ARTICLE I
Cet article comprend l’espace de soixante ans, qui est le temps qu’a duré le règne de Mithridate ; et trois ans par delà , depuis l’an du monde 388o jusqu'à l’an 3913.
gl. — Mithridate. AGÉ DE non* ANS, motte sur lh TiOsE DE PONT. IL IEMFARB DE LA CAPPADOCE El DE LaBITHVNIB.ES AVANT CUASSÉ LES EOl». LES
Romains les eétaelissent. Il fait égorger en CE MÊME JOUE TOUT CE QU'lL V AVAIT DE ROMAINS et D'Italiens dans l'Asie Mineure Première oceeee DES Romains contes Mitukidate, qci s'était bendu MAITRE de l’Asie Mineure et de la
CiEÉCE. ET AVAIT PRIS ATHÈNES. SVLLA EST CHARGE DE CETTE GUERRE. |L ASSIÈGE ET REPREND ATHE- NES. IL GAGNE TROIS GRANDES BATAILLES CONTRE LES GÉNÉRAUX DE MlTHRIDATB. Il ACCORDE LA PAIX A CB PRINCE, LA UOATRIÉME ANNÉE DE LA
guerre. Bibliothèque d'Athènes , Oü se trouvaient les ouvrages d'Aristote. Stlla la paît porter a Rome.
Mithridate , roi de Pont , dont je commence à rapporter l’histoire , et qui s'est rendu célèbre par la guerre qu’il soutint contre les Romains pendant près de trente ans, avait pour surnom Eupaior. Il était d’ une maison qui avait donné une longue suite de rois au royau-
me de Pont. Le premier fut , selon quelques historiens , Artabaie , un des sept princes qui tuèrent les mages, et mirent la couronne de Perse sur la tête de Darius fils d’Hystaspe, qui lui donna pour récompense la souveraineté de Pont; mais, outre qu’entre les sept Perses on ne trouve point d’Artabaze , plusieurs raisons font croire que le prince dont nous parlons était fils de Darius , le même qui est nommé Artabaiane, qui fut le concurrent de Xeriès pour le trône de Perse , et qui fut fait roi de Pont , ou par son père , ou par son frère , pour le consoler de la préférence donnée à Xerxè* sur lui. Sa postérité a joui de ce royaume pendant dii-sept générations. Mithridate Eupator, dont il s’agit ici , était le seizième.
Il n’avait que douze ans quand il commença à régner1. Son père, avant que de mourir, l'avait nommé pour son successeur, et lui avait donné sa mère pour tutrice, qui devait gouverner conjointement avec lui. 11 commença son règne par faire mourir sa mère et son frère*; et la suite ne répondit que trop à ce commencement. On ne sait rien des premières années de son règne , si ce n’est qu’un des généraux romains , qu’il avait corrompu à force d’argent , lui ayant cédé en propre la Phrygie , et lui en ayant fait prendre possession , elle lui fut bientôt après ôtée par les Romains ; ce qui commença à l’indisposer contre eux.
Ariarathe5, roi de Cappadoce, étant mort ,
I An. M. 3880; sv. J. C. IM.
* Mcmnoo. In Excerpt. Pholii , cap. 32. — Appian. in Milhrid. pag. 177 el 178.
» An. M. 3013; sv. J.C. 91. - Justin, lib. 38. cap. 1
Milhridatc , qui l'avait fait assassiner, tua son fils aîné, chassa le second, qui mouruL de chagrin, s'empara de la Cappadoce, et y mit un de scs enfants , encore jeune, à qui il donna le nom d’Ariarathc , sous la tutelle et la régence d'un nommé Gordius. Nicomède , roi de Bithynie , qui appréhenda que cet agrandissement de Milhridatc ne le mit en étal d'engloutir aussi avec le temps son domaine , s’avisa de faire d’un jeune homme, qui lui parut propre à jouer ce personnage, un troisième (ils d’Arinrathc. Il engagea Laodicc, qu’il avait épousée depuis la mort de son premier mari , à le reconnaître, et il l'envoya à Rome pour aider et soutenir par sa présence la demande de ce prétendu fils , qu’elle y avait mené avec elle. La cause ayant été exposée, les deux parties furent condamnées, et l’on lit un décret qui accordait aux Cappadocicns la liberté; mais ils dirent qu’ils ne pouvaient pas se passer d’un roi : le sénat leur permit d’en choisir un tel qu'il leur plairait; ils choisirent Ariobarzane , homme de qualité de leur nation. Sylla , qui sortait de préture , fut chargé de la commission de l'établir sur le trône. Ce fut là le prétexte qu'on prit pour cette expédition ; mais le véritable sujet était de réprimer les entreprises de Milhridatc, dont la puissance, qui prenait tous les jours de nouveaux accroissements , faisait ombrage aux Romains. Sylla exécuta sa commission l’année suivante 1 : et, après avoir défait bon nombre de Cappadocieus , et un plus grand nombre encore d'Arméniens qui étaient venus à leur secours , il chassa Gordius avec le prétendu Ariaruthe , et mit à sa place Ariobarzane.
Pendant que Sylla était campé sur le bord de l’Euphrate , un Parthe , nommé Orobaze , député du roi A rsacc’, arriva dans son camp pour demander de faire alliance et amitié avec les Romains. Sylla, pour le recevoir à son audience , fil mettre dans sa tente trois sièges , un pour Ariobarzane qui était présent, l'autre pour Orobaze, et celui du milieu pour lui. Dans la suite, le roi des Parthes, irrité contre son député de ce qu’il avait souffert cet or-
et 2. — Slrab. lib. 12, pag. MO. — Plut, lu SjlJâ, pag. 453. — Appian. in Mithrid. pag. 176
i An. M. 3014; av. J.C.90.
* Celait MilhrMale II.
gueil romain , le fit mourir. Cesl ici la première fois que les Parthes ont quelque commerce avec les Romains.
Mithridatc n’osa pas s’opposer alors à l'établissement d’Ariobarzane ; mais dissimulant le chagrin que lui donna cette conduite des Romains, il résolut de prendre son temps pour en tirer vengeance. En attendant , il songea à se fortifier par de bonnes alliances , et commença parTigranc, roi d'Arménie ', qui était un prince tres-puissant. L’Arménie avait d’abord appartenu aux Perses, puis était passée sous la domination des Macédoniens ; et enfin, après la mort d'Alexandre, avait fait partie du royaume de Syrie. Sous Antiochus-le-Grand, deux de ses généraux, Artaxiuset Zadriadrès, s'établirent, avec, la permission du prince, dans cette province , dont apparemment ils étaient gouverneurs. Après la défaite d'Antiochus , ils s'attachèrent aux Romains qui les reconnurent pour rois. Ils avaient partagé l’Arménie en deux parties. Tigranc dont il est ici parlé, descendait d’Artaiius ; il s'empara de l'Arménie entière , soumit par les armes plusieurs des pays voisins , et forma ainsi un royaume très-puissant. Mithridatc lui donna en mariage sa fille Cléopâtre , et l’engagea à entrer dans son projet contre les Romains ; jusque-là qu’ils réglèrent que Milhridate aurait pour sa part les villes et le pays dont on ferait la conquête , et Tigrane les personnes avec tous les effets qui se peuvent transporter.
La première entreprise et le premier acte d'hostilité fut que Tigrane dépouilla Ariobarzane de la Cappadoce’, dont les Romains l’avaient mis en possession , et y rétablit Ariarathe, fils de Mithridate. Nicomède, roi de Bilhynie , étant venu à mourir dans ce tempslà , son fils aîné, appelé aussi Nicomède , devait naturellement lui succéder : et en effet il fut déclaré roi ; mais Milhridate suscita contre lui son frère cadet, nommé Socrate, lequel, à main armée, le chassa du trône. Les deux rois dépouillés sé rendirent à Rome pour implorer le secours du sénat , qui résolut leur rétablissement , et envoya Manius Aquilius et
< Slrab. lib. <1, pag. 531. 512.
1 An. M 3S»15;av. I. C. 89. . .3,