‹ Œuvres complètes de RégnierChapitre 84 sur 134 · Ce vers manquait dans Tédition de · texte numérisé non relu

Ce vers manquait dans Tédition de

IMPUISSANCE

De mon amour passée inutile mémoire,

Quand, aymant ardemment et ardemment aymé, Tant plus je combatois, plus j^estois animé : Guerrier infatigable en ce doux exercice,

Par dix ou douze fois je rentrois dans la lice.

Où, vaillant et adroit, après avoir brisé,

Des chevaliers d’amour j’estois le plus prisé ?

Mais de cest accident je fais un mauvais conte,

Si mon honneur passé m’est ores une honte,

Et si le souvenir, trop prompt de m’outrager,

Par le plaisir receu ne me peut soulager.

O ciel ! il falloit bien qu’ensorcelé je fusse.

Ou, trop ardent d’amour, que je ne m’apperceusse Que l’œil d’un envieux ^ nos desseins empeschoit, Et sur mon corps perclus son venin espanchoit! Mais qui pourroit atteindre au point de son mérité, Veu que toute grandeur pour elle est trop petite?

Si par l’égal ce charme a force contre nous.

Autre que Jupiter n’en peut estre jaloux.

Luy seul, comme envieux ^ d’une chose si belle.

Par l’émulation seroit seul digne d’elle.

Hé quoy, là haut au ciel mets-tu les armes bas. Amoureux Jupiter ? Que ne viens-tu ça-bas Jouir d’une beauté sur les autres aymable ?

Assez de tes amours n’a caqueté la fable.

C’est ores que tu dois, en amour vif et pront,

Te mettre encore un coup les armes sur le front. Cacher ta déité dessous un blanc plumage.

Prendre le feint semblant d’un Satyre sauvage. D’un serpent, d’un cocu, et te rependre encor,

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