CONDUITE DE TB AA AN DANS L'ARMÉE
r Quid quum solarium fessis militibus, a>gris opem ferres ? Non libi moris tua iuirc tentoria , nisi commilitonum antè lustrasses; nec requiem corpori , nisi post omnes , dare. Ilâc mihi admiratione dignus imperator non videretur, si inter Fabricios , et Scipiones , et Camilios talis esset. Tune enim ilium imitationis ardor, semperque melior aliquis acceuderet. Postquàm verô studium armorum a raanibus ad oculos , ad voluptatcm a labore translation est , quàra magnum est uuum ex omnibus palrio more , patrià virtule lælari, et sine æmulo ac sine exemple secum certare, secum contendere : ac, sicut imperat solus , solura ila esse qui debeat impcrarc 1 >
0 Qui apporta jamais plus d’attention à « consoler les soldats fatigués par de longues
1 A Rome, tes princes étalent magistrats et guerriers, et en faisaient également les fonctions.
<*$£> .145 <ffw»
« marches , à secourir les malades? Et qui « jamais plus religieusement que vous observa « la coutume de ne se retirer dans son qnar- « lier qu’après avoir visité tous les autres , et « de ne prendre de repos qu'après l'avoir asb suré à toute l’armée? Qu'il se trouvât un o tel général au milieu des Fabrices, des «‘ Scipions et des Camilles , je m'en étona nerais moins. Les grands exemples alors b réveilleraient son ardeur , et quelque autre b plus vertueux que lui ne cesserait point b d'allumer dans son âme une noble émulab tion. Mais aujourd’hui que nous n’aimons b plus les combats que dans les spectacles, b et que ce qui était un travail et une fati— a gue chez nos ancêtres , nous ne le connaisa sons plus que comme plaisir et délassement, a qu'il est glorieux d'avoir seul conservé a les mœurs et les vertus de nos pères , de « n'avoir d’autre modèle à se proposer, d'aub tre rival à combattre que soi-même, et, a quand seul on occupe la première place , a d'avoir seul tout ce qui la mérite ! »
b Veniet tempus quo posleri visera , viseadum tradcre rainoribus suis geslient , quis surf ores tuos bauseril campus , quæ refectiones tuas arbores , quæ soranum saxa prætexerint , quorf denique tectum magnus hospes impleveris , ut tune ipsi libi ingentium ducum sacra vestigia iisdem in locis monstrabantur. »
t Dn temps viendra où nos neveux s'ema presseront d'aller voir et de faire voir b è leurs enfants les plaines où vous avex b soutenu de si nobles travaux (à la lettre, a les plaines qui ont été arrosées de vos b sueurs ) , les arbres qui ont prêté leur omb bre à vos repas militaires ; les antres où b vous preniez votre repos , les maisons qui b ont été honorées de la présence d'un si a grand hâte. Enfin , on montrera dans ces b mêmes lieux vos traces avec autant de soin a que vous en avez eu d’y examiner vousa même celles des fameux capitaines que b vous vous plaisiez tant à suivre. »
a Itaque perindè summis àtque infimU carus , sic imperatorem commilitonemque mis-
cueras, ut studinm omnium lahoramqne et tanquàm cxactor inteuderes, et lanqiiàm particcps soeiusque relevâtes. Felicesillos.qiionimfideset industria, non per nuncios et interprètes , sed ab ipso te, nec auribus tuis, sed oculis probantur 1 Conseeuti sunt, ut absens quoque de absentibus notnini magis, quâm tibi , crederes.
b Également chéri des grands cl des petits, a vous avez tellement confondu le soldat avec b le général , qu'en même temps qu’auguste b surveillant vous animiez le travail de vos a soldats . vous soulagiez aussi leurs fatigues a en les partageant avec eux. Heureux ceux a qui vous servent 1 Vous n’en connaissez b point le zèle et la rapacité sur la foi d’aub trui , mais par vous-même . et par ce que .a vous leur avez vu faire. Ils ont le bonheur a que, lorsqu’ils sont absents, vous ne vous b en rapportez à personne tant qu'à vous sur a ce qui les regarde. »
RE70UK RT ENTRÉE DR TR AJ AN DANS LA TILLE DEPUIS OO'IL RUT ÉTÉ BOMBÉ EMPEBRUR.
b Ac primùm qui dies ille , quo exspectatus desideratnsque urbem tuam ingressus est.... Non a* tas quemquam , non valetudo, non sexus retarda rit quominùs oculos insolite spcctaculo expierai. Teparvuli noscere, ostentare juvenes, rairari senes, œgri quoque neglecto medentium imperio ad conspectum tut , tanqùâm ad salutem sanitatemque prorepere. Indè alii se satis vixisse te viso, te rocepto : alii nnne magis vivendumesacprcedicabant. Feminasetiam tune fecunditatis suæ maxima voluptas subiit, quum cernèrent cui principi cives, cui imperatori milites peperissent. Videras referta tecta ac laborantin , ac ne eum quidem vacantem locum , qui non niai suspensum et instabile vestigium caperet : oppletas undique vias, angustumque tramitem relictum tibi : alacrem hinc atque iodé populum : ubique par gaudium , paremque clamorem. »
b Que dirai-je de ce jour où Rome , après b vous avoir si longtemps désiré et attendu , b eut enfin le plaisir de vous recevoir?... .11
« n’y eut personne que son âge , son sexe ou « sa santé pût empêcher de courir à un spec- « tacle si nouveau. Les enfants s'empressaient a de vous connaître , les jeunes gens de vous « montrer , les vieillards de vous admirer; les a malades même, sans égard pour les ordres « de leurs médecins, se traînaient sur votre a passage ; on eût dit qu'ils allaient à la gué- <■ rison et à la santé. Les uns s’écriaient qu’ils « avaient assez vécu puisqu'ils vousavaient vu.
« I.es autres disaient que c’était maintenant « qu’il était doux de vivre. Les femmes se « réjouissaient d’avoir mis au monde des en- « fants , voyant à quel prince elles avaient « donné des citoyens, à quel général elles « avaient donné des soldats. On voyait les « toits plier sous le poids des spectateurs qui « s’y étaient portés; les places même où l’on a ne pouvait se tenir qu'à demi suspendu ,
« étaient occupées. La foule dont les rues a étaient pleines , vous laissait à peine un a sentier étroit pour passer à travers le peuple « rangé en haie : et partout vous trouviez b pareilles joies, pareilles acclamations. »