‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 3)Chapitre 103 sur 125 · CS Athéniens étaient naturellement plus · texte numérisé non relu

CS Athéniens étaient naturellement plus

* Plut Hb. 3. de l.cg.

» .\rlsl. PolU. Ub. 8, |>«g. i

» Xenopb. de rcp. Lacon.

doux et plus agréables'. Il n’y avait rien de plus délicieux à voir que leur ville , où les festins et les jeux étaient perpétuels, où l’esprit , où la liberté et les passions do[>naient tous les jours de nouveaux spectacles. Mais leur conduite inégale déplaisait à leurs alliés, et était encore plus insupportable à leurs sujets. Il fallait essuyer les bizarreries d’un peuple flatté, c’est-à-dire, selon Platon, quelque chose de plus dangereux que celles d'un prince gâté par la fiatlerie.

Ces deux villes ne permettaient point h la Grèce de demeurer en repos. On a vu la guerre du Péloponnèse et les autres toujours causées ou entretenues par les jalousies de Lacédémone et d’Athènes. Mais ces mêmes jalousies qui troublaient la Grèce la soutenaient en quelque façon , et l’empêchaient de tomher dans la dépendance de l'une ou de l'antre de ces républiques.

Ij:s Perses aperçurent hientét cet état de la Grèce. Ainsi tout le secret de leur politique était d’cnlrelenir ces jalousies et de foraenler ces divisions. Lacédémone , qui était la plus amhilieuse, fut la première à les faire entrer dans les querelles des Grecs. Us y entrèrent dans le dessein de se rendre maîtres de toute la nation; el , soigneux d’affaiblir les Grecs les uns par les autres , ils n'atlendaicnt que le moment de les accabler tous ensemble. Déjà les villes de Grèce ne regardaient dans leurs guerres que le roi de Perse *, qu’élles appelaient le grand roi ou le roi par ej-cellence , comme si elles se fussent déjà comptées pour sujettes. Mais il n'élail pas possible que l'ancien esprit de la Grèce ne se réveillai , à la veille de tomber dans la servitude et entre les mains des barbares.

De petits rois grecs entreprirent de s’opposer a ce grand roi cl de ruiner son empire *. Avec une petite armée , mais nourrie dans la discipline que nous avons vue , Agésilas , roi de Lacédémone , fil trembler les Perses dans l’Asie Mineure , et montra qu’on les pouvait abattre. Les seules divisions de la Grèce arrêtèrent ses conquêtes. La fameuse retraite des

* Pial, de Rcp. lib. 8 ^

* lib. 3, dp l.pg. isoertt. Panfigjr. » ^

» Pol)b. lib. 3. .

dix raille Grecs , qui , après la mort du jeune Cjrus, malgré les troupes victorieuses d’Àrlaserxe , traversèrent quelque temps auparavant en corps d’armée tout l'empire des Perses, et retournèrent dans leur pays ; cette action , dis-je , montra à la Grèce , plus que jamais, (qu’elle nourrissait une milice invincible à laquelle tout devait céder, et que ses seules divisions la pouvaient soumettre à un ennemi trop faible pour lui résister quand elle serait unie.

Nous verrons dans la suite comment Philippe, roi de Macédoine, proOtant de cos divisions, vint h bout à la lin , moitié par adresse et moitié par force, de se rendre le plus puissant de la Grèce, et comment il obligea tous les Grecs à marcher sous ses étendards contre l’ennemi commun. Ce qu’il n’avait fait qu’ébaucher, Alexandre son Qls l’acheva, et montra à l’univers étonné cequepeuvent l’habileté et le courage contre les armées les plus nombreuses et l’appareil le plus terrible.

Après CCS réflexions sur le gouvernement des principaux peuples de la Grèce, tant en paix qu'en guerre, et sur leurs différents caractères, il me reste à parler de ce qui regarde la religion.

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