‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 2)Chapitre 126 sur 178 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DE C’A S TB OîtO MIE.

M. de Cassini nous a laissé un excellent traité de l’origine et du progrès de l’astronomie *, que je ne ferai ici qu'abréger.

On ne peut pas duuler que l’astronomie n'ait été inventée dès le commencement du monde. Comme il n'y a rien de plus surprenant que la régularité du mouvement de ces

< Plut, in Moral, pag. 100t.

* Mémoire* de lAcad. des Sciences, tom. VIII.

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grands corps lumineux qui tournent incessamment autour de la terre, il est aisé déjuger qu'une des premières curiosités des hommes • été de considérer leurs cours et d’en observer les périodes. Mais ce ne fut pas seulement la curiosité qui porta les hommes à s’appliquer aux spéculations astronomiques ; on peut dire que la nécessité même les y obligea : car, si l’on n’observe les saisons, qui se distinguent par le mouvement du soleil , il est impossible de réussir dans l’agriculture ; si l’on ne prévoit les temps commodes pour voyager, on ne peut pas taire le commerce ; si l’on ne détermine une fois la grandeur du mois et de l’année, on ne peut ni établir d’ordre certain dans les affaires civiles , ni marquer les jours destinés à l’exercice delà religion. Ainsi l'agriculture, le commerce, la politique, et la religion même, ne pouvant se passer de l'astronomie, il est évident que les hommes ont été obligés de s’appliquer i celle science dès le commencement du monde.

Ce que Plolémée rapporte des observations célestes', sur lesquelles Uipparque réforma l'astronomie il y a près de deux mille ans, fait assez connaître que, dans les plus anciens temps, et même avant le déluge , cette étude était fort en usage. Et il ne faut pas s’étonner que la mémoire des observations astronomiques faites pendant le premier âge du monde ait pu se conserver, même après le déluge , si ce que Josèphc* rapporte est vrai, que les descendants de Selh, pour conserver à la postérité la mémoire des observations célestes qu’ils avaient faites, en gravèrent les principales sur deux colonnes , l'une de pierre , et l’autre de brique ; que celle de pierre résista aux eaux du déluge, et que, de son temps, on en voyait encore des vestiges dans la Syrie.

On convient que l’astronomie fut particulièrement cultivée par les Chaldêens. La hauteur de la tour de Babel , que la vanité des hommes éleva environ cent cinquante ans après le déluge , les plaines unies et étendues de ce pays3,

1 Ptol. Almag. Ilb. 4 , cap. 2.

V J os. Anilq. Ilb. 1.

* « Princlpio Assjrll , propler planlUem magnlluill- « nemque regionum quas inrolebanl, quum cœlum ei « omoi parte païens alque apertum inlucrenlur, irajec- « liones moiusque stcllarum observaverunl QuA in

' des nuits où l’on respirait un air frais après les chaleurs importunes du jour, un horizon libre, un 'ciel pur et serein, tout engageait ces peuples à contempler la vaste étendue des cieux et les mouvements des astres. De la Chaldée l'astronomie passa en Egypte , et bientôt après elle fut portée en Phénicie , où l'on commença . è en appliquer les observations spéculatives aux usages de la navigation , par où les Phéniciens devinrent en peu de temps mailres de la mer et du commerce.

Ce qui les rendait hardis à entreprendre de longs voyages, c’est qu’ils conduisaient leurs vaisseaux par l’observation d’une des étoiles de la petite ourse , qui , étant proche de ce point qui est immobile dans le ciel , et que l’on nomme pôle , est la plus propre de toutes pour servir de guide dans la navigation1. Les autres peuples , moins habiles dans l’astronomie, n’observaient dans leurs voyages de mer que la grande ourse. Mais , comme cette constellation est trop éloignée du pôle pour pouvoir servir à guider sûrement des vaisseaux dans de grands voyages, ils u'osaienl entrer si avant en mer qu’ils perdissent les côtes de vue ; et s’il arrivait qu’un orage les jetât en pleine mer, ou en quelque rade inconnue, il leur était impossible de reconnaître, par l’inspection du ciel , en quel endroit du monde la tempête les avait portés.

Enfin Thaïes *, uyant apporté de Phénicie en Grèce la science des astres, apprit aux Grecs à connaître la constellation de la petite ourse , et è s’en servir pour se conduire dans la navigation. Il leur enseigna aussi la théorie du mouvement du soleil et de la lune , par laquelle il rendit raison de l’augmentation et de la diminution des jours ; il détermina le nombre des jours de l'année solaire , et non-seulement il expliqua la cause des éclipses , mais encore il montra l’art de les prédire , qu’il mit même en pratique , prédisant une éclipse , qui arriva peu de temps après. Le mérite d’un savoir alors si rare le fit passer pour l’oracle de son temps , et lui Gt donner la première place entre les sept sages de la Grèce.

« nalione Chaldci. . diulurnàohservalione sirierum scien- « liant puLintur cffccissc. » (Cic <le IHvin. lib. 1 , n. 2.)

f Aral.

* Diog. Lacrt. lib. 1.

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Il eul pour disciple Anaximaudro à qui Pline el Diogène Laérce attribuent l'invention de la sphère , c'est-à-dire la représenta; lion du globe terrestre , ou, comme dit Strabon , des cartes géographiques *. On dit qu’Anaximandrc dressa aussi à Lacédémone un gnomon , par le moyeu duquel il observa les équinoxes et les solstices , et qu'il détermina l'obliquité de l’écliptique plus exactement que l’on u’avait fait jusqu'alors ; ce qui était nécessaire pour diviser le globe terrestre en cinq zones, et pour distinguer lesclimats, qui ont depuis servi aux géographes à faire connaître la situation de tous les lieux de la terre.

Sur les instructions que les Grecs avaient remues de Tlialès et d’Anaximandre , ils hasardèrent d’aller en pleine mer, et, faisant voiles en divers pays éloignés , ils y fondèrent plusieurs colonies.

L’astronomie fut bientôt récompensée des avantages qu'elle avait procurés à la navigation : car, le commerce ayant ouvert le reste du monde aux savants de la Grèce , ils tirèrent de grandes lumières des conférences qu’ils eurent avec les prêtres d’Egypte , qui faisaient une profession particulière de la science des astres. Ils apprirent aussi beaucoup de choses des philosophes de la secte de Pylhagore en Italie3, qui avaient fait de si grands progrès dans celte science, qu’ils osèrent renverser les sentiments reçus de tout le monde sur l'ordre de la nature, en attribuant le repos perpétuel au soleil, et le mouvement à la terre.

Méton se distingua beaucoup à Athènes par l’application particulière qu’il donna à l'astronomie 1 , et par l’heureux succès dont son travail fut récompensé. 11 était du temps de la guerre du Péloponnèse ; et lorsque les Athéniens équipèrent une flotte pour passer en Sicile , prévoyant que cette expédition aurait de funestes suites , il contrefit le fou , selon quelques-uns , pour’ se dispenser d’y prendre part el de partir avec les autres citoyens. C’est lui qui , pour lécher d'accorder l'année lunaire avec celle du soleil3 , a inventé ce qu'on ap-

> riiu. lib. 7. cap. 96.

1 Stnb. lib. t, psg. 7. — Diog. Laerl. lib. 2.

1 Arisl. de cuel. lib. 2 . cap. 13.

* Pim. in Alcib. pag. 199. in Nie. pag. 532.

s IMod. Sic. lib. 12 , pas. 91.

pelle le nombre d’or , qui est une révolution de dix-neuf ans , au bout desquels on trouvait que les lunes revenaient aux mêmes jours, et que la lune recommençait son cours avec le soleil è une heure près et quelques minutes.

Les Grecs proGtèrent encore du commerce qu’ils eurent avec les druides , qui , entre plusieurs autres choses, dit Jules César, qu'ils apprenaient à la jeunesse ', enseignaient particulièrement ce qui regarde le mouvement des astres, et la grandeur du ciel et de la terre, c’est-à-dire l’astronomie et la géographie.

L’érudition en ce genre est plus ancienne dans les Gaules qu’on ne pense. Strabon ’ nous a conservé la mémoire d'une observation célèbre que Pythéas fit à Marseille, il y a plus de deux mille ans , touchant lu proportion de l'ombre du soleil à la longueur d'un style au temps du solstice. Si l’on savait exactement les circonstances de celle observation , elle servirait à résoudre une question importante . qui est de savoir si l’obliquité de l’écliptique est sujette à quelque changement.

Pythéas ne se contenta pas de faire des observations daus son pays3. La passion qu’il avait pour l’astronomie et pour la géographie lui fit parcourir l’Europe depuis les colonnes d’Hcrcule jusqu’aux bouches du Tanals. Il alla fort avant vers le pôle arctique par l’Océan occidental , et il observa qu’à mesure qu’il avançait les jours s'allongeaient au solstice d'été , de sorte qu’en un certain climat il n’y avait que trois heures de nuit , et plus loin il n’y en avait plus que deux ; qu’enfin à l’ile de Thulé le soleil se levait presque aussitôt qu’il s’était couché , le tropique demeurant entier sur l’horizon de cette Ile ; ce qui arrive en Islande et dans les parties septentrionales de la Norvège, comme les relations modernes nous l’apprennent. Strabon , qui était prévenu que ces climats sont inhabitables, accuse en cela Pythéas de mensonge, et blâme de crédulité Ératosthène et Hipparque , qui , sur le rapport de Pythéas , ont dit la môme chose

* « Milita prstereâ de sideribus atque eorum inolu . de « mundi ac terrarum magnitudlne , de rerum nalurâ... « disputant, et juvenluti transdunt. • (Cæ». de Bell. Gail. lib. 0. )

* Slrab. lib. 2, pag. 115.

i Ibid.

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de l'Ile de Thulé. Mais les relations des navigateurs modernes ayant pleinement justifié Pythéas , on peut lui donner la gloire d'avoir éléle premier qui s'est avancé vers le pèle jusque dans des pays que l'on croyait inhabitables , et qui a distingué les climats par la différente longueur des jours et des nuits.

Environ le temps de Pythéas , les savants de la Grèce , ayant pris goût à l'astronomie, plusieurs grands hommes d’entre oui s'y appliquèrent à l’envi. F.udoxe, après avoir été quelque temps disciple de Platon , ne fut pas satisfait de ce qui s'enseignait sur cette matière dans les écoles d'Athènes. Il alla en Egypte puiser cette science dans sa source, et, ayant obtenu une lettre de recommandation d'Agésilas , roi de Lacédémone , à Nectnnébus, roi d'Egypte, il demeura seiie mois avec les astronomes de ce pays-là pour profiter de leurs conférences. A son retour il composa plusieurs livres d'astronomie, et entre autre» la description des constellations , qu'Aratus mit en vers quelque temps après par l’ordre d’Antigone.

Aristote , contemporain d’Eudoxe , et comme lui disciple de Platon , se servit de l’astronomie pour perfectionner la physique et la géographie1. Il détermina, par les observations des astronomes , la figure et la grandeur de la terre. Il prouva qu'elle était sphéroïde parla rondeur de son ombre, qui parait sur le disque de la lune dans les éclipses, et par l’inégalité des hauteurs méridiennes, qui sont différentes à mesure que l’on s’approche ou que l'on s’éloigne des pèles. Callisthène, qui était à la suite d'Alexandre-le-Grand, ayant eu occasion d'altcr à Babylone, y trouva des observations astronomiques que les Babyloniens avaient faites pendant l’espace de dix— neuf cent trois années, et il les envoya à Aristote.

Après la mort d'Aleiandre , les princes qui lui succédèrent dans le royaume d'Egypte prirent tant de soin d’attirer chez eux par leurs libéralités les plus célèbres astronomes, qu’Alexandric , capitale de leur royaume , devint bientôt, pour ainsi dire, le siège de l’astronomie. Le fameux Conon y fit quantité d’observations , mais qui ne sont point venues jusqu'à nous. Arislylle et Timocharis y obser vèrent la décliuaison des étoiles fixes , dont la

' ArL-l. de Ctrl llb. 2, cap. it.

connaissance est absolument nécessaire pour la géographie et pour la navigation ’. Eratoithéne Gl dans la même ville des observations du soleil , qui lui servirent à mesurer la circonférence de la terre. Hipparque*,qui demeurait aussi à Alexandrie , fut le premier qui jeta les fondements d'une astronomie méthodique*, lorsqu'à l’occasion d’une nouvelle étoile fixe qui paraissait , il fit le dénombrement de ces étoiles , afin que dans les siècles suivants on pût reconnaître s'il en paraissait encore de nouvelles. On comptait alors mille vingt-deux étoiles fixes 4. Non-seulement il fit la description de leur mouvement autour des pôles de l’écliptique, mais il s’appliqua encore à régler la théorie des mouvements du soleil et de la lune.

Les Romains , qui aspiraient à l’empire du monde , prirent soin en divers temps de faire faire des descriptions des principales parties de la terre , ouvrage qui supposait quelque connaissance des astres. Scipion l’Africain le jeune , pendant la guerre de Carthage, donna à Polybe des vaisseaux pour aller reconnaître les côtes d'Afrique, d’Espagne et des Gaules

Pompée entretenait correspondance avec Posidonius5, savant astronome et excellent géographe , qui entreprit de mesurer la circonférence de la terre par les observations célestes faites en divers lieux sous un même méridien , afin de réduire en degrés les distances6, que les Romains n'avaient jusqu'alors mesurées que par stades et par milles.

Pour avoir la différence des climats , on observait alors en divers lieux la différence des longueurs des ombres, principalement au temps des solstices et des équinoxes. On avait dressé pour cet effet des gnomons et des obélisques en diverses parties de la terre7, comme nous l’apprenons de Pline et de Vitruve* qui ont conservé à la postérité plusieurs de ces observations. Les grands obélisques9 étaient en Egypte. Jules-César et Auguste en firent

' Plol. Aimas, llb. T.

* Cleomed. llb. I.

1 Av. J. C. pag. 147.

* Ptol. Altnag. lib. 3-7.

> Clin, lib 7. cap. 30.

* Clrmu. hb. t.

1 IMin. lib. 2. rap. 72. 73, 7t.

* V lirai, lib. 9, cap. I.

transporter quelques-uns à Rome, tant pour y servir d'ornement que pour y donner des mesures exactes de la proportion des ombres *. Auguste fit placer dans le Champ-dc-Marsun des pins grands de ces obélisques , qui avait cent-onic pieds de hauteur sans piédestal. Il y fit faire des fondements aussi profonds que l'obélisque était haut ; et l’obélisque ayant été élevé sur ces fondements , il fit tracer au pied une ligne méridienne ,■ dont les divisions étaient faites avec des lames de cuivre enchâssées dans un aire de pierre , pour montrer ^augmentation desombres ou leur diminution, chaque jour à midi , selon la différence des saisons. El, pour marquer cette différence avec plus de précision , il fit mettre une boule i la pointe de cet obélisque , qui est encore présentement dans le Champ-de-Mars i Rome couché dans les terres, où il traverse les caves des maisons bâties sur ses ruines. Par la comparaison des ombres de cet obélisque avec celles que l'on observait en divers autres endroits de la terre, on avait la connaissance des latitudes , si nécessaires pour la perfection de la géographie.

Cependant Auguste faisait aussi travailler aux descriptions particulières de divers pays *, et principalement à celle de l’Italie , où les distances furent marquées par milles le long des eûtes et sur les grands chemins. Et enfin , sous l'empire de ce prince3, la description générale du monde, à laquelle les Romains avaient travaillé l’espace de deui siècles , fut achevée sur les mémoires d’Agrippa , et fut mise au milieu de Rome dans un grand portique bâti exprès.

L’itinéraire que l'on attribue â l’empereur Antonin peut passer pour l'abrégé de ce grand ouvrage; car cet itinéraire n’est en effet qu’un recueil des distances qui avaient été mesurées dans toute l’étendue de l'empire romain.

Sous le règne de ce sage empereur, l’astronomie commença â prendre une face nouvelle; car Ptolémée , qu’on peut appeler le restaurateur de cette science, profitant des lumières de ceux qui l’avaient précédé, et joignant, à ses observations particulières celles d’Hipparque

■ Plin. Ilb. 30, cap. 10.

• riin. lib. 3. cap. 3.

> Ibid. cap. 3.

de Timocharis et des Babyloniens, fit un corps complet de la science des astres dans un excellent livre intitulé la grande Composition, qui comprend la théorie et les tables du mouvement du soleil , de la lune , des autres planètes et des étoiles fixes. La géographie ne lui est pas moins redevable que l'astronomie , comme on le verra dans la suite.

Les grands ouvrages , n’étant jamais parfaits dès leur commencement , il ne faut pas s'étonner que l’on ait trouvé beaucoup de choses à réformer dans la géographie de Ptolèmée. Plusieurs siècles s’écoulèrent sans que personne y mtt la main. Mais les princes arabes, qui conquirent les pays où Ton faisait une profession particulière de cultiver l'astronomie et la géographie , n’eurent pas plus tût déclaré l'intention qu’ils avaient de perfectionner ces sciences , qu’il se trouva incontinent des personnes capables de contribuer â l’exécution de leur dessein. Almamon , calife de Babylone, ayant alors fait traduire de grec en arabe le livre de Ptolémée , de la grande Compoiition. que les Arabes appelèrent Almagesle , on fit par ses ordres plusieurs observations, par lesquelles on connut que la déclinaison du soleil était plus petite d’un tiers de degré que Ptolémée n’avait enseigné, et que le mouvement des étoiles fixes n’était pas si lent qu'il l’avait cru. On mesura aussi trèsexactement, par l’ordre de ce prince, une grande étendue de pays sous un même méridien , pour déterminer la grandeur d’un degré de la circonférence de la terre.

Ainsi l’astronomie et la géographie se perfectionnèrent peu à peu. Mais l'art de naviguer fit en peu de temps un progrès bien plus considérable par le moyen de la boussole. J'en parlerai dans la suite.

Presque en mémo temps que la boussole commença d’être en usage , l’exemple des califes excita les princes de l’Europe è prendre soin de l'avancement de l’astronomie. L'empereur Frédéric II , ne pouvant souffrir que les chrétiens eussent moins de connaissance de celtte science que les barbares, fit traduire d’arabe en latin I’Almageste de Ptolémée , d’où Jean de Sacrobosco , professeur en l’université de Paris , tira l’ouvrage qu’il fit de la Sphère , sur lequel les plus habiles

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mathématiciens de l’Europe ont fait des commentaires.

En Espagne , Alphonse , roi de Castille 1 , fit une dépense vraiment royale pour assembler de tous côtés ce quil y avait de savants astronomes. Ils travaillèrent par ses ordres à la réformation de l’astronomie , et firent de nouvelles tables , qui de son nom furent appelées alphotuinet. Ils ne réussirent pas la première fois dans l'hypothèse du mouvement des étoiles fixes, qu’ils supposèrent trop lent: mais , dans la suite , Alphonse corrigea leurs tables , qui ont été depuis augmentées et réduites en une forme plus commode par divers astronomes.

Cet ouvrage réveilla la curiosité des savants de l'Europe. Ils inventèrent aussitôt diverses sortes d'instruments pour faciliter l’observation des astres. Ils calculèrent des éphémérides , et firent des tables pour trouver en tout temps la déclinaison des planètes , laquelle , étant jointe à l'observation des hauteurs méridiennes, sert à trouver les latitudes sur la terre et sur la mer. Ils travaillèrent aussi à faciliter le calcul des éclipses, par l’observation desquelles on trouve les longitudes.

Le fruit de ce travail des astronomes fut la découverte de plusieurs pays jusque-là inconnus. J'en parlerai ailleurs.

La France a produit aussi plusieurs hommes illustres , qui ont excellé dans l’astronomie , parce que de temps en temps elle a eu de grands princes qui ont pris soin d'exciter par des récompenses les Français à s’y appliquer. Charles V, surnommé le Sage , fil traduire en français quantité de livres de mathématiques. Il fonda deux chaires de mathématiques dans le collège de maître Gervais à Paris , pour faciliter à ses sujets l’étude de ces sciences. Elles fleurirent principalement dans le siècle suivant par l'établissement que le roi François I fil au collège royal de deux lecteurs pour enseigner dans la ville capitale de son royaume les mathématiques. De celte nouvelle école sortit un nombre considérable de savants , qui enrichirent le public de plusieurs ouvrages d’astronomie et de mathématiques , et qui formèrent d’illustres élèves , dont la réputation effaça presque celle de leurs maitres.

> Calvh. «1 an. 1252.

L’Allemagne et les pays du Nord donnèrent aussi plusieurs excellents astronomes , parmi lesquels Copernic se distingua d’une manière particulière. Mais le fameux Tycho-Brahé l'emporta de beaucoup sur tous les astronomes qui l'avaient précédé. Outre la Théorie et les Tables du soleil et de la lune , et quantité de belles observations qu’il a faites, il a composé avec tant d’exactitude un nouveau catalogue des étoiles fixes , que ce seul ouvrage peut mériter à son auteur le nom que quelques-uns lui ont donné de restaurateur de l'astronomie.

Pendant que Tycho-Brahé observait en Danemarck, plusieurs astronomes célèbres, assemblés à Rome sous l'autorité du pape Grégoire XIII , travaillèrent avec beaucoup de succès à la correction des erreurs qui s’étaient glissées insensiblement dans l'ancien calendrier par la précession des équinoxes et par l'anticipation des nouvelles lunes. Ces erreurs auraient dans la suite entièrement renversé l'ordre établi par les conciles pour la célébration des fêtes mobiles , si l’on n'avait réformé le calendrier suivant les observations modernes des mouvements du soleil et de la lune comparées avec les anciennes.

Dans le siècle passé , et dans celui où noue sommes , on a fait une infinité de nouveles découvertes qui ont mis l’astronomie en uu état incomparablement plus parfait qu’elle n’a été depuis qu'on a commencé à l'enseigner dans l’Europe. Le célèbre Galilée , ayant su profiter de l’invention des lunettes d'approche, a le premier aperçu dans le ciel des choses qui out passé longtemps pour incroyables. On doit mettre M. Descartes au rang de ceux qui ont perfectionné l’aslronomie : car le livre qu’il a composé des principes de la philosophie fait voir qu'il n’a pas moins travaillé sur la science du mouvement des astres que sur les autres parties de la physique : mais il s’est plus attaché à raisonner qu’à observer. M. Gassendi s’est appliqué davantage à la pratique de l’astronomie , et a publié quantité d’observations très-importantes.

On peut regarder à juste titre l’établissement de l’académie royale des Sciences comme le moyen qui a le plus contribué à mettre en honneur et à perfectionner la science

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des astres , par l'émulation incroyable qu'excitc dans une compagnie de savants le désir d'en soutenir la réputation et de se di tinguer soi-même. Le roi Louis XIV, ayant fait bâtir l'Observatoire , dont le dessin , la grandeur et la solidité sont également admirables , l'académie , pour répondre aux intentions que sa majesté avait eues dans la construction de ce superbe édifice , s’appliqua avec un soin incroyable à tout ce qui pouvait contribuer au progrès de l'astronomie. Je n’entrerai point ici dans le détail ni des importantes découvertes qui ont été le fruit de cet établissement , ni des doctes ouvrages qui sont sortis de cette savante compagnie , ni des grands hommes qui lui ont fait et qui lui font encore tant d'honneur. Leurs noms et leur habileté sont connus dans toute l’Europe , qui rend à leur mérite toute la justice qui lui est due.

On a remarqué sans doute , dans tout ce qui a été dit de l’astronomie , le rapport essentiel de cette science avec la géographie et la navigation : et c'est ici le lieu d'en parler. M. Danville, géographe du roi, avec qui je suis en liaison particulière , a bien voulu me faire part de mémoires sur la géographie , qui m'ont été d'une grande utilité.

Ait. I — De la géographie.

81— Géograpues qui ie sort le plus

DIAT1SGCÉS «AS» L'aSTIQCITÉ.

Les conquêtes et le commerce ont fait l’agrandissement de la géographie , et contribuent encore à sa perfection. Homère , en décrivant dans ses poèmes la guerre de Troie et les voyages d'Ulysse , a fait mention d'un grand nombre de peuples et de contrées , et des circonstances d’une infinité de lieux1. Il parait même tant de connaissances de cette espèce dans Homère , que Strabon regardait en quelque sorte ce grand poète comme le premier et le plus ancien des géographes.

On ne saurait douter que la géographie n'ait été cultivée dès les temps les plus reculés ; et, indépendamment des auteurs géographiques qui nous sont restés , on en trouve beau-

• Strab. lib. t, pag. 2.

coup d’autres cités dans les ouvrages que le temps a épargnés. L'art de représenter la terre ou quelque région particulière sur des tables ou cartes géographiques est même fort ancien. Anaximandre, disciple de Thalès', et qui rivait plus de cinq cents ans avant l’ére chrétienne , avait composé des ouvrages de ce genre , comme nous l’avons observé plus haut.

L'expédition d'Alexandre, qui poussa ses conquêtes jusqu’aux frontières de Scylhie et jusque dans l'Inde , ouvrit aux Grecs la connaissance positive de plusieurs contrées fort éloignées de leur pays. Ce conquérant avait à sa suite deux ingénieurs , Diognéte et Bælon * , qui étaient chargés de mesurer ses marches. Pline et Strabon nous ont conservé ces mesures ; et Arrien nous a transmis le détail delà navigation de Néarque et d’Onésicrile , qui ramenèrent la flotte d'Alexandre des bouches du fleuve Indus dans celles du Tigre et de l'Euphrate.

Les Grecs , ayant soumis Tyr et Sidon , furent è portée d'être instruits en détail de tous les lieux où les Phéniciens allaient porter leur commerce maritime, qui s’était étendu jusque dans la mer Atlantique.

Les successeurs d'Alexandre dans l'Orient poussèrent leur domination et leurs connaissances plus avant encore que lui et jusqu'aux bouches du Gange.

Ptolémée Evergète étendit la sienne jusque dansi'Abyssinie^commel'inscripliondu trêne d'Adulis, donnée par Cosmas le solitaire, en fait foi.

Vers le même temps, Eratoslhène, bibliothécaire d’Alexandrie , essaya de mesurer la terre , en comparant la distance entre Alexandrie et Syène, ville située sous le tropique du cancer, avec la différence de latitude de ces lieux qu'il concluait de l'ombre méridienne d'uu gnomon élevé à Alexandrie au solstice d'été.

Les Romains étant devenus les mattres du monde, et réunissant l’Occident avec l'Orient sous un même pouvoir , il n'est pas douteux

* Lacrl. lib. 2.

* PI i n . lib. 6 , cap. 17. — Slrab. lib. 11 , pag. 513. — Arrian. lib. Kec. Indic.

* Voyage par Tbévroot tom. I.

«•«*> cco

que la géographie n'en ait dû lirer un grand avantage. On s'aperçoit aisément que la plupart des ouvrages géographiques les plus complets ont été dressés sous la domination romaine. I.es grands chemins de l’empire, mesurés dans toute son étendue, pouvaient contribuer beaucoup A la perfection de la géographie : et les itinéraires romains, quoiqu'ils soient souvent altérés et peu corrects, sont encore d’un grand secours dans la composition de quelques cartes , et dans les recherches que la connaissance de l'ancienne géographie exige. L'Jlinéraire d'Antonin , comme on l'appelle communément , parce qu’on présume qu'il a été dressé sous cet empereur, est aussi attribué par les savants nu cosmographe Ælhicus. Nous avons encore une espèce de lablt ou mappe oblongue, que l’on nomme I Modo sienne , sur ce que l'on conjecture quelle peut avoir été composée vers le temps de Théodose. On donne aussi à celte table le nom de Peutinger , qui est celui d’un citoyen considérable de la ville d'Augsbourg en Allemagne, dans la bibliothèque duquel elle fut trouvée , et d’où elle fut envoyée au célèbre Ortélius , le premier géographe de son temps.

Quoique la géographie ne soit qu'une fort petite partie de l’Histoire naturelle de Pline, cependant il y descend souvent dans un assez grand détail. Il suit ordinairement le plan que lui fournit Pomponius Mêla, auteur moius circonstancié, mais élégant.

Strabon et Plolèmée tiennent le premier rang entre tous les géographes anciens, et se le disputent entre eux. La géographie a plus d'étendue dans Ptolémée et embrasse une plus grande partie de la terre , et elle parait également circonstanciée partout : mais c'est cette étendue même qui la rend plus suspecte, étant diflicile qu’elle soit partout exacte et correcte. Strabon rapporte une bonne partie de ce qu’il écrit sur le témoignage de ses propres yeux , ayant fait exprès beaucoup de voyages pour s'en assurer par lui-méme : il est fort succinct dans ce qu'il ne sait que sur le rapport des autres. Sa géographie est ornée d'une infinité de discussions et de traits historiques. Il affecte surtout de remarquer sur chaque lieu et chaque pays les grands hommes qui en sont sortis et qui les rendent recom-

mandables. Strabon est philosophe autant que géographe ; et le bon sens , la droiture du jugement , l'exactitude cl la précision , brillent partout dans son ouvrage.

Ptolémée , ayant assujetti tout le détail dn sa géographie à des positions en longitude et en latitude , seule manière de parvenir A quelque chose de fixe et d'assuré , Agalhodamon , son compatriote et Alexandrin comme lui , les a réduites en cartes géographiques.

C’est dans les auteurs dont on vient de parler , comme dans les sources principales , que la connaissance de l'ancienne géographie doit être puisée. Et si l'on y joint la description particulière des principales contrées de la Grèce par Pausanias, et quelques moindres ouvrages , qui consistent principalement en descriptions succinctes des rivages et côtes maritimes , entre autres . celles du Ponl-Euxin par Arricu et de la mer Érylhréenne, de plus, la notice des villes , compilée dans les auteurs grecs par Étienne de Byzance , on aura à peu près tout ce qui nous reste des ouvrages géographiques de l'antiquité.

Il ne faut pas douter que les anciens, que j’ai cités jusqu’ici , n'aient pensé à lirer de l'astronomie le secours qu'elle peut prêter A la géographie. Ils observaient la différence de latitude des lieux par la longueur de l’ombre méridienne au solstice d'été. Ils concluaient aussi cette différence de l'observation de la longueur des plus grands jours dans chaque lieu. On savait bien dans l'antiquité qu'en comparant le temps de l'observation d'une éclipse de lune en des lieux situés sous différents méridiens . il en résultait une connaissance de la différence de longitude entre ces lieux.

Mais , si les anciens avaient l’intelligence de la théorie de ces diverses observations, il faut convenir que les moyens de pratique qu'ils y employaient n'étaient pas capables de les conduire A un certain degré de précision , auquel les modernes ne sont parvenus que par le moyen des grandes lunettes et par la perfection des horloges. On ne saurait s’empêcher de sentir le défaut de précision dans les observations des anciens, quand on considère que I'tolémêe , tout grand cosmographe qu'il était , et quoique Alexandrin . s’est trompé d'environ

un cinquième de degré dans la lalilude de la ville d'Alexandrie 1 , qui a élé observé dans le dernier siècle par ordre du roi, el par les soins de l'Académie royale des Sciences.

Mais quoiqu'il y ail lieu de juger que l'art de dresser des cartes géographiques ne fui pas porté chci les anciens , à beaucoup prés, au degré de perfection où il se trouve de nos jours , et qu'on puisse penser qu'au temps même des Romains l'usage de ces cartes n'était pas aussi commun qu'il l'est à présent , un ancien monument de notre Gaule même nous apprend qu’on y formait les jeunes gens à l'élude de la géographie par l'inspection des cartes. Ce monument est un discours oratoire prononcé & Autun sous l’empire de Constance, et par lequel le rhéteur Eumène nous fait entendre clairement que le portique ou vestibule de l’école publique de cette ville présentait aux jeunes étudiants une image de la disposition de toutes les terres et des mers, avec le détail du cours des fleuves et de la sinuosité des rivages. Videat in illis porticibus juventus et quotidii speclel omnes terras, el cuncta maria , et quicquid inviclissimi principes, urbium , genlium , nationum nul pietate restituant , nul virlute devincunt aut lerrore. Si quidem illic, ut ipse vidisti , credo instruendir puérilité causé , quô manifestais oculis discerentur , quœ difficiliùs percipiunlur audilu , omnium , cum nominibus suis , locorum situ*, spatia, intervalla descripla sunt; quicquid ubique fluminum oritur el conditur ; quàcumque se litlorum sinus /frétant; quo vel ambitu cingit orbem.telimpetu irrumpit Oceanus.

| U. — Ternit» cossue» Ml asciks».

Il n'est pas inutile de savoir quelle partie de la surface de la terre était connue des anciens.

Dans le côté du couchant que nous habitons , l'Océan atlantique, avec les Iles Britanniques, bornait les connaissances des anciens.

Les Iles Fortunées , qu’on nomme aujourd'hui Canaries, leur paraissaient comme au fond de l'Océan entre le midi et le couchant ;

' Inter tel. paoegyr.

et c'est la raison pour laquelle Ptoléméc a compté la longitude , du méridien de ces Iles : en quoi il a été suivi par plusieurs géographes orientaux et mahomêtans, et même par les Françaisel par la plupart des modernes.

Les Grecs avaient quelque légère connaissance de l'Hibernie ', la plus occidentale des Iles Britanniques, avant même que les Romains eussent passé comme conquérants jusque dans la Grande-Bretagne.

L'antiquité n'avait que des notions très-imparfaites des pays du Nord jusqu’à l'Océan hyperboréen ou glacial. Quoique la Scandinavie fût connue , cependant on prenait ce payslà, et quelques autres du même continent , pour de grandes îles.

Il est difficile de décider positivement ce qu'on entendait autrefois par ullima Thule *. Plusieurs la prennent pour l'Islande ; mais Procope paraît en faire une partie du continent de la Scandinavie.

Il est hors de doute que la connaissance que les anciens avaient de la Sarmatie el de In Scythie1 ne s'étendait pas, à beaucoup prés, jusqu’à la mer , qui para» aujourd'hui borner la Russie et la grande Tartarie du côté du nord et de l’orient. Les découvertes des anciens s'arrêtaient aux monts Itiphécs , dont la chatne sépare actuellement la Russie d’Europe d’avec la Sibérie.

On sent même que les anciens étaient médiocrement instruits de ce qui regarde le nord de l'Asie , quand on considère que la plupart de leurs auteurs , comme Strabon , Mêla . Pline , se sont imaginé que la mer Caspienne était un golfe de l’Océan hyperboréen , duquel elle sortait par un long canal.

Si l'on s’avance du côté du levant4 , il semble que les anciens n’ont connu du pays des Chinois que la frontière occidentale. Ptoléméc parait avoir entrevu quelque partie de la côte méridionale de la Chine , mais fort imparfaitement.

Les grandes Iles de l'Asie , surtout celles du Japon , ont été inconnues aux anciens. Il n'en

1 Artet. de Mundo, cap. 3.

* Vlrg. Georg. lib. 1. — Procop. de Bell.

* Golh. lib. 3, cap. 4. — Ibid. lib. 18 cap. 25.

* Strab. lib. 2, pag. 121. — Md. lib. 3. - Plio. lib. fl. cap. 13.

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faut excepter que la célèbre Taprobane , dont la découverte a été une suite de l'expédition d'Alexandre dans les Indes', comme Pline nous l'apprend.

Reste à perler de l'extrémité méridionale de l’Afrique. Quoique plusieurs aient supposé que , dans une longue cl extraordinaire navigation , on avait tourné autour de cette partie du monde , Ptolémée semble pourtant insinuer qu'elle avait échappé A la connaissance des anciens. Personne n'ignore qu’elle est presque entièrement comprise dans la zone torride, que la plupart des anciens croyaient inhabitable aux environs de la ligne équinoxiale ; d’où vient que Slrabon ne s’avance guère dans l'Éthiopie au (lelè de Mèroé.

Cependant Ptolémée , et quelques autres *, ont poussé leurs connaissances le long de la cèle orientale d’Afrique jusqu'au delà de l’équateur, et jusqu'à la grande Ile de Madagascar, qu'ils paraissent désigner sous le nom de Ménuthiat.

Il était réservé aux navigations que les Portugais entreprirent dans le quinzième siècle pour se rendre aux Indes par mer , de découvrir la plus grande partie des côtes de l'Afrique qui bordent la mer Atlantique, et surtout le passage par le midi du cap le plus avancé de l’Afrique. Ce passage ayant été reconnu , diverses nations européennes, guidées par l'espoir d'un riche commerce , ont parcouru la mer des Indes qui baigne les côtes de l’Asie , en ont découvert toutes les îles , et ont pénétré jusqu’au Japon,

Les conquêtes et les établissements des Russes dans la partie septentrionale de l’Asie ont achevé d'agrandir nos connaissances sur cette partie du monde.

Enfin tout le monde sait que , vers la fin du quinzième siècle , un nouveau monde , situé au couchant à l’égard du nôtre , s’est montré au delà de la mer Atlantique , et a été découvert par Christophe Colomb , sous les auspices de la couronne de Castille.

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