TRADUCTION
Ma plume en mille vers combattant pour la grâce» A pour Dieu combattu.
Attaquant ces ingrau pleins de la vaine audace D'une fausse vertu.
J’ai fait voir d'où nos cœurs conçoivent la racine D’un céleste dessein ,
D’où la fol naH dans noos, d’où la vertu divin Germe dans notre sein.
SI donc ton esprit calme, en lisant cet ouvrage ,
N'y cherche que du fruit .
Ces vers te sauveront du funeste naufrage Ou l'erreur nous conduit.
Tu n'élèveras point contre ton rot suprême Ta Gère liberté ,
Et tu ne croiras point mériter par toi-même Les dons de sa bonté.
Mais tu reconnaîtras que tu dois toute chose Au Dieu qui t'es si doux;
Et que notre mérite est l'effet , non la cause De sa grâce dans nous.
SIDOINE AP0LLIHAI1E*
Sidoine Apollinaire (C. Sollius Âpotlinaris Sidonius) naquit à Lyon d'un préfet du prétoire , gendre de l'empereur Avitc.
Nous avons ses poésies en vingt-quatre pièces, imprimées ordinairement avec les neuf livres de ses épîtres. Le siècle où il vivait fait excuser le style dur , l’obscurité , et les fautes de prosodie de ses vers.
Il renonça à la poésie en renonçant au siècle , et il ne fit plus de vers depuis qu’on Peut fait évêque de Clermont en Auvergne , ce qui arriva en l’an VT2.
ATIERVS.
Rufus Festus Avienus vivait sous Théodose l’ancien. Cet auteur a mis en vers latins les Phénomènes d’Aratus, et la Périigise de Denys , c'est-à-dire ta description qu’il avait faite de la terre. Il avait mis aussi tout Tite-Live en vers iambes : travail osseï inutile , et dont ta perte ne doit pas être fort regrettée. Il nous reste de lui des fables , qu’il a prises d’Ésope pour les meitre en vers élégiaques, et qu’il a dédiées à Thêodose, qui n’est autre que Macrobe : eUes sont infiniment éloignées de ta pureté, de ta beauté, et de ta grâce de celles de Phèdre.
noies.
Boèce (ilmeitii Manlius Severinus Boitius) fut consul seul l’an 510.
Ce que ce grand homme a fait de vers est inséré dans ses cinq livres de la consolation ; qu’il composa dans la prison où Théodoric , roi des Goths , l'avait fait mettre : il était son principal ministre d’état. Sa prose n’étant pas fort excellente , semble avoir contribué par ses ombres à relever l’éclat de. sa poésie, qui est remplie de graves sentences et de belles pen-
FOITCNAT.
Fortunat était né dans la marche Trévisane. Il fut fait évêque de Poitiers , et mourut vers le commencement du septième siècle.
C’est un des plus importants d'entre les poètes de l'antiquité chrétienne. Nous avons onie livres de ses poésies diverses, tant en vers lyriques qu’en vers élégiaques , et qnalre de la vie de saint Martin en vers hexamètres. Il faut juger du mérite de ses vers par le siècle où il vivait.