens.

Vous estes, je voy bien, grand abbateur de quilles.

Mais au reste honneste homme, et payez bien les filles. Gognoissez-vous?... mais non, je n’ose le nommer.

Ma foy, c’est un brave homme, et bien digne d’aymer.

Il sent tousjours si bon! Mais quoy ! vous l’iriez dire... ».

Cependant, de despit, il semble qu’on me tire Par la queue un matou, qui m’escrit sur les reins.

Des griffes et des dents, mille alibis forains :

Gomme un singe fasché j’en d’y ma patenostre ;

De rage je maugrée et le mien et le vostre.

Et le noble vilain qui m’avoit attrapé.

(( Mais, Monsieur, me dist-elle, avez-vous ^ point soupé? Je vous prie, notez l’heure ; et bien, que vous en semble? Estes-vous pas d’avis que nous couchions ensemble » ? Moy, crotté jusqu’au cul et mouillé jusqu’à l’os.

Qui n’avois dans le lict besoin que de repos,

1. Ardez, voire, &est-mon : exclamations populaires qui se retrouvent dans tous les conteurs du xvi® siècle.

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