‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 2)Chapitre 51 sur 178 · HE · texte numérisé non relu

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et aux accents dont ils ne fissent un usage très- utile.

Ils savaient qu’une bonne ponctuation sert à donner au discours de la clarté, de ia grâce, de l’harmonie, et qu'elle soulage les yeux et l’esprit des lecteurs et des auditeurs, en faisant sentir l’ordre, la suite, la liaison et la distinction des parties ; en rendant la prononciation naturelle, et en lui prescrivant de justes bornes et des repos de différentes sortes, selon que le sens le demande. C’est aux grammairiens qq’on a celte obligation. Les savants qui font usage des anciens manuscrits, où l’on ne trouve ni virgules, ni points , ni alinéa, ni aucune autre distinction, éprouvent de quelle confusion et de quel embarras cette manière vicieuse d’écrire est la cause. Celle partie de la grammaire est presque généralement négligée parmi nous, souvent même parmi les savants; et cependant ce n'est l’élude que d’une demi-heure ou d'une heure.

i'en dis autant des accents. L 'accent est une élévation de voix sur l’une des syllabes du mol. après laquelle la voix vient nécessairement a se rabaisser. L’élévation de la voix s'appelle accent aigu , et le rabaissement accent grave ’ . Mais, parce qu’il y avait en grec et en latin de certaines syllabes longues sur lesquelles on élevait et on rabaissait la voix, ils avaient inventé un troisième accent, qu'ils appelaient circonflexe, qui d’abord s’est fait ainsi * , puis ainsi ~ , et qui les comprenait tous deux.

Les grammairiens ont introduit les accents dans l’écriture (car ils ne sont pas de la première antiquité) , pour distinguer la signification de quelques mots , sans cela équivoques, pour former des cadences plus harmonieuses, pour varier les tons , pour apprendre quand il fallait élever ou baisser la voix.

Nous en avons aussi l’usage parmi nous , mais pour d’autres raisons. L’accent aigu se met sur tous les é fermés: témérité , etc. L’accent grave sur les* fort ouverts suivis d’un s à la fin : procès , etc. L’accent circonflexe sur certaines voyelles longues : dépôt , enfant mâle , etc.

Il y a mille observations pareilles auxquelles nous faisons peu d’attention. Cher les Grecs et pliez les Romains , tous les enfants , dès le

plus bas âge, apprenaient exactement ees règles de grammaire, qui leur devenaient naturelles par un long usage. De lâ vient qu’i Athènes et â Rome la basse populace même s’apercevait si les orateurs ou les acteurs manquaient le moins du monde par rapport â l’accent ou à la quantité , et en était sensiblement choquée.

J e passe un grand nombre de célèbres grammairiens qui , dans la suite , se sont distingués par leur grand savoir.

Joues Pollux , de Naucratis , ville d’Egypte , nous a laissé un Onomasticon , ouvrage fort estimé par beaucoup de savants.il vivait dans le second siècle , sous l'empereur Commode.

. Dans l’intervalle de temps qui s’est écoulé depuis le septième siècle jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet second, en 1453, nous trouvons plusieurs savants grammairiens qui ont beaucoup travaillé à éclaircir les auteurs grecs et à les rendre plus intelligibles. Tels sont entre autres Hesvcyins , auteur d'un excellent dictionnaire , qui est d’un grand usage pour entendre lês poêles ; le grand élymologiste Scidas , qui a composé un grand dictionnaire historique et grammatical où il y a beaucoup d’érudition ; Jean Tzetzès, auteur d’une histoire contenue en treize livres sous le nom de chiliades , et son frère Isaac, commenteur de I.ycophron; Eitstathiî , archetêque de Thcssaionique, auteur des grands Commentaires sur Homère, et plusieurs autres.

Abt. II. — Grammairiens latins

Suétone, dans son livre des Grammairiens illustres, marque qu’aulrefois la grammaire n’était pas même en usage à Rome , bien loin d’y être en honneur , parce que ces anciens Romains se piquaient beaucoup plus d’être belliqueux que d’être savants ; et que Cratès de Mallos , dont il a été parlé auparavant , fut le premier qui introduisit dans Rome l'étude de la grammaire. Ces anciens grammairiens enseignaient en même temps la rhétorique, ou du moins disposaient leurs écoliers par des exercices préliminaires.

Parmi les vingt grammairiens illustres , mentionnés par Suétone , on trouve •

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