‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 3)Chapitre 18 sur 125 · DOUZE ROI · texte numérisé non relu

DOUZE ROI

Enfin douze des principaux seigneurs’, s’èlanl ligués ensemble, se saisirent du royaume, et le partagèrent entre eux en douze parties. Ils convinrent de gouverner chacun leur dis-

I Herod. lib. S. cap. 143.

« An. M. 3S99: tv. J. C. 705. — AWc. apud SjDCcl. pag. 7t.

a An M. 3319; av. J. C. 685. — Hnrod. Ub.S, cap. 147-153. — Diod. Ilb. 1, pag. 59.

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Irict avec un jKiuvoircl une autorité égale, sans que jamais l'un songeât à rien entreprendre contre l'autre ni à s'emparer de son gouverncmeid. Ils crurent devoir faire ensemble cet accord , et le cimenter par les plus terribles serments, pour éviter l'effet d'un oracle qui avait prédit que celui d'entre eux qui aurait fait des libations à Vulcain dans un vase d'airain deviendrait le maître de l'Égypte. Ils régnèrent ensemble pendant quinze ans dans une grande union ; et, jrour en laisser à la postérité un célèbre monument , ils bâtirent de concert et à frais communs le fameux labyrinthe , qui était un amas de douze grands palais, et qui avait autant de bâtiments sons terre qu'il en paraissait au-dehors. J'en ai fait mention précédemment.

Un Jour que les douze rois assistaient ensemble dans le temple de Vulcain â un sacrifice solennel qui s'y faisait régulièrement dans un certain temps marqué , les prêtres ayant présenté à chacun d'eux une coupe d'or pour faire les libations , il s'en trouva une de manque, et Psammilique, l'un des douze, sans aucun dessein prémédité , au lieu de coupe prit son casque d'airain , car ils en portaient tous, et s'en servit pour faire les libations. Celle circonstance frappa les autres , et leur rappela dans l'esprit le souvenir de l'oracle dont j'ai irarlé. Ils crurent donc se devoir mettre en sdrelé contre ses entreprises , et le reléguèrent dans les pays marécageux de l’Égypte.

Après que Psammilique y cul passé quelques années , allendanl une occasion favorable pour se venger de l’affront qu’il avait refu, un courrier vint lui dire qu'il était arrivé en Égypte des hommes d’airain : c’étaient des soldats de Grèce, Cariens et Ioniens , que la tempête avait jetés sur les côtes d’Égypte , et qui étaient tout couverLs de casques , de cuirasses et d'autres armes d’airain. Psammilique se souvint aussitôt d’un oracle qui lui avait répondu que des liomines d'airain viendraient du côté de la mer â son secours. Il ne douta point que ce n’en fût ici l’accomplissement. Il fit donc amitié avt'c ces étrangers , les engagea par de grandes promesses à demeurer avec lui , leva sous main d'autres troupes , mit à leur tête ces Grecs , et, ayant attaqué les onze rois , il les défit , et demeura seul maître de l’Egypte.

P.s,vmmitioi:e'. Ce prince, qui devait son salut aux Ioniens et aux Cariens , les établit dans l’Égypte , fermée jusqu’alors aux étrangers , cl leur y assigna de bons fonds de terre et des revenus assurés , qui leur firent oublier leur patrie. Il leur donna de jeunes enfants égyptiens à élever, à qui ils apprirent leur langue. A celle occasion cl par ce moyen , les Éigypliens entrèrent en commerce avec les Grecs ; et depuis ce temps aussi l’histoire d'Égypte , jusque-là mêlée de fables pompeuses par l’artifice des prêtres , commence , selon Hérodote , à avoir plus de certitude.

Dès que Psammilique fulaffermi surle trône, il entra en guerre avec le roi d'Assyrie au sujet dos limites des deux empires. Celle guerri! dura long-temps. Depuis que les Assyriens eurent conquis la Syrie , la Palestine , étant le seul pays qui séparât les deux royaumes , devint entre eux un sujet continuel de discorde, comme elle le fut ensuite entre les Ptolémées et les Séleucides. Ce fut à qui des deux faurail, et celle province devint tour à tour le partage du plus fort. Psammilique, se voyant maître paisible de toute l'Égypte et ayant remis toutes choses sur ’ l’ancien pied , crut qu'il était temps de penser aux frontières de son royaume, et de les mettre en sôrelé contre l’Assyrien son voisin , dont la puissance augmentait de jour on jour. Il entra pour cet eflcl à la tête d’une armée en Palestine.

Peut-être faut-il idacer nu commencemenl de cette guerre ce qu’on lit dans Diodore’, que les Éigypliens , indignés de ce que le roi avait placé les Grecs à l'aile droite , par préférence à eux, quittèrent le service au nombre de plus de deux cent mille , et se retirèrent en Éthiopie , où on leur donna un établissement avantageux.

Quoi qu’il en soit ♦ , Psammilique entra en Palestine. Mais il s’y trouva d'abord arrêté à Azol , une des principales villes du pays, qui lui donna tant de peine, que concfulqu'aprcs un siège de vingt-neuf ans qu'il s’on rendit

• .\n. M. 3»» ; nv. J. C. «70. - llerod. Iib.2,cap. 1.73. 15S.

■ CcUc révoiuüon arriva environ sept ans après la cap tivilè de Manassé. roi de Juda.

» Lib. i.pag.61.

* IIcriHi. cap. Ib7.

inatlre. Cest le plus lon^; si^ge dont il soit parlé dans l’hisloire ancienne.

Celle place était anciennement une des cinq villes capitales des Philistins. Les Egyptiens , quelque temps auparavant , s’en étant emparés, la fortifièrent si bien , qu’elle devint la plus forte barrière de leur pays de ce côlé-lù ; en sorte que Sennachérib ne put entrer en Égypte qu’il n’eùl premièrement emporté celle place. C’est ce qu’il fit par Tarthan , l’un de scs généraux. Les Assyriens l'avaient conservée jus(|u’ii ce temps-ci , cl ce ne fut qu’aprés le long siège dont je viens de parler qu’elle revint aux Eigyplicns.

En ce lemps-là les Scythes' , sortis des environs des Palus- .Méolides , s’élanl jetés dans la Médie, défirent Cyaxarc, qui en était roi, et le dépouillèrent de tonte la haute Asie , dont ils demeurèrent maîtres pendant vingt-huit ans. Ils poussèrent leurs conquêtes dans la .Syrie jusqu’aux frontières d’Egypte. Mais Psammitique alla au-devant d’eux , cl fit si bien par ses présents et par ses prières, qu’ils ne passèrent pas plus avant , et délivra ainsi son royaume de ces dangereux ennemis.

Jusqu’à son régne ', les Egyptiens s’étaient toujours crus le plus ancien peuple de la terre.

Il voulut s’en assurer par lui-même, et pour cela il employa une expérience fort extraordinaire , si pourtant ce fait doit paraître digne de foi. Il fil élever à la campagne , dans une cabane fermée , deux enfants nés tout récemment de pauvres parents, cl il chargea un berger de les faire nourrir par des chèvres (d’autres disent que ce furent des nourrices à qui onavailcoupé la langue), avec défense de laisser entrer aucune personne dans celle cabane, ni de prononcer jamais lui-même devant eux aucune parole. Quand ces enfants furent parvenus à l’àgc de deux ans , un jour que le berger entra pour leur donner ce qui était nécessaire, ils s’écrièrent tous deux, en étendant les mains vers leur père nourricier, beccos , btecos. Le berger, surpris de ce langage, nouveau pour lui, cl qu’ils répétèrent dans la suite plusieurs fois , en donna avis au roi, qui se les fit apporter pour être témoin lui-même

* Isai. 20. 1. — HiVr(ht. lib. 1, cap. 105.

V IlSroa. lib. 2. cap. 2. 3.

de la vérité du fait; et ils recommencèrent tous deux en sa présence à bégayer leur petit jargon. Il ne s’agissait plus que de vérifier chez quel peuple ce mol était usité; cl il se trouva que c’était chez les Phrygiens, qui appellent ainsi du pain. Ils eurent depuis ce lemps-là parmi tous les peuples l’honneur de l’anliquité, ou plulùt de la primauté , que rÉgvple ellemême, quelque jalouse qu’elle en eùi toujours été, fut obligée de leur céder, malgré sa longue pos-session. Comme on amenait à ces enfants des chèvres pour les nourrir, et qu’il n’est point marqué qu’ils fns.senl sourds, quelques-uns croient qu’ils avaient pu , d’après le cri de ces animaux , former ce mot bec ou beccos.

Psammitique mourut l’an vingt-quatrième de Josias, roi de Juda. Il eut pour successeur son fils Nêchao.

Néciiao'. L’Écriture fait souvent mention de ce prince sous le nom de Pharaon Néchao.

Il entreprit* de joindre le Nil à la mer Rouge, en tirant un canal de l’un à l’autre. L’espace qui les sépare est au moins de raille stades* c’est-à-dire de cinquante lieues. Après avoir fait périr six vingt mille hommes dans ce travail , il fut obligé de l’abandonner. L’oracle , qu’il avait envoyé consulter, lui répondit que, par ce nouveau canal , il ouvrait une eidrée aux barbares : c’est ainsi que les Égyptiens appelaient tous les autres peuples.

Néchao réussit mieux dans une autre entreprise. D’habiles mariniers de Phénicie ‘ , qu’il avait pris à son service , étant partis de la mer Rouge , avec ordre de découvrir les côtes d’Afrique , en firent heureusement le tour , et retournèrent , la troisième année de leur navigation , en Égypte par le détroit de Gibraltar; voyage fort extraordinaire pour un temps où l’on n’avait pas encore l’usage de la boussole. Ce voyage fut fait vingt et un siècles avant que Yas(]uez de Gama , Portugais , eût trouvé, par la d^ouvcrle du cap de Bonne-Espérance , l’an de notre Seigneur 1497, le même chemin pour aller aux Indes , par lequel ces Phéni-

< An. M. 33S8;ar. J. C. 616.

* llerod. lib. 1, cip. 158.

> Mille stades valent 180 000 roèlred ou 40 Ueues de 85 au dcitré. K. B.

« llerod. lib. 4 , cap. 48.

riens étaient venus des Indes dans la mer Médilermiiée.

Les Babyloniens et les Mèdes ayant détruit Ninive, et avec elle l'empire des Assyriens, devinrent si redoutables, qu'ils s'allirèrent la jalousie de tous leurs voisins. Néchao en fut si alarmé, qu’il s’avanfa vers l'Luphralc à la léle d’une puissante armée pour arrêter leurs progrès. Josias , ce roi de Juda si recommandable par sa rare piété, voyant qu’il prenait son clicmin au travers de la Judée , résolut de s’opposer à son passage. Il amassa dans ce dessein toutes les forces de son royaume , et se posta dans la vallée de Mngeddo. ( Cette ville était dans la tribu de Manassé , cn-deçé du Jourdain; Hérodote l’appelle JUagdole.) Néchao lui manda par un héraut que ce n’était pas à lui qu’il eu voulait ; qu’il avait d’autres ennemis en vue ; qu’il entreprenait celte guerre de la part de Dieu , qui était avec lui ; et qu’il lui cunseillait de n’y prendre aucune part , de peur qu’elle ne tournât à son désavantage. Josias ne fut point touché de ces raisons. Il voyait qu’une si puissante armée ne manquerait pas de ruiner entièrement son pays par ses seules marclies; cl d’ailleurs il craignait qu’après la défaite des Babyloniens le vainqueur ne retombât sur lui, et ne lui enlevât une partie de « ses états. 11 marclia donc à sa rencontre. La bataille se donna ; et Josias , non-seulement fut vaincu , mais reput encore malheureusement une blessure dont il mourut â Jérusalem où il s’était fait transporter.

Néchao, encouragé parcelle victoire , continua sa marelle et s’avança vers l'Euphrate. 11 battit les Babyloniens ; prit Charcamis, grande ville dans ces quartiers-là ; et s’en étant assuré la possession par une bonne garnison qu’il y laissa , il reprit au bout de trois mois le chemin de son royaume.

Comme il apprit en chemin que Joachas* s’était fait déclarer roi de Jérusalem sans lui demander son consentement, il lui ordonna de le venir trouver à Rébla en Syrie. Ce prince n’y fut pas plulét arrivé , que Néchao le Ht mettre aux fers et l’envoya prisonnier en Egypte, où il mourut. De là, poursuivant son

< Jowph. Anliq. Ub. 10, cap. 6. — 4. Reg. S3, St, 30. - 2. Parai. 33 20^25.

• 4. Reg S3 33-33. - t. Parai. 30, 1-4

chemin , il arriva à Jémsolcm, où il établit roi Joakim , un des autres fils de Josias, à la place de son frère , et imposa sur le pays un tribut annuel de cent talents d’argent cl un talent d’or '. Après quoi il retourna triomphant dans son royaume.

Hérodpte', faisant mention de l'expédition de ce roi d’Egypte et de la bataille qu’il gagna h .^lagcddo, à qui il donne le nom de Magdole, dit qu’après la victoire il prit la ville de Cadylis , qu’il représente comme située dans les montagnes de la Palestine , cl de la grandeur de Sardes , qui était en ce lemps-là la capitale, non-seulement de la Lydie, mais encore de toute l’Asie mineure. Celte description ne peut convenir qu’à Jérusalem, qui était ainsi située, et qui alors était la seule ville de ces quartierslà qui pût être comparée à Sardes. Il parait d’ailleurs par l’Ecriture que Néchao, après sa victoire , se rendit maître de celte capitale de Judée; carily était en personne lorsqu’il donna la couronne à Joakim. Le nom même de Cailglis , qui en hébreu signifie la sainte, désigne clairement la ville de Jérusalem comme le prouve le savant M. Prideaux'.

Nabopolassar, roi de Babylone, voyant que , depuis la prise de Charcamis par Néchao, toute la Syrie et la Palestine s’étaient détachées de son obéissance* , son âge d’ailleurs et ses infirmités ne lui permettant pas d’aller en personne réduire ces rebelles , s’associa à l’empire son fils Nabuchodonosor , et l’envoya à la tête d’une armée dans ces quartiers-là. Ce jeune prince* battit celle de Néchao vers l’Euphrate, reprit Charcamis, et fil rentrer dans son obéissance les provinces soulevées , comme Jérémie l’avait prédit. Ainsi il enleva aux Égyptiens ‘ tout ce qu’ils possédaient depuis cequ’on appelait le ruisseau d'Égypte ’’ jusqu’à l’Eu-

■ Cent talents d'argent valent. . 379 000 Cr.

Cn talent d'or 40 000

Total. . 423000 fr. E. B.

> Ub. 2, cap. 139.

> I. Part. Ilv. 1 , pag. 100, etc.

* An. M. 3397 ; av. i. C. 007.

a Jerem. 40 , 2 , etc.

a 4. Reg. 24. 7.

r Ârtvo Ægypli. Ce ruisseau d'Égypte , dont II est al souvent parM dans l'Écriture , comme serrant de borne 4 la terre promise du cOté d'Égypte , n'dlait pas le Nil , mais une peUte rivière qui , coulant au travers du désert qui est

iO

phratc, ce qui comprend toute la Syrie et toute la Palestine.

N(khao ttant mort après avoir règnfc seize ans , laissa son royaume à son fils.

PsAMSiis Son règne fut fort court , et ne dura que six ans. L’histoire ne nous apprend rien de particulier , sinon que ce prince fit une exirèdition en Éthiopie.

Ce fut vers lui que ceux d'Llidc’, après avoir établi les jeux olympiriucs, dont ils avaient ronce rté toutes les règles et toutes les circonstances avec tant d'attention, qu’ils ne croyaient pas qu’on y pùt rien ajouter ni y trouver rien à redire, envoyèrent une célébré ambassade poursavoir ce que penseraient de cet établissement les Égyptiens, qui passaient pour les hommes les plus sages et les plus sensés de tout l’univers. C’était plutôt une approbation qu’un conseil qu’ils venaient clierclicr. Le roi assembla les anciens du pays. Après qu’ils curent entendu tout ce qu’on avait à leur dire sur l’institution de ces jeux, ils demandèrent aux Llèens s’ils y admettaient indilTéremmcnt citoyens et étrangers : et comme on leur eut répondu que l’entrée en était également ouverte b tous , ils ajoutèrent que les règles de la justice auraient été nrieux observées si l’on n’avnit admis i ces combats que les étrangers , parce qu’il était fort difficile que les juges , en adjugeant la victoire et le prix , ne fissent pencher la balance du côté de leurs concitoyens.

Apriès*. II^ appelé dans l’Écriture P/iaraon Éi>hri«, ou Ophra. 11 succéda ù son père Psammis , et régna vingt-cinq ans.

Pendant les premières années de son règne il fut aussi heureux qu’aucun de ses prédécesseurs. Il porta scs armes cont re l’Ilc de Chypre. Il attaqua par terre et par mer la ville de Sidon , la prit , et se rendit maître de toute la Phénicie et do toute la Palestine.

De si prompts succès lui enfièrent extrêmement le cœur. Hérodote rapporte de lui qu’il était devenu si orgueilleux , et tellement in fa-

mire ces deux pays , pasMit anciennement pour leur borne coaunune. C'est jusque-la que s'étendait le pays qui Tut promis à la postérité d'Abrabam . et qui lui fut ensuite divisé par sort. *

* An.M.3tOi;av.J.C.GOO.-IIcrod. Iib.2, cap. IGO.

* llerod. Iib.2, cap. 160.

» An. M. 3M0; av. J. C. 5M. - Jerem, « . 30.

* llerod. lib. 3 , cap. 161 . — DM. Üb. 1 , png. 6â

j tué de sa grandeur, qu’il se vaninit qu’il ii’éj lait pas au pouvoir des dieux mémos de le I détrôner , tant il s’imaginait avoir établi so- ! liJcment sa puissance. C’est par rapport ô I de tels sentiments {)u’Ezèchiel lui met à la I bouche ces paroles pleines d’une vanité folle et i.Tipie : /.« rivière est d moi , c'est moi i/iii l'ai faite Le vrai Dieu lui fit bien sentir dan i la suite qu’il avait un maître , et qu’il ii’élail qir'uu homme ; et il fit prédire par scs prophètes longtemps auparavant, tous les maux dont il avait résolu de punir son orgueil.

l'eu de (craps après qu’Ojihra fut monté sur le trône, Sédécias, roi de Juda* , lui envoya des ambassadeurs, fit alliance avec lui ; et l’ar.néc d'après, rompant le serment de fidélité qu’il avait fait au roi de IJabylone , il sc révolta ouvertement contre lui.

Quelques défenses que Dieu eût faites à son peuple d’avoir recours aux Egyplicns cl de mettre en eux sa confiance , et quelques malheureux succès qu’eussent eus les ditférciiles tcnlativcs rjue les Israélites avaient faites de ce côté-l.'i , l’Egypte leur paraissait toujours une ressource assurée dans leurs dangers, et ils no pouvaient s’empêcher d’y recourir, (’/est ce qui était dèjé arrivé sous le saint roi Elzéchias. Isaïe ' leur disait de la part de Dieu : « Mal- « heur ù ceux qui vont en Égypte chercher du « secours , qui meltcnl leur confiance dans sa « cavalerie cl dans scs chariots, cl qui ne s’ap- « puicnl point sur le Saint d’IsraCl , cl ne « cherchent point l’assistance du Soigneur!... '( L’Égyptien est un homme, cl non point u j « dieu : scs chevaux ne sont que chair et noi « pas esprit. Le Seigneur étendra jsa main , et « celui qui donnait secours sera renversé par « terre ; celui qui espérait d’élrc secouru tom- « bera avec lui , et une mémo ruine les enve- « loppera tous. » Ils u’écoutérent ni le prophète ni le roi, et ne rccoumirent la vérité des paroles de Dieu que par une funeste expérience.

Il en fut de mémo en cette occasion. Sédécias , malgré les remontrances de Jérémie , voulut faire alliance avec l'Égyplien. Celui-ci, fier de l’heureux succès de ses armes , et ne croyant pas que rien pût résister à sa puis-

■ Frecb.29.3 • Ibid. 17. 13.

V Is. cap. 31. T. 1 el 3

sance , se déclara le proleclour d'Israël, el lui promit do le délivrer des mains de Nalmi hodoiiosnr. Dieu, irrité qu'un mortel eél osé prendre sa plate , s'cii e\pli(iua ainsi à un autre prophèle I : n Fils de riionime , tournez le « visage contre Pliaraon, roi d'Égypte, et pro- « pliétiscz tout ee qui doit arriver , à lui et à « l'Égypte. Parlez-lui , et diles-lui ; Yoiti te « que dit le Seigneur notre Dieu : Je viens à U vous , Pharaon , roi d'Égypte , grand drtj- « gon, qui vous eoutlicz nu milieu de vos (leu- « vi?s , el qui dites : Le fleuve est à moi , et « t'est moi-méme qui me suis créé. Je met- « Irai un frein à vos nKlthoircs , etc. » Après l'avoir comparé il un roseau qui se brise sous celui qui s’y appuie , et qui lui perce la main , Dieu ajoute : Je vais faire tomber la guerre « sur vous, et je tuerai parmi vous les hommes « avec les bétes. Le pays d’Kgypte sera réduit « en un désert et en une solitude ; el ils sauront Il que c’est moi qui suis le Seigneur, parce que « vous avez dit ; Le fleuve est à moi , et c'est Il moi qui l’ai fait. Le même prophète continue *, dans plusieurs chapitres de suite , à prédire les mau\ dont l'Fgypte allait être attablée.

Sédécias était bien éloigné d'ajouter foi à tes prédictions. Quand il apprit que l'arniée des Kgyptiens approchait , et qu'il vitNaburhodonosor lever le siège de Jérusalem, il se crut délivré , et triomphait déjà. Sa joie fut tourte. Les Égyptiens , voyant approcher les Chaldéens, n’osérent en venir aux mains avec une armée si nombreuse el si aguerrie. Ils reprirent le chemin de leur pays, et abandonnèrent Sédécias à tous les périls de la guerre où ils l’avaient eux-mémes engagé. Nabuchodonosor revint devant Jérusalem ' , y remit le siège, la prit et la brûla , comme Jérémie l’avait prédit.

l’iusieurs années après ‘ , les châtiments dont Dieu avait menacé Apriés, roi d’Égypte, commencèrent à tomber sur lui , car lestyrénéens , colonie des Grecs qui s’était établie en Afrique , entre la Libye el l'Égypte , ayant pris et partagé entre eux une grande partie du pays des Libyens , forcèrent ces peuples dé-

* Ezech. 2t . 1-12.

• Cap. 29 . .tu . 31 , 32.

• An. M. 3116; av. J. C. .'188. - Jcrein. 3Ï.0. 7.

* .Vil. .VI. 3130;, IV. J. C. r>71. — llcrod. lib. 2. cap. lût , elc, — lliod. lib. 1, pag. 02.

pouillésii se jeter entre les bras de ce prince et à implorer sa protection. Aussitût Apriés envoya une grande armée dans la Libye pour faire la guerre aux Cyrénéens ; mais, cettearmée ayant été défaite el presque toute taillée en pièces, les Égyptiens s’imaginèrent qu’il ne l’avait envoyée dans la Libye que pour l’y faire périr , alin que, quand il en serait défait , il pût régner plus despotiquement sur ses sujets. Dans cette pensée, ils crurent dev oir sc'coner le joug d’un prince qu’ils regardaient comme leur ennemi. Apriés, ayant appris celte révolte, leur envoya Amasis , un de scs officiels , pour les apaiser et pour les lairc rentrer dans leur devoir. Mais, lorsqu’Amasis eut commencé à parler , ils lui mirent sur la tète un casque l)our marque de la royauté , et le proclamèrent roi. Amasis , ayant accepté hi couronne qu’ils lui offrirent, demeura avec eux , et les confirma dans Icurrévollo.

Apriés , il celle nouvelle , encore plus enflammé de colère, envoya l'alarbémis, un autre de scs officiers el l’un des principaux seigneurs de sa cour, |iour arrêter .Amasis el le lui amener. Mais l’alarbémis, ne s’élanl pas trouvé en état d’enlever Amasis nu milieu de cettearmée de révoltés dont il était entouré , fut traité à son tour, par Apriés , de la manière la plus indigne cl la plus cruelle; car ce prince, sans considérer que ce n’était que faute de pouvoir qu’il ii’avail pas exécuté sa commission, lui fil couper le nez et les oreilles. L'n outrage si sanglant fait i i^l^'homme de ce rang , irrita si fort les Kgyptiens, que la plupart allèrent se joindre aux mécontents cl que la révolte devint générale. Ce soulèvement de scs sujets obligea Apriés de se sauver dans lu haute Égypte, où il se maintint pendant quelques années , tandis qu’ Amasis occupa tout le reste de ses étals.

Les troubles qui agitaient l’Égyple furent une occasion favorable à Nabuchodonosor pour l’allaqucr , et ce fut Dieu lui-même qui lui en inspira le dessein. Ce prince , qui , sans le savoir , était l’inslrumcnl de la colère de Dieu contre les peuples qu’il voulait chfllier, venait de prendre la ville de Tyr, où lui el son armée avaient essuyé des fatigues incroyables. Pour les eu récompenser. Dieu leur abandonna l’Égyplc. Il est Ix^au de l’entendre lui- même

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s eipliqncr sur ce sujet : il y a peu d’cndroils dans l' Écriture plus remarquables que celuici , cl qui fassent mieux comprendre la souveraine autorité de Dieu sur tous les princes et sur tous les royaumes de la terre « Fils de « l'homme ( c'est ainsi qu’il parle ou pro- « phèle Ézéchicl ) , Nabucliodonosor , roi de « Babylone , m'a rendu , avec son armée , un « grand service au siège de Tyr. Toutes les « léles de scs gens en ont perdu les cheveux,

« et toutes les épaules en sont écorchées ; et « néanmoins ni lui ni son armée ’ n'ont point « reçu de récompense pour le service qu'ils « m'ont rendu à la prise de Tyr. C’est pour- « quoi ( continue Dieu ) je vais donner h Na- <1 buchodonosor , roi do Babylone , le pays 0 d’Égypte. Il en prendra tout le i)cuplc, il en « fera son butin , et il en partagera les dé- « pouilles. Son armée recevra ainsi sa récom- « pense , et il sera payé du service qu’il m’a a rendu dans le siège de celle ville. Je lui ai « abandonné l'Égypte, parce qu'il a travaillé « pour moi , dit le Seigneur notre Dieu. » Il enlèvera tout , dit-il par un autre prophète , avec la même facilité qu’un berger se couvre de son manteau. H se chargera ainsi de tout le butin, il mettra ainsi sur ses épaules, et sur celles de ses soldaU , toute la dépouille de l’Egypte’. Amineturierra Ægypli , sicut amicilur paslor pallio suo; et egredietur indé in pace : nobles expressions , qui montrent avec quelle facilité toute ta puissance et toutes les richesses d’un état sont enlevées , quand Dieu le veut , et passent comme un manteau à un nouveau maître , qui n’a qu’à te prendre et à s'en couvrir.

I.e roi de Babylone , profilant donc des divisions intestines où la révolte d’Amasis avait jeté ce royaume, marcha de ce côlé-làà la télé de son armée. Il subjugua l’Égyple depuis Migdol ou Magdolc , qui est à l’entrée du

• Eiech.29.ao.

• Pour bien enlendre ce ()**■ esl tlil ici , ii faul savoir que Nabucliodonosor easuya des fatigues incroyables dans le siégé de Tyr, et que, lorsque les Tyriens se vireiil presses, les plus nobles de la ville monlèrenl sur des vaisseaux avec loul ce qu'ils avaient de plus tiredeux , et se retirèrent en d'autres Iles. Ainsi Nabuchodonosor , ayant pris la ville , n'y trouva rien qui fût digne de rèionqienser les grands travaux qu'il avait soufferb dans ce siège, ( 9. IIiero.v.)

V Jereul. V3, 12,

royaume, jusqu’à Syenne, qui est à l'autre extrémité , vers les frontières de l’Éthiopie. Il y fit partout d’horribles ravages , tua un grand nombre d'habitants , et réduisit le pays dans une si grande désolation , qu’il ne put se rétablir de quarante ans. Nabuchodonosor , ayant chargé son armée de dépouilles et soumis tout le royaume, en vint à un accommodement avec Amasis: et , l’ayant confirmé dans la possession du royaume comme son vice-roi , il reprit le chemin de Babylone.

Alors Apriès ‘ , sortant du lieu de sa retraite , s’avança vers les côtes de la mer , apparemment du côté de la Libye ; et y ayant pris à sa solde une armée de Cariens , d'ioniens et d'autres étrangers , il marcha contre Amasis , et lui livra bataille prés de la ville de Memphis. Mais ayant été battu et fait prisonnier , il fut mené à la ville de Sais , et y fut étranglé dans son propre palais.

Dieu avait annoncé par ses prophètes, dans un détail étonnant, toutes les circonstances de ce grand événement. C'était lui qui avait brisé la puissance d’Apriés , d’abord si formidable , et qui avait mis l'épée à la main de Nabuchodonosor pour aller punir et humilier cet orgueilleux *. « Je viens à Pharaon , roi d É- « gypte , dit-il , et j’achèverai de briser son « bras , qui a été fort , mais qui esl rompu ,

« et je lui ferai tomber l’éi)ée de ta main

« Je fortifierai en même temps le bras du roi « de Babylone , et je mettrai mon épée entre

« scs mains Et ils sauront que c est moi

« qui suis le Seigneur. »

11 fait le dénombrement de toutes les villes qui doivent être la proie du vainqueur ’ : Taphnis , Péluse, No , appelée dans la Vulgate Alexandrie, Memphis, llélioporis, Bubasle, etc.

H marque en particulier la fin malheureuse du roi , qui doit être livré à ses ennemis. « Je « vais livrer , dit-il * , Pharaon Éphrée , roi « d’Égypte , entre les mains de ses ennemis , « entre les mains de ceux qui cherchent à lui « ôter la vie. »

Enfin il déclare que pendant quarante ans tes Égyptiens seront accablés de toutes sortes

1 Herod. Ilb. 2. cap. 163 cl 189.- Diotl. lib. 1 , pag. 02.

» Ezecb. 30. 22-25.

* Ibid. V. 1V!7.

* Jereiii. lié 30.

(le maux , et réduits à un état si déplorable , (ju’ils n’nuronl plus à l’avenir aucun prince de leur nation ‘ : El dux 4e lcrrà Æyypti non erit ampliùs. L’événement a justifié celle prédiction , qui a été accomplie par degrés et en différents temps. Peu de lem|)s après l’expiration de CCS quarante ann<' (‘S , ils devinrent une province dos Perses, auxijiKîls leurs rois, (juoique originaires du pays , étaient soumis; cl la prédiction commença ainsi é s’accomplir. Llle eut son entière exécution à la mortde Neclaniv Ims, dernier roi de race égyptienne *. Depuis ce lemps-là,lcs Égyptiens ont toujours été gouvernés par des étrangers : car , après l’extinction du royaume des Perses , ils ont été successivement assujettis aux Macédoniens, aux Romains, aux Sarrasins, aux Mamelucs , et enfin aux 'furcs , qui en sont aujourd’hui les mailres.

Dieu ne fut pas moins fidèle à accomplir scs prédictions à l’égard de ceux de son peuple qui, apn’^s la prise de Jérusalem® , s’étaient retirés en Égypte contre sa défense , cl qui y avaient entraîné Jérémie malgré lui. Dès qu'ils y furent entrés, et qu’ils furent arrivés à 'J'apliuis (c’est la même que 'fanis ), le prophète, opn>s avoir caché en leur présence , par l’ordre de Dieu, des pierres dans une grotte qui était près du jialais du roi , leur déclara que Nabuchodonosor (Milrerait bienlél en Égypte, et que Dieu établirait son trône dans cet eudroil-là même; que ce prince ravagerait tout le pays , et porterait partout le fer et le feu ; qu’eux-mémes tomberaient entre les mains de ces cruels ennemis, (|ui en massacreraient une partie, cl traîneraient le reste captif à Babylone ; qu’un très-petit nombre seulement échapperait à la désolation commune , et serait enfin rétabli dans sa patrie. Toutes ces prédictions eurent Jour accomplissement dans les temps marqués.

Axiasis*. Après la mort d’Apriés, Amasis devint possesseur paisible de toute l’Égypte , dont il occupa le trône pendant quarante ans. Il était , selon IMalou ® , de la ville de Saïs.

Comme il était de bosse naissance , les peuples , dans le commencement de son règne ,

• Ezccl>. 30 , 13.

• An. M. 3«5'«.

® Jrrrm. rnp. 13 cl 1î.

. * An. M. a\. J. C. .">33.

• li: rin'-.Tn.

en faisaient peu de cas , et n’avaient que du mépris pour lui ‘. H n’y fut pas insensible , mais il crut devoir ménager les esprits avec adresse , et les rappeler à leur devoir par la douceur et par la raison. Il avait une cuvette d’or , où lui (il tous ceux qui mangeaient à sa table se lavaient les pieds, il la fil fondre, et en fil faire une statue , qu’il exposa à la vénération publique. Les peuples accoururent en foule , et rendirent à la nouvelle statue toutes sortes d'hommages. Le roi , les ayant assemblés , leur exposa ù quel vil usage celte statue avait d’abord servi ; ce qui ne les empêchait pas de se prosterner devant elle par un culte religieux. L’application de celle parabole était aisée ù faire : elle eut tout le succès qu’il en pouvait attendre; et les peuples, depuis ce jour , eurent pour lui tout le respect qui est dù à la majesté royale.

11 donnait régulièrement tout le malin aux affaires pour recevoir les placels, donner ses audiences, prononcer des jugements, cl tenir ses conseils : le reste du temps était accordé au plaisir; et comme , dans les repas et dans les conversations , il était d’une humeur ex- Iréinenient enjouée , et qu’il poussait, ce semble, la gaîté au delà des justes bornes, les courtisans ayant pris la liberté de le lui représenlcîr il leur répondit que l'esprit ne pouvait pas être toujours silîrieux cl appliqué aux affaires, non plus qu’un arc demeurer toujours tendu.

Ce fut lui qui obligea les parliailiers , dans chaque ville, d’inscrire leurs noms chez le magistrat , et de marquer de quelle profession ou de quel métier ils vivaient. Solon Inséra celle loi dans les siennes.

Il bâtit plusieurs temples magnifiques, principalement à Saïs, qui était le lieu de sa naissance. Hérodote y admirait surtout une chapelle faite d’une seule pierre, qui avait au dehors vingt et une coudées de longueur sur quatorze de largeur et huit de hauteur, et un peu moins en dedans. On l’avait apportée d’Éiéphanline ; et deux mille hommes avaient été occupés pendant trois ans à la voiturer sur le Nil.

Amasis considérait fort les Grecs. 11 leur accorda de grands privilèges , et permit à ceux

• licrüii. lib. 2, cap. 172.

* Ibiil. (••'ip. 173.

qui voudraient s'établir en Egypte d'habiter dans la ville de Naucratis, très-renommée pour son port. Lorsqu’il s’agit de rebâtir le fameux temple de Delphes qui avait été brûlé , réparation qui devait monter à trois cents talents , c’est-à-dire à trois cent mille écus \ il fournit à ceux de Delphes une somme fort considérable pour les aider à payer leur quote-part, qui était le quart de toute la dépense.

Il fit alliance avec les Cyrénéens, et prît chez eux une femme.

Il est le seul des rois égy|)tiens qui ail conquis rile de Chypre, et qni l’ait rendue tributaire.

Ce fut sous son règne que Pythngore vint en Égypte : il lui était recommandé par le célèbre Polycrate , tyran de Samos , dont il sera parlé ailleurs , et qui était lié d’amitié avec Amasis. Dans le séjour que ce philosophe tit en Égypte , il fut initié dans tous les mysténîs du pays , et apprit des prêtres tout ce qu’il y avait de plus secret et de plus important dans leur religion. C’est là qu’il puisa sa doctrine de la métempsycose.

Dans l’expédition où Cyrus s’était rendu maître d’une grande partie de la terre , l’Égypte siuis doute avait subi le joug comme toutes les autres provinces, et Xénophon le dit foriçellement au commencement de la Cyropédie.

Apparemment qu’après que les quarante an-

* S'il s'agit du grand talent alliquc , 3.X) laicnls valent tjiSOüOfr.

nées de désolation prédites parle prophète furent expirées , l’Égypte commençant un peu à se rétablir, Amasis secoua le joug et se remit en liberté.

Aussi voyons-nous qu’un des premiers soins de Cambyse, fils de Cyrus, dés (lu’il fut monté sur le trône , fut de porter la guerre contre l’Égypte. Quand il y arriva , Amasis venait de mourir , et avait eu pour successeur son fils Psamménil.

PsAMMKNiT ’. Cambyse , après le gain d’une bataille , poursuivit les vaincus jusque dans Memphis , assiégea la place , et la prit en fort peu de temps. Il traita le roi avec douceur , lui laissa la vie , et lui assigna un entretien honorable ; mais, ayant appris qu’il preiait des mesures secrétes pour remonter sur le trône , il le fil mourir. Le régne de Psamménit ne fut que de six mois. Alors toute l’Égypte se soumit au vainqueur. Je rapporterai plus en détail cette histoire lorsque j’exposerai celle de Cambyse.

Ici finit la suite des rois d’Égypte. L’histoire de ce pays , comme je l’ai déjà remarqué, sera confondue avec celle des Perses et des Grecs jusqu'à la mort d’Alexandre. Alors s’élèvera une nouvelle monarchie d’Egypte, fondée par Plolémée , fils de Lagus , qui sera continuée jusqu’à Cléopâtre; et ce dernier espace sera envirolWe trois cents ans. Je traiterai chacune de ces matières dans son temps.

« An. M. 3î79;av.J. C. 525.

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