‹ Œuvres complètes de RégnierChapitre 99 sur 134 · Allusion à la ferme des gabelles · texte numérisé non relu

Allusion à la ferme des gabelles

SATYRES

Que je n’en suis en nulle sorte,

Non plus que du droit annueH :

Je n’aime point le casuel.

J’ay bien un avis d’autre estoffe,

Dont du Luat2 le philosophe Désigne rendre au consulat Le ne.z fait comme un cervelat Si le Conseil ne s’y oppose,

Vous verrez une belle chose.

Mais laissant là tous ces projets.

Je ne manque d’autres sujets.

Pour entretenir mon caprice En un fantastique exercice ;

Je discours des neiges d’antan 3,

Je prens au nid le vent d’autan,

Je pete contre le tonnerre,

Aux papillons je fais la guerre.

Je compose Almanachs nouveaux.

De rien je fais brides à veaux ;

A la Saint-Jean je tends aux grues.

Je plante des pois par les rues.

D’un baston je fais un cheval.

Je voy courir la Seine à val,

1. On appelait droit annuel la redevance que les titulaires d’offices héréditaires devaient payer annuellement pour assurer la transmission desdits oflices à leurs héritiers. S’affranchir de cet impôt, c’était léguer sa charge au domaine.

2. Ange Gappel, sieur du Luat, traducteur de divers traités de Sénèque, était secrétaire du roi Henri III et frère du médecin Guillaume Gappel. Dans ces vers, devenus obscurs, Regnier fait allusion à une taxe imaginée par Du Luat et de laquelle celui-ci aurait grandement profité. L’échevinage, qui je trouvait sans doute atteint par le nouvel impôt, est désigné sous le nom de a consulat ».

Page 1