L’HISTOIRE DES ÉGYPTIENS
Dqniis b pulilicAtion de rilistoirc de nolliii, des doniments d'un inlérél si réel cl si général oui paru sur Pélal des scienres , des arts , de l’induslric cl du roinmcrcc chez quelques peuples de raiiliquitéf nolammcnt chez les peuples qui appartinrent à rOrient et à r.\fri<pie , qu’il est difficile de rappeler aujourd'hui leurs annaie.s, SiUis y joindre Paper ;ii des éludes et des decouvertes nouvelles.
Ces travaux intéressent suilnnl l'I-lg^ ptc ; ils sont même si nombreux et si compleU, ipie Ton peut affirmer que, de nos jours, ce curieux et magnifique pays est beaucoup plus connu par les étrangers, qu'il ne l'a etc à auiimc autre époque de son histoire.
En effet , som les Pharaons , c'était la ca.sle des prêtres qui, étant à la fois pouvoir religieux , pouvoir |K)litique et corps savant , inconséquent fort jaloux de ses iimnenses privilèges, s'étudiait à faire un mystère de ses moyens d'inniienrc.
Sous la doniinalion des Grecs et des Romains ( car je ne parle pas de celle des Perses, qui ne fut qu'une domination passagère et tyranni(|uei, Icsacei'docc , bien qu'il eût perdu de sa prc|>oiid«‘rance , consma i c|»eiidaiit assez d'influciicc et d’esprit de corps pour ne pas vouloir admettre les étrangei'sà la connaissance de scs rites et de son écriture sacrée. 11 évitait aussi de leurcommiiniqtKT aucun des documents bis. toriques soigneusement rcciu-illlsdans Icjiarclûvesde l'etat et dont il était le dépositaire .C'est ce ipi'on reconnaît facilement aux cuntradiclioas si saillantes d'Hérodote et rie Üiodore de Sicile , qui écrivirent leur bUloire, comme ils ledisent ciix-méines, rrapitsies récits des prêtres. Ceux-ci cepeiidaiil, s'ils reus.seiil voulu,
pouvaient, mieux que personne, le.s bien in.stniirc sur tout ce qui intéressait leur pays ; puisque Manétiion , l'un d’eux , réduisit en corjis d'histoire les dornmciUs nombreux qu'ils possédaient , histoire malheureusement perdue , mais dont Josèphe cl (îeorge le Ceyccllc nous ont consen é de précieux extraits.
Sous la domination des Turcs , ce fut leur mépris pour le culte d'Osiris qui leur fil défendre l'aborri rie tous les temples qui n’élaienl pas des mosrpiées : et celte rléfense vit commencer leur ruine. Il suffisait même de quelque marque d’intérét, en faveur de ces belles productions d'une civilisation qu'ils ne comprenaient pas , pour que ces barbares vainqueurs en voulussent loutanssitftt opérer la dévastation. Aiis.si, vit-on plu-s d'une fois l’Eumpéen, se cachant soiisPhabit du pèlerin allant à la Mecque , ou du marchanrl suivant une caravane, ne visiter qu'à la dérobée et à travers mille périls les merveilles des Pharaons.
On roneoil dt‘s lofs comment les historiens et les voyageurs ne nous ont, pendant si longtemps, donné que bien peu de chose sur l'histoire générale de l’Égypte , et rien ou à peu près rien sur ce qui avait trait aux sciences, aux arts , à l'industrie et au commerce.
Ce n'a été qu’à la fin du dix-hiiiliéme siècle qu'une nouvelle conquête de ce pays , mais conquête celte, fois généreuse et civilisatrice, est venue, nu nom de la France, briser U*s vieilles barrières qu'avaient tour A tour impow'es, aux rccherchi s des savants et aux désirs curieux et enthousiastes de l'artiste, les vues étroites des uns et Tardent fanaslisme des antres. La science et les arts accompagnaient ici la force. Et si , de celle nouvelle et noble alliance , il n'est pas
resté uii de <*cs avanUi^ts pos.lirs «lue la froide poliii«]ue des iialious nircgislrc bien vile , nous avons du moins hérité d*un momiincnt sdciililiquf , que notre siècle et i>rohal>Ioiiieiit les sUiles (|iii le suivront > aimeront à placer au rang des plus helhs productions de Tespril humain ' ; c*esl ce livre que chaetin luimine et que lous devraient eoiinallre, cesontquelqiK‘s autres livres enrorc venus â sa suite et faits à son exemple» qui vont ici me servir de guide.
f:TAT DES SCIEXCES CHEZ LES ÉGVPTIETfS.
Lv eoimaissauee de plusieui-s sciences » cl au premier rang, celle des sciences exactes, dut être poussée très-loin riiez les tgv ptieiis. Si nous avons perdu U-iirs livres » ih‘s preuves matérielles , (pti valent itieii les témoignages écrits , sont là pour parler on Ilui' faveur, ^ous avons en effet leurs zodiaques» i ('111*8 tahk's astronomiques , leur sysUine métri()ue , leui*si‘adraiis» leurs nilumètres, et surtout leui*s pyramides, si bien orientè(*s, qu'on croirait que le travail inatliemalique qui tient à celte savante operation , appartient à une ep0(|uc toute modei ne.
(^luehpies ccrivaias avaient pensé pouvoir nlü ilnier aux Égyptiens h! mérité de l'invetition des cartes geograp!iM|iies ; mais il restait cependant quehpies doutes ; les nouvelles et savantes recliereliesde M. Jomard me i>araiss'iieiit avoir complètement décide la qni'stioii eu leur faveur.
Les lois de la inécaincpie et leur apidit alion aux arts nombreux coiitius eu Égypte , ne piucnt être ignorées sur h's bords du Ml. (^hielque nombreux ipie fusst'iit les bras <|u'uue population compacte permettait d'employer aux lra\aux publics » il (*st des iffoils qu'ils. eus.<ei:l vainemeiit tentés, si lanieeauique» (jui eu legiilarLse et eu multiplie si lieiireusemonl la puissame» ne fût venue à leur aide. 11 est vrai que l'on a dit ipie les Égypliens se servaient du p!an Sans doute » ils pouvaient l'employer
dans certaines uccasious ; par exemple , pour elevei* et placer les pierres cnoniies qui formaient K- plafond des lûpies, ou bien <|tii rei'ouvraieiit les teiiqiles ; mais ne fallait-il pas une uuUe force «jne eelle-là pourdre.sscr leurs obélisques, a.'seoir leurs ( olo-sses, detaeber , remuer , retourner lesbiors dont ou faisait ei*s divers luoniimenls Menu' avec une notion Irésf.iible dn travail des ai ls et de riudu'*trie » on doit pai faiteinenl sentir et comprendre ees choses.
Du eaUul des espaces et de la multiplication des foives à ramd\>»e des corps et à la cuuiutis<aiice de leurs propriétés divei*M's» il n'y avait ({u'uti pas â faire ^ et il dut néees^ail eutent etre fait j ce ne [>iit j
* Itcscrlplion de l’Égypte , rccurll des obterv allons cl • de» lei'liercbes Cdles en Égyplc |K'ndjnt i’ci|K'üilion de j l'armée française. I
être (|iuî par des apprêt iations rigmn euscs des iiarlies élêmentain'S cl par des manipulations savaiilis, que les Égyptiens aiTivèreiil â roinposer ces couleurs admirables, dont nous voyons encore les restes brillant d'éclat et de vie dans les temples et les liy|)ogées. Je ferai notamment remarquer que le bleu , k longe et leblanc, <pii sont les eouleui*squerinüiistric moderne a le plus de peine avoir réussir et surtoul se maintenir, ne laissHvient rien à désirer chez )» Égyptiens.
Sur les poteries , ou trouve encore la trace des oxydes (pii servaient à leur donner la couleur ; les acides et divers sels eiitraieut aussi dans l'art de teindre les étoffés » art <|ue les Égyptiens et les Ty- I ieus exécutaient avec, une rare perfection.
Parmi h's savants » cVst-â-dire , iwnni les prélr« de l'Égypte ipii se livraient le pbts aux sciences, le» piètres (le Vulcalii étaient ceux qui avaient (lousse le plus loin l'etude des ai Ucliimiqm'S.
Quelles habiles préparations ne suppose pas encore i'operatioii si rompliqiiee des embaumeiiienti! Lu parcourant les iiniiumses catacombes de l'Llgv’pki ou reste eoinme saisi d’etoimemeiit devant cts iu>s(*s de restes Iiiunaiiis arraclies avec tant d'art aux loi» ordinaires de la dcstriictioii ; il semble que la voix v>l prête à sortir de ces poitrines (|ue ti*ois mille ans et [lins n'ont pas alTaissees, et c|u'elles vont crier au\ enfants de Mahomet qu'il serait temps de ranimer, sous le beau soleil de l'Egypte, le llambeau desscicn-
(CS et d(*s arts Mais non , elles ne parleront pis
(CS poitrines » car les lois tpie Dieu» dès le priiici[ie » a imposées à la ten e , sont iimmiables : et dos lors ce sera â nous , à nous , hommes d'ime nom ve!lecivilisalioii,el <pii avons un eteur ipii peut lettre devant les grandes ebo»es , à remplir ce bcAU devoir.