I |.^ IMPUISSANCE
Ou, trop ardent d*amour,quc je ne m*appcrceusse Que l'œil d'un envieux nos desseins empeschoit. Et sur mon corps perclus son venin espanchoit ! Mais qui pourroit atteindre au point de son mérite Veu que toute grandeur pour elle est trop petite ? . Si par régal ce charme a force contre nous, . Autre que Jupiter n'en peut cstre jaloux.
Luy seul, comme envieux d'une chose si belle. Par l'émulation seroit seul digne d'elle.
Hé quoy, là haut au ciel mets-tu les armes bas. Amoureux Jupiter? Que ne viens-tu ça-bas Jouir d'une beauté sur les autres aymable?
Assez de tes amours n'a caqueté la fable.
C'est ores que tu dois, en amour vif et pront. Te mettre encore un coup les armes î^ur le front. Cacher ta déité dessous un blanc plumage.
Prendre le feint semblant d'un Satyre sauvage. D'un serpent, d'un cocu, et te rependre encor, Alambiqué d'amour, en grosses gouttes d'or ; Et puisque sa faveur, à moy seul octroyée.
Indigne que je suis, fust si mal employée.
Faveur qui de mortel m'eust fait égal aux Dieux, Si le Ciel n'eust esté sur mon bien envieux !
Mais encor tout bouillant en mes fiâmes premières. De quels vœuz redoublez et de quelles prières Iray-je derechef les Dieux sollicitant.
Si d'un bien-fait nouveau j'en attendois autant ; Si mes deffauts passez leurs beautez mescontentent. Et si de leurs bienfaicts je croy qu'ils se repentent ?
Or quand je pense, ô Dieu ! quel bien m'est advenu. Avoir veu dans un lit ses beaux membres à nu, La tenir languissante entre mes bras couchée. De mesme afi^ection la voir estre touchée.
Me baiser haletant d'amour et de désir.
Par ses chatouillemens resveiller le plaisir.