I.rs quatre principaux temples de la Grèce
Vilruve' dit qu'il y avait, entre autres, quatre temples chez les Grecs, qui étaient bâtis de marbre , et enrichis de si beaux ornements , qu’ils faisaient l'admiration des plus habiles connaisseurs, et étaient devenus comme la règle et le modèle des bâtiments dans les trois ordres d’architecture. Le premier de ces ouvrages est le temple de Diane à Éphèse. Le second est celui d’Apollon dans la ville de Milet. Ils étaient l'un et l'autre d'ordre ionique. Le troisième est le temple de Gérés cl de Proserpine à Eleusis , qu’Iclinus fit d’ordre dorique , d’une grandeur extraordinaire , capable de contenir trente mille personnes * : car il s’eu trouvait autaut , et souvent plus , à
1 VHruv. iu Præf. lib. 7.
1 llerod lib. 58, cap. 65. — Strab. lib. 8 pag 305.
la célèbre procession de la fête d’Eleusis. D’abord ce temple était sans colonnes au dehors , pour laisser plus de place à l’usage des sacrifices. Mois Philon ensuite , au temps que Démétrius de Phalère commandait à Athènes, y mit des colonnes sur le devant , pour rendre cet édifice plus majestueux. Le quatrième enfin est le temple de Jupiter olympien & Athènes, d’ordre corinthien. Pisistrate l’avait commencé; mais il était demeuré imparfait après sa mort, à cause des troubles qui survinrent dans la république. Plus de trois cents ans après , Antiochus Épiphane, roi de Syrie, se chargea de faire la dépense nécessaire pour achever la nef du temple, qui était fort grande, et pour les colonnes du portique'. Gossutius, citoyen romain , qui s’était rendu célèbre parmi les architectes, fut choisi pour exécuter ce grand ouvrage. Il y acquit beaucoup d’honneur, cet édifice étant estimé tel, qu'il y en avait peu qui en pussent égaler la magnificence. Ce Gossutius fut un des premiers , parmi les Romains, qui bâtit â la manière des Grecs. Il me donnera occasion de parler de quelques édifices de Rome, qui souvent ont eu des Grecs pour architectes , et par cet endroit rentrent en quelque sorte dans mon plan.
Bâtiments célèbres a Rome.
L'art de bâtir a été presque aussitôt connu dans l'Italie que dans la Grèce, s’il est vrai que les Toscans n'eussent pas encore eu de commerce avec les Grecs lorsqu’ils inventèrent la composition d’un ordre particulier, qui s'appelle encore aujourd'hui de leur nom’. Le tombeau que Porsenna, roi d’Élrurie, se fit élever proche du Clusium pendant qu'il vivait, marque la grande connaissance qu'on y avait alors de cet art. Cet édifice était de pierre , et construit 6 peu près de la même manière que le labyrinthe bâti par Dédale dans l’île de Crète , si le tombeau était tel que Varron l’a décrit dans un passage que Pline rapporte.
Le premier Tarquin avait , un peu auparavant , fait faire â Rome des travaux fort con-
» Vilruv. Ib. — Liv. lib. 41 , n.*2Û.
« Piln. lib. 36 , cap. 13.
sidéra blés; car ce fut lai qui le premier environna celle ville d'one muraille de pierre. Il jeta aussi les fondements du temple de Jupiter capitolien , que son petit-fils, Tarquin-le-Superbe, acheva avec beaucoup de dépense, ayant pour cela fait venir les meilleurs ouvriers d’Étrurie. Les citoyens romains ne furent point dispensés de ce travail ; et quoiqu’il fût très-pénible et très-accablant 1 , étant ajouté aux fatigues de la guerre, ils ne s’en trouvèrent point surchargés , tant ils avaient de joie et se croyaient honorés de construire de leurs propres mains les temples de leurs dieux.
Ce même Tarquin-TAncien fit deux autres ouvrages, moins éclatants à la vérité pour le dehors, mois d’un travail et d'une dépense encore plus considérable a, ouvrages , dit Tlte- Uve , auxquels la magnificence de nos jours , portée , ce me semble, an suprême degré , n’a presque pu rien faire d'égal.
Un de ces ouvrages était les décharges et les conduits souterrains , destinés à recevoir toutes les ordures et toutes les immondices de la ville dont les restes donnent encore aujourd’hui de l’admiration et étonnent par la hardiesse de l’entreprise et par la grandeor des dépenses qu’il a fallu faire pour la conduire à sa fin. En effet , de quelle épaisseur et de quelle solidité devaient être ces voûtes, conduites depuis l'extrémité de la ville jusqu'au Tibre, pour avoir pu soutenir pendant tant de siècles , sans s’ébranler le moins du monde , l’énorme poids des grandes rues de Rome, béties dessus, dans lesquelles passaient des voitures sans nombre et d'une charge immense; s.
M. Scaurus, pour orner pendant son édililé la scène d’un théâtre qui ne devait durer qu’un mois tout au plus, avait fait préparer trois cent soixante colonnes de marbre , dont plusieurs
< > Qui quuni haud parlas et ipae mllilia adderelur la- « bor , mlnù* lumen plebs gravabatur , se temple (Mm « exædiûcari manibut aula. a ( Ltv. lib. 1 , n. ta. )
v « Que ( plebi) posthac et ad alia, ut specie minora. Sic « laboria allquandà majoris , Iraducebatur opéra ; foros c io Circo facicndos , cloaeamque maximum receptacue htm omnium purgaroentorum urbis aub terrant ageo- « dam;quibut duobua operibuavlx nova hrc magoifie cenlia qufdquam adaqutrepolult. « ( Ltv. Ibid.)
a Plin. lib. 30, cap. 2.
■raient trente-huit pieds de hauteur '. Quand le temps et le spectacle furent finis, il fit conduire toutes ces colonnes dans sa maison. L'entrepreneur chargé de l’entretien des égouts exigea de cet édile qu’il s'engageât A payer le dommage que le transport de tant de colonnes si pesantes pourrait causer A ces voûtes, qui, depuis Tarquin-f Ancien, c'esl-Adire depuis prés de huit cents ans , étaient toujours demeurées immobiles : et elles soutinrent encore une si violente secousse sans s’ébranler.
Au reste , ces conduits souterrains contribuaient infiniment A la propreté des maisons et des rues , aussi bien qu’A la pureté et A la salubrité de l’air. Les eaux de sept ruisseaux qu’on avait réunies ensemble , et qu’on léchait fréquemment, nettoyaient parfaitement ces fosses souterraines en fort peu de temps, et entraînaient arec elles toutes les immondices dans le Tibre.
De pareils travaux , quoique cachés sous la terre et ensevelis dans les ténèbres , paraîtront sans doute A tout juge équitable plus dignes de louanges que les édifices les plus magnifiques , et que les palais les plus superbes. Ceux-ci conviennent A la majesté des rois , mais ne rehaussent point leur mérite , et . A proprement parler, ne font honneur qu’A l’habileté de l’architecte : au lieu que les autres marquent des princes qui connaissent le vrai prix des choses, qui ne se laissent point éblouir A un vain éclat, qui sont plus occupés de l'utilité publique que de leur propre gloire , et qui cherchent A étendre leurs services et leurs bienfaits jusque dans la postérité la plus reculée ; digne objet de l'ambition d’un prince.
Après que les Tarquins curent été chassés de Rome , le peuple , ayant aboli le gouvernement monarchique , et repris la souveraine autorité , ne songea plus qu’A étendre les bornes de son état. Lorsque dans la suite il eut plus de commerce avec les Grecs , il commença A élever des bAtimcnls plus superbes et plus réguliers ; car ce fut des Grecs que les Romains apprirent l’excellence de l’architecture. Avant cela leurs édifices n'avaient rien de recommandable que leur solidité et leur grandeur. De tous les ordres ils ne connais-
■ Plin. Hb. 38, cap. 2.
«aient que l'ordre toscan Ils ignoraient presque entièrement la sculpture, et n'avaient pas même l'usage du marbre : du moins ne savaient-ils ni le polir, ni en faire des colonnes ou d’autres ouvrages, qui, par leur éclat et l’excellence du travail , fissent paraître de la richesse dans les lieux où ils pouvaient être employés.
Ce n’est , à proprement parler , que vers les derniers temps de la république et sous les empereurs, c’est-à-dire lorsque le luxe fut devenu dominant dans Rome , que l’architecture y parut dans tout son éclat. Quelle foule de bâtiments superbes et d’ouvrages magnifiques qui font encore l’ornement de Rome 1 le Panthéon , les Thermes , l’amphithéâtre nommé le Colisée , les aqueducs , les grands chemins , la colonne de Trajan , celle d’Antonin. Le fameux pont sur le Danube , bâti par l’ordre de Trajan , aurait suffi pour immortaliser son nom. Il avait vingt piles pour porter les arches, épaisses chacune de soixante pieds, hautes de cent cinquante, sans compter les fondements, et à cenl-soixante-dix pieds l’une de l’autre, ce qui fait en tout sept cent quatre-vingt-quinze toises de large. C’était néanmoins l’endroit de tout le pays où le Danube était le plus étroit : mais il y était aussi le plus rapide et le plus profond ; et c’est ce qui paraissait un obstacle insurmontable à l’industrie humaine. Il fut impossible d’y faire des bâtardeaux pour fonder les piles. Au lieu de cela , il fallut jeter dans le lit de la rivière une quantité prodigieuse de divers matériaux , et, par ce moyen, former des manières d’empalements qui s’élevassent jusqu’à la hauteur de l’eau , pour pouvoir ensuite y construire des piles, et tout le reste du bâtiment. Trajan avait (ait ce pont pour s’en servir contre les barbares. Adrien, son successeur, craignit au contraire que les barbares ne s’en servissent contre les Romains, et en fit abattre les arches. Apollodorc de Damas fut l’architecte qui présida à la construction de ce pont : il avait travaillé à beaucoup d’autres ouvrages sous Trajau. Il eut une fin bien triste.
L’empereur Adrien avait fait construire un temple en l’honneur de Rome et de Vénus * ,
» Dioti. lib. 08, pag. 776.
• Dion. lib. 69. pag. 789, 790.
au fond et au haut duquel elles étaient placées, assise chacune sur un trône : on a lieu de croire que lui-même en avait dressé le plan et donné les mesures, parce qu’il se piquait d’exceller en toutes sortes d'arts et de sciences. Après qu’il fut bâti , Adrien en envoya le dessin à Apollodorc. Il se souvenait qu’un jour , s’étant voulu mêler de donner son avis sur quelque édifice dont Trajan entretenait Apollodorc , cet architecte l’avait renvoyé avec mépris comme parlant de choses qu’il n’entendait point. Aussi ce fut pour lui insulter , et lui montrer qu’on pouvait faire quelque chose de grand et de parfait sans lui , qu’il lui envoya le dessin de ce temple, avec ordre exprès de lui en mander son avis : Apollodorc n’était pas né flatteur, et il sentit bien l’insulte qu’on lui voulait faire. Après avoir loué la beauté , la délicatesse , la magnificence du bâtiment , il ajouta que , puisqu'on lui ordonnait de dire sa pensée, il ne pouvait dissimuler qu’il y trouvait un défaut : c’est que , s’il prenait envie aux déesses de se lever , elles courraient risque de se casser la tête , parce que la voûte était trop écrasée et le temple non assez exhaussé. L’empereur sentit dans le moment la faute grossière et irréparable qu’il avait faite, et ne put s’en consoler. L’Architecte en porta la peine; et sa trop grande franchise, qui n'était peut-être pas assez mesurée ni assez respectueuse , lui coûta la vie.
de n’ai point mis au nombre des bâtiments magnifiques de Rome le palais appelé la Maison dorée 1 , que Néron fit élever dans Rome , quoique peut-être on n’ait jamais rien vu du pareil pour l’étendue de l’espace qu’il renfermait, pour la beauté des jardins, pour le nombre et la délicatesse des portiques , pour la somptuosité des édifices, où l'or, les perles, les pierreries, et toutes les autres matières précieuses , brillaient de toutes parts. Je ne crois pas qu’il soit permis de donner le nom de magnificence à un palais bâti des dépouilles et cimenté en quelque sorte du sang des citoyens. Aussi Suétone dit-il que les bâtiments de Néron furent plus ruineux à l’empire que toutes ses autres folies. Non in aliâ re damna sior quàm in œdificando.
» Suctou in »r. cap. 33.
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Cicéron en aurait jugé encore bien plus sévèrement * , lui qui ne rangeait au nombre des dépenses véritablement louables que celles qui avaient pour objet l’utilité publique, comme les murs des villes et des citadelles , les arsenaux, les ports, les aqueducs, les grands chemins , et d'autres pareilles. Il portait la rigidité jusqu’à improuver les théâtres , les portiques et même les nouveaux temples ; et il s'appuyait de l’autorité de Démélrius de Phalère, qui condamnait nettement les dépenses excessives que Périclès avait employées pour de pareils édifices.
Le même Cicéron fait d’excellentes réflexions sur les bâtiments des particuliers * , car certainement , sur cet article comme sur tous les autres, il y a une distinction à faire pour les princes. Il veut que les personnes qui tiennent le premier rang dans un état soient logées honorablement 1 * , et qu’elles soutiennent leur dignité par le batiment qu’elles occupent ; de sorte pourtant que le bâtiment ne fasse pas le principal mérite , et que ce soit le maître qui fasse honneur à la maison , et non la maison au maître. Il recommande aux grands seigneurs qui bâtissent , d’éviter avec soin les dépenses excessives qu’entraîne la magnificence des édifices -. dépenses qui deviennent d’un exemple funeste et contagieux dans une ville, la plupart ne manquant pas et se faisant un mérite d’imiter les grands , et quelquefois même de les surpasser. Ces palais ainsi multipliés font honneur, dit-on , à une ville ; ils la déshonorent plutôt , si l’on en veut juger sainement, parce qu’ils la corrompent , en lui rendant pour toujours le luxe et le faste nécessaires , pour la somptuosité des meubles , et par les autres ornements précieux qu’exige un bâtiment superbe ; outre que souvent ils sont la cause de la ruine des familles.
Caton , dans son livre sur la Vie Rustique , donne un conseil bien sage. Quand il s'agit de
1 Ctc. deOfflc. Ilb. In.ao.
• Cil-, de orne Mb. I. n. ira, lto.
* « Ornanil.1 eM distillas domo , non ex domo dignités « Iota quarenda : ncc domo dominus. sed domioo domus « hônestanda est... Cavendum estotiam, pr*serlim si Ipse « édifices, ne extra modum sumplu et magnificentiâ pro- ■ dcas. Quo ingencrc multùm mali elinmin exempta est:
« sludiosè eniin pleriquc, prarscrlim in hac parte, fada « principum imilantur. »
bâtir1, dit-il, il faut défibérer longtemps (et souvent ne point bâtir) : mais, quand il s'agit de planter, il ne faut point délibérer, mais planter sans délai.
En cas qu’on bâtisse, la prudence demande qu’on prenne de justes précautions’1. « Autre- « fois , dit Vitruve, il y avait- à Éphèse une « loi Irès-sévère, mais très-juste, par laquelle « les architectes qui entreprenaient un ouït vrage public étaient tenus de déclarer ce « qu’il devait coûter, de le faire pour le prix « qu’ils avaient demandé, et d’y obliger tous « leurs biens. Quant l'ouvrage était achevé , <t ils étaient récompensés et honorés publique- « ment, si la dépense élait telle qu’ils avaient « dit. Si elle n'excédait que du quart ce qui « était porté par le marché , le surplus était o fourni des deniers publics. Mais, quand elle « passait le quart, l’excédent était sur le « compte de l’arehitecle. Il serait â souhaiter, « continue Vitruve, que les Romains eussent « un pareil règlement pour leurs bâtiments « tant publics que particuliers : il empêche- « rait la ruine de bien des personnes. »
Celle réflexion est bien sensée , et montre dans Vitruve un caractère bien estimable , et un grand fonds de probité , qui brille en effet dans tout son ouvrage, et ne lui fait pas moins d’honneur que son extrême habileté. Il exerçait sa profession avec un désintéressement et une noblesse bien rares dans ceux qui s’en mêlent3. La réputation*, non l’argent , était son motif. Il avait appris de ses maîtres , ditil , qu’il faut qu'un architecte attende qu'on le prie de prendre la conduite d’un ouvrage, et qu’il ne peut, sans rougir, faire une demande qui le fait paraître intéressé : puisqu'on sait qa'on ne sollicite pas les gens pour leur faire du bien, mais pour en recevoir.
1 « Ædlficare diu cogliare oportet, conscrere cogliare « non oportet, sed facere. »
* Vitruv. praefat. Ilb. 6.
■ Vitruv. Pr*f. lib. 10.
* «Egoaulem, C*sar, non ad pccuniam parandam ex « arte dedi studium , sed potiùs tenuilalem cum boni a famé, qnarn abundanliam cum infamià . equendam pr<v- « bavl. Cætcri architecli rogant et ambiunt, ut a rehit ec- « tentur : mibiautem à prœccptoribus est tradilum , ron gatum non rogaluin oportere suscipcre curam . quôd « ingenuus color movetur pudorc petendo rem sopicio- « sam. Nam bencflciurn dantes, non accipienlc», ambiun- « tur. » (Vituüv. )
Il exige pour cette profession nne étendue de connaissance qui étonne *. il faut, selon lui, que l'architecte soit ingénieux et laborieux tout ensemble ; car l'esprit sans le travail, et le travail sans l'esprit, ne rendirent jamais aucun ouvrier parfait. Il doit donc savoir dessiner, être instruit dans la géométrie , n'étre pas ignorant de l’optique , avoir appris l'arithmétique. savoir beaucoup de l'histoire, avoir bien étudié la philosophie, avoir connaissance de la musique, et quelque teinture de la médecine, de la jurisprudence, et de l'astrologie. Il entre ensuite dans le détail, et montre en quoi chacune de ces connaissances peut aider un architecte.
Quand il vient à la philosophie, outre ce que la physique peut lui fournir de connaissances nécessaires pour son art , il la considère par rapport aux mœurs. « L’étude de la philoso- « phie, dit-il, sert aussi è rendre parfait l'ara chitecte, qui doit avoir l'àme grande et har- « die sans arrogance, équitable et fidèle , et , « ce qui est le plus important , tout à fait « exemple d’avarice; car il est impossible que, « sans fidélité et sans honneur, on puisse ja- « mais rien faire de bien. Il ne doit donc point « être intéressé , et doit moins songer è s’ena richir qu’à acquérir de l'honneur et de la « réputation par l'architecture, ne faisant jaa mais rien d’indigne d'une profession si ho- « norable ; car c'est ce que prescrit la philo— « sophie. »
Vitruve ne s’avise pas de demander , pour un architecte, le talent de la parole, dont même souvent il est à propos de se délier , comme nous le remarque un assez bon mot que Plutarque nous a conservé*. Il s’agissait d'un bâtiment considérable que les Athéniens voulaient faire construire, pour l’exécution duquel deux architectes se présentèrent devant le peuple. L'un , beau parleur , mais peu habile dans son art , charma et éblouit toute l’assemblée par la manière élégante dont il s’exprima eD exposant le plan qu'il se proposait de suivre; l'autre, aussi mauvais orateur qu'il était excellent architecte, se contenta de dire
• Id. Ibid. tib. 1 ,cap. i.
' Plut. In Pr»c. Rclp. ger, pag. 802.
■aux Athéniens; Mestieurt 1 , je ferai comme celui-ci vient de parler.
J'ai cru ne pouvoir mieux terminer cet article qui regarde l'architecture, qu'en donnant quelque idée de l’habileté et des mœurs de celui qui.au jugement de tous les connaisseurs , l’a enseignée et exercée avec le plus de réputation.