SECOND EMPIRK DES ASSYRIENS, TANT DE NINIVE 01 E DE BABYLONE
Ce second empire dura 210 ans, en le conduisant jusqu’à l’année où Cyrus, devenu maître absolu de l’Orient par la mort de, Cambyse, son père, et de Cy axnre, son beau-père, donna ce célèbre édit qui permettait aux Juifs de retourner dans leur patrie, après avoir été captifs à Babylone pendant 70 ans.
8 1. — Rois DB B ^BTLOJfE, Bélésis ou Nabom.issar , Mcbodacu-Balada:«.
BÉI.ÉSIS C’est le même que Nabonassar, (In régne duquel commence à Babylone une fimeuse époque astronomique, appelée de son iront l'ère de i\'aboiiassar. Il est nommé dans flicrilure sainte* Baladan.h ne régna que
I An. SI. '*'•
• I. RPR. 20. 12-13.
douze ans. Il eut pour succe.sseur son fils Méhouac.u-Balauan. C’est celui qui envoya des ambassadeurs au roi Ezéchias ', pour le féliciter sur sa convalescence, comme nous le dirons bientôt. Depuis lui, il y eut encore à Babylone quelques rois, dont l’histoire est absolument inconnue ; c'est pourquoi je passerai aux rois de Ninive.
8 II. -— Rois dk Ninive . qui i.é rcaEM aussi ensuite DE Uaitlonb: Tuéglatupualabam, Salmanasaii , SeNNACUÉDIB. ASAnADDOR, Saosdccuin ou Nabu» CUODONOSOR I , Saracus, N'abopoi.ajsar , Nabuciio- DOXOSOR II, Evilméuodac , Nériglissor, LabobosoARcuoD. Labtnit OU Baltasab.
Théolathphalasab*. C’est le nom qucl’Kcriture sainte donne au roi que l’on croit avoir régné le premier à Ninive depuis la destruction de l’ancien empire des Assy riens. Il est appelé Thilgame par Élicn C On dit qu’il se fit appi-- 1er Xinus le jeune*, pour honorer son régne par le nom d'un prince si ancien et si illustre.
Achaz, roi de Juda , dont l’impiété n’avail pu être vaincue ni par les bienfaits de Dieu ni par scs châtiments, sc voyant attaqué en mémo temps par le roi de Syrie cl par celui d’Israél . dépouilla le temple d’une partie rie l’or et de l’argent qu’il y Irouva, et l’envoy a à Tbéglatl:phalasar, pour l'engager à venir à son secours, lui promettant outre cela de devenir son vassal et de lui payer Iribul. I.e roi d’Assyrie trouvnni une occasion si favorable d’ajoulcr la Syrie el la Palestine à son empire , accepta sans balancer cette proposition. Il s’avança de ce côté-l,i avec une grande armée; et, ayant battu Bazin, il prit Damas , el mil fm au royaume que les Sy riens y avaient établi , comme Dieu l'avait fait prédire par Isalc cl par Amos. De là il marcha contre Pliacée, cl sc saisit de tout ce qui appartenait nu royaume d’Israél au delà du Jourdain comme aussi de toute la Galii'’'e. Mais il fil aclicler bien cher sa protection
^ PloJ.
* A». M.3-257; av. J.C.7n.
s Lib. 12. hist. aniro. cap. 21.
A ('nsior apud Euseb. Chron. pag. 49. — 4. Reg. âC, 7,clc.
> 1ü. R. 4. — ’ Anios. 1-5.
Il Achat , cxigennt encore de lui des sommes d'argent si considt-rables, qu'il fut obligt^,pour les fournir, de ramasser tout l'or et l'argent qui se put trouver dans la maison du Seigneur et dans ses propres trésors. Ainsi cette alliance ne servit qu'à épuiser le royaume , et à lui donner pour voisins les puissants rois de Niiiive, dont Dieu se servit dans la suite comme d’autant d'instruments pour châtier son jwuple.
Saluakasar Sabacus l'Éthiopien , que l'Écriture appelle Sua , s'étant rendu maître de l'Égypte, Osée, roi de Samarie, (U alliance avec lui , espérant de s'affranchir par son secours du joug des Assyriens. Dans cette vue , il se tira de la dépendance de Salmanasar, et ne voulut plus lui payer le tribut , ni lui faire les pré.'icuts accoutumés.
Pour l’en punir, Salmanasar marcha avec une puissante armée contre lui ; et, ayant subjugué tout l?plat pays , il l'enferma dans Samaric,où il le tint assiégé pendant trois ans, au bout desquels, s'étant rendu maître de la ville, il chargea de chaînes Osée et le mit en prison pour le reste de scs jours, emmena le peuple en captivité , et l'établit dans Hala et dans llabor, villes des Médes ; et il détruisit ainsi le royaume d'IsraCl ou des dix tribus, comme Dieu les en avait si souvent menacés par ses prophètes. Ce royaume, depuis sa séparation de celui de Juda , avait subsisté pendant 25'» années.
Ce fut alors que Tobie ’ , avec Anne sa femme, et Tobie son fils, fut emmené captif, en Assyrie , où il devint l'un des principaux officiers du roi Salmanasar.
Salmanasar mourut après quatorze ans de régne, et eut pour successeur son fils
Se.nnacuérib Il est aussi appelé Sargon dansl'Écriture. Dés qu'il fut établi sur le trône, il renouvela la demande que son père avait faite à Ézëchias touchant le tribut. Sur son refus , il lui déclara la guerre , et entra dans la Judée avec une puissante armée. Ézéchias , touché de voir son royaume au pillage , lui envoya des ambassadeurs pour demander la
* An. M. 3276; av. J. C. 728. - 1. Uce. 17.
• cap. 1.
3 Ad. M. 3287; ar. J. C.717. » If.'JO, 1. - S. Rc?. cap. IA, 19;
paix aux conditions qu'il vomirait lui prcschie. Sennaebérib, paraissant se radoucir.lraitaivc lui , et exigea une très-grosse somme d'or et d'argent. Le saint roi, pour la lui payer, épuisa ses trésors et ceux du temple. L'A.ssyrien , ne comptant pour rien la sainteté des sermenisel des traités, continua la guerre , cl poussa ses conquêtes plus vivement que jamais. Tout succomba sous ses efforts , et, de toutes les places de Juda , il ne restait plus que Jérusalem, qui se trouvait réduite à la dernière extrémité. Dans ce moment il apprit que Tharaca, roi d'Éthiopie, qui avail joint ses troupes à celles du roi d'Égypte, s’avançait au secours de la ville assiégée. C’était contre la défense formelle de Dieu, et malgré les remontrances d'Isale et d'Kzéchias que les principaux de Jérusalem avaient mendié ce secours étranger.
11 partit sur-le-champ pour aller à la rencontre des ennemis, après avoir écrit à Ézéchias une lettre pleine de blasphèmes contre le Dieu d’Israél, dont il se vantail avec insolence qu’il deviendrait le vainqueur comme il l'avait été de tous les dieux des autres nations. Il défit les Kgypliens, et les poursuivit jusque dans l’Égypte , qu’il ravagea , cl où il fit un grand butin.
Il y a beaucoup d'apparence que ce fut pendant cet intervalle de l’absence de Sennachérib ', qui fut assez longue , ou du moins peu de temps auparavant qu’Ézéchias, étant tombé malade, fut guéri d’une manière miraculeuse, et que, pour marque de l’accoinplisscmenl de la promesse que Dieu lui avail faite de le guérir si parfaitement, qu’avant trois jours il serait en étal d'aller au temple, l’ombre du soleil retourna en arrière de dix degrés sur un cadran qui était dans le palais. Ias roi de Babylooe. appelé Mérodach-Batadan , ayant appris la guérison miraculeuse d'Ézéchias , lui envoya des ambassadeurs avec des lettres et des présents pour l’en féliciter, et pour s'informer du prodige qui était arrivé sur la terre à celle occasion, lorsque le soleil avait rétrogradé de dix lignes. Ézéchias fut extrêmement sensible à l’honneur que lui faisait ce prince étranger, et il s’empressa de montrer à ses ambassadeurs tout ce qu'il avait de plus rare et de plus pré-
< 4. Ro|. cap. 20. — 2- Pjrai 32, t. 24-34.
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cieux dans ses Irésors, el de leur faire remarqaer la maguificenee de son palais. A en juger humainement , celle démarche n'avail rien que (le permis el de louable ; mais les yeux du souverain juge, bien plus perçants el plus délicats que les nOlres, y aperçurent une vanité secréte et un orgueil caché dont sa jusiice fut blessée. 11 lui envoya dire sur-le-champ, par son prophète Isaïe, que les richesses et les trésors qu'il venait de montrer avec tant de faste h ces ambassadeurs seraient un jour transportés à Babylone, et que ses enfants y seraient conduits pour servir dans le palais du roi. C’est à quoi il n'y avait pour lors nulle apparence ; car Babylone, dans le temps dont nous parlons, était amie el alliée de Jérusalem, puisqu’elle lui envoyait des ambassadeurs ; cl il semble qu’elle n'avait rien à craindre que du cété de Ninive, dont la puissance était alors formidable, el entièrement déclarée contre elle. Mais le sort de ces deu villes devait changer, et In parole de Dieu Itat accomplie à la lettre.
Pour revenir à Sennachérib ', après qu’il eut ravagé l’Égypte et fait un grand nombre de captifs , il retourna avec son armée victorieuse devant Jérusalem , el en forma de nouveau le siège. La perte de la ville paraissait inévitable. Elle était sans ressource cl sans espérance du cété des hommes ; mais elle avait dans le ciel un puissant protecteur , dont l’oreille jalouse avait entendu les blasphèmes impies que le roi de Ninive avait prononcés con- Ire son saint nom. En une seule nuit l’épée de fange extemûnateur fil périr cent qualrevn^-cinq üMK^ommes de son armée. Après ■Il si terribk' échec , ce prétendu roi des rois , car il s’appelait ainsi, ce triomphateur des calions , ce vainqueur des dieux mêmes, fut obligé de regagner son pvys avec les malheureiq^ébris de son armée, couvert de honte et teutmfusion. Il ne survécut de quelques mois • W défaite que pour faire une espèce d’amende honorable au Dieu suprême dont il avait osé insulter la majesté , el qui , mainlenanl, lui ayant mis, pour me servir des termes de l’Écriture, un cercle au nez el un mors à la bouche comme à une bêle féroce, le feisait retourner dans ce triste cl humiliant état à tra-
I I. Brg cap. tV, T. 35-37.
vers ces mêmes peuples qui, peu de temps auparavant, l’avaient vu si fier el si monaçaiil.
Quand il fut de retour à Ninive, outré de sa disgrâce, il traita ses sujets d’une manière tout à fait cruelle el tyrannique. Il exerça surtout sa fureur contre les Juifs et les Israélites ', dont il faisait tous les jours massacrer un grand nombre , et laissait leurs corps exposés dans les rues, défendant même qu’on leur donnât la sépulture ’. Tobie, pour se dérober â sa cruauté , fut obligé de se tenir caché pendant quelque temps : tous scs biens furent confisqués. L’humeur féroce du roi le rendit si insupportable à sa propre famille, que ses deux fils aînés conspirèrent contre lui, et le tuèrent dans le temple el sous les yeux de son dieu Ncsroch, devant qui il était prosterné. Ces deux princes, ayant été contraints de s’enfuir en Arménie après ce parricide, laissèrent le royaume à Asarliaddon, leur cadet. , Asaruauoon Nous avons déjà remarqué que, depuis Mérodach-Baladan il y avait eu encore à Babylonc quelques rois, dont l’histoire ne nous a conservé que les noms. La race royale ayant manqué, il y eut pendant huit ans un interrègne plein de trouble et de confusion. Asarhaddon profita de cette conjoncture pour s’emparer de Babylone ; et , l’ayant ajoutée à son premier empire , il régna treize ans sur l’un el sur l’autre.
Après avoir réuni à l’empire assyrien la Syrie cl la Palestine , qui en avaient été détachées sous le régne précédent, il entra dans le pays d’Israël , où il fil captifs tous ceux qui y étaient restés , el les transporta en Assyrie , à la réserve d’un petit nombre qui échappèrent à sa recherche. Cependant, pour empêcher que le pays ne demeurM désert , il y fil venir des colonies de peuples idolâtres , tirées des pays au delà de l’Euphrate , pour habiter dans les villes de Samarie. Alors fut accomplie la prédiction d’Isale *, que dans soixante el cinq ans Èphratm périrait, et cesserait d'être au rang des peuples. En effet, c’est précisément le temps qui s’élail écoulé depuis cette prophétie, cl le peuple d’Israël cessa pour lors d’élru
< Tob. 1.18-21.
• 4. Iteg. IMT.
> An. M. 3294 ; iv. J. C. T 10. - auoo. PtoL
un peuple visible et subsistant , ce qui en resta paraissant confondu avec des nations étrangères.
Ce prince, s’étant rendu maître du pays d’IsraOP, etivoya quelques-uns de ses généraux avec une partie de son armée dans la Judée pour la réduire aussi sous son obéissance. Ils défirent Manassé ; et, l'ayant pris lui-méine, ils le roctiérent à Asarhaddon, qui le mit aux fers, et l’emmena avec lui è Babyloiic; mais dans la suite, ayant fléchi la colère de Dieu par un sincère et vif repentir, il obtint sa liberté, et retourna à Jérusalem.
Cependant les peuples qu’on avait fait venir en Samarie*, à la place des anciens iiabitauts, s’y trouvaient fort tourmentés des lions. Le roi do Babylonc, ayant appris que cela venait de ce qu’ils n’udoraient pas le dieu du pays, ordonna qu’on leur envoyât un prêtre israélite d’entre ceux qui avaient été transférés, afin qu’il leur enseignât le culte du Dieu d'IsraCl; mais cos idolâtres se contentèrent de l’associeravcc leurs anciennes divinités, et de le servir conjointement avec elles. Ce culte corrompu continua dans la suite ; et c’est lâ la première source de l’aversion des Juifs contre les Samaritains.
Asarhaddon, après avoir régné fort heureusement trente-neuf ans sur les Assyriens , et treize sur les Babyloniens, eut pour successeur son fils
Saosdociiin '. Il est appelé dans l’Écriture yabuchodono$or, nom commun aux rois de Babylone. Pour distinguer celui-ci , on l’appelle Nabuchodonosor I.
Tohie* était encore vivant alors, et demeurait â Ninive parmi les captifs. Sentant approcher sa fin, il prédit â scs enfants que cette ville serait bientôt détruite, â quoi pour lors il n’y avait nulle apparence. Il les avertit d’en prévenir la ruine, et de sortir de Ninive après qu’ils l’auraient enseveli lui et sa femme.
La ruine de Ninive e$t proche • leur dit
' 2. Parai. 33. 1113.
• ». Rcg. 17.2Î-»!.
» .\n. M.333.'>;av. J.C. 009.
• Tob. 1». 5-13.
> La Vui(^aic. que j'a( suivie ici, fait pnMire la ruine de Ninive à Tobie ; mais le leste grec mar(|uc qu'il répéta simplement à ses enfanis la prédiclimi de Jonas. Ninive, par sa |>ériitenee, évita pour k>rs l'effet de cette prédiction ; mais ,
ce saint vieillard. Ne demeurez point ici... car je vois que Viniquitë de cette ville la ferapérir. Ces deniières paroles sont bien remarquables. iniquitas ejus finem dabit ei. I,es hommes attribueront la ruine de Ninive à toute antre raison. Le Saint-Esprit nous apprend que son injustice en fut la véritable cause; et il en sera ainsi de tous les autres états qui imiteront ses crimes.
Nabuchodonosor < , la douzième année de son régne, défit en bataille rangée, dans la plaine de Bagau, le roi des Mèdes, prit Ecbatane, capitale de son rovaume, et retourna victorieux â Ninive. Quand nous serons venus h rhisloire des Médes, nous rapporterons ceci dans un plus grand détail.
C’est immédiatement après cette expédition qu’arrive le siège de BéUilie par Holopherne, l’un des chefs de Nabuchodonosor, et la bmeuse histoire de Judith.
Saraccs appelé autrement CApnalodarius. Il avait succédé à Saosduebin. S'ébat rendu méprisable à ses sujets |iar sa mollesse et le peu de soin qu’il prenait de son empire. Nabopolassar, général de ses armées, qui était de Babylone, s’empara de celle partie de l'empire assyrien , sur laquelle il régna vingt-un ans.
Nabopolassar ^ Ce prince, pour soutenir sa révolte avec plus de succès, avait fait alliance avec Cyaiare, roi des Mèdes. Ayant réuni ensemble toutes leurs forces, ils assiégèrent .Mnive, la prirent, tuèrent Saracus, et ruinèrent de fond en comble cette grande ville. Il sera parlé plus au long de ce grand évènement dans l’histoire des Mèdes. Depuis ce Icmps-lâ Baby loue fut la seule capitale de l’empire assyrien.
Les Babyloniens et les Mèdes ayant dèlruil Ninive, devinrent si redoutables, qu'ils s'attirèrent la jalousie de tous leurs voisins. Néchao , roi d'Égypte , en fut tellement alarmé . qu’il s’avança vers l'Euphrate, à la tête d’une puissante armée, pour arrêter leurs progrès, et il y fil des conquêtes considérables. 'Voyez dan.<
élanl relombéc daiu tes criinrs , elle en fut enfin punk |U' une ruine enlière , comme le prophète Nahum l'avait ér nouveau prédit longtemps après Jonas.
> Judilb, 1, 5 etc.
* \n. M. aSi» ; av. J. C. 618. — Alci. Poljhirt.
» An. M. ^vîWîav. J. C.CvUi.
l'Histoire des Egyptien» ce qui est dit de cette eipédilion et des suites qu’elle eut.
Nabopolassar , voyant que , depuis la prise de Chaccamis par Nëchao, toute la Syrie et la Palestine s'étaient détachées de son obéissance son Age d’ailleurs et ses infirmités ne lui perniettanl pas d’aller en personne réduire ces rebelles, s’associa à l’empire son fils Nabuchodonosor, et l’envoya A la tête d’une armée pour remettre ce pays sous son obéissance.
C’est de ce temps que les Juils comptent les années de Nabuchodonosor ”, savoir de In fin de la troisième année de Joakim, roi de Jiida , ou plutôt du commencement de la quatrième. Mais les Babyloniens ne comptaient le régne de ce prince que de la mort de son père, qui arriva deux ans après.
Nabtciiodonosor II Il battit l’armée de Néchao vers l’Euphrate, et reprit Cita rcamis. De là il marcha du côté de la Syrie et de la Palestine, et remit ces provinces sous sa domination.
Il entra aussi dans la Judée, mil le siège devnnl Jérusalem, et s’en rendit maître *. Il avait fait mettre Joakim aux fers pour le transporter à Babylone ; mais, touché de son repentir, il le rétablit sur le trône. Un grand nombre de Juifs, et entre autres les enfants de la race royale, furent menés captifs A Babylone , et l’on y transporta tous les trésors du palais, et une partie des vases du temple. Ainsi fut accomplie la menace que Dieu avait faite au roi Kzéchias par son prophète Isaïe. C’est de celle fameuse époque, qui était la quatrième année de Joakim, roi de Juda, qu’il but commencer la captivité des Juifs à Babylone, prédite tant de fois par Jérémie. Daniel, Agé pour lors de dix-huit ans *, fut enlevé avec les autres, cl Éréchiel quelque temps après.
Vers la lin de la cinquième année de Joakim mourut Nabopolassar roi de Babylone, après un régne de vingt-un ans. Nabuchodonosor son fils ne l’eut pas plutôt appris, qu’il partit
• B«’ro9. apud Joicpk. — Anliq. lih. 10, cap. 11; et contra Ap. lib. 1.
• An, M. .ïjystar. J.C. 006,
» Jercm. 16, i. — 1. Reg. 21, 7.
• Dali. 1. 1-7. - 2. l’aral. 38.0C17.
» Queiqucs-iin» croient qu'il n'avait alors que huit ans ; d'aulr», qu'il en avait douie.
s Canon. Plot. Beros. apud Joseph. — Anliq. lib. 10, cap. U : et contr.i Ap. lib. 10
en diligence pour Babylone, ayant pris le plus court chemin par le désert, accompagné de peu de gens, et ayant laissé A ses généraux le gros de son armée pour In ramener A Babylone avec les captifs cl le butin. Dès qu’il fut arrivé, il reçut le gouvernement des mains de ceux qui le lui avaient conservé avec soin , et succéda ainsi A tous les ébls de son père, qui comprenaient la Chaldéc, l’Assyrie, l’Arabie, b Syrie et In Palestine, et sur lesquels, selon Plolémèe, il régna quarante-trois ans.
Im quatrième année de son régne', il eut un songe dont il fut fort effrayé, mais qu’il oublia entièrement. Il consulta les sages et les devins de son royaume pour savoir d’eux ce qu’il avait vu en songe. Tous lui répondirent qu’il était impossible de le deviner, et que tout ce qu’on pouvait faim ébil de lui expliquer son songe après qu’ il l’aurait fait connaître. Comme les princes ne sont point accoutdmés à trouver d’opposition A leurs volontés, et qu’ils veulent être obéis. Nabuchodonosor, s’imaginant qu’ils agissaient de mauvaise foi, entra en fureur, et les condamna tous A mort. Daniel, avec ses trois compagnons, était compris dans cet arrêt comme ébnl du nombre des sages. Après avoir invoqué son Dieu, il alla trouver le roi, cl lui rnconb ce qu’il avait vu en songe. C’était, lui dit-il, une statue d’une hauteur énorme et d’un regard effrayant, dont la tète ébitd’or, la poitrine et les bras d'argent, le ventre et les cuisses d’airain, les jambes de fer, et les pieds en partie de fer et en partie d’argile. Pendant que vous étiez attentif A celte vision, une pierre s'est débehée d’elle-méme d'une montagne, et, frappant la statue par les pieds, elle l’a brisée cl réduite en poudre ; et la pierre est devenue une grande montagne, qui a rempli toute la terre. Au récit de ce songe Daniel en ajouta l’explication, marquant les trois grands empires qui devaient succéder A celui des Assyriens; savoir, l’empire des Perses, l’empire d’Alexandre-le-Grand et des Grecs, l’empire Romain, bu selon d’autres , celui des successeurs d Alexniidre. Après ces royaumes , continua Daniel, le Dieu du ciel en suscitera un qui ne sera jamais détruit, qui ne passera point A un autre peuple, qui renversera et anéantira tous
! An. M. 3101; av. J. C. 603. - Dan. r«p. 2.
ces royaumes, et qui subsistera pendant toute l’éternité : par où il dési;;nait clairement le royaume de Jésus-(;hrist. Le roi, tout hors de lui-même, et ravi d’admiration, après avoir reconnu et déclaré hautement que le Dieu des Israélites élait véritablement le Dieu des dieux, éleva Daniel aux premières chargesdel'élat, le fit chef de ceux qui avaient la surintendance sur les mages, l’élablit gouverneur de toute la province de Babylone, et l’un des principaux seigneurs du conseil qui suivait toujours la rour. Ses compagnons eurent aussi part à son Hévalion.
Joakim s’étant révolté contre le roi de Babylone ', les généraux du dernier marchèrent contre lui avec les troupes qu’ils avaient dans le pays, et exercèrent toutes sortes d’hostilités sur ses terres. îl s'endormit avec ses pères * : c’est tout ce que l’Écriture nous marque de sa mort. Jérémie avait prédit qu’il ne serait point regretté ni pleuré; que sa sépulture serait comme d'un âne mort, et qu'on le jetterait tout pourri hors des portes de Jérusalem. Cela fut sans doute exécuté sans qu’on sache de quelle manière.
Jéchonias ’ succéda à l’impiété de son père aussi bien qu’ù .son royaume. Les lieutenants de Nabuchodonosor ayant formé le blocus de Jérusalem, il vint lui-méme, trois mois après, en personne, à la tète de son armée, et se rendit maître de la ville. Il enleva tous les trésors du temple et du palais du roi, et tout ce qui restait des vases d’or que Salomon avait faits pour l'usage du temple, et les fit transporter h Babylone, où il emmena aussi un grand nombre de captifs, parmi lesquels étaient le roi Jéchonias, sa mère, ses femmes, tous les officiers et tous les grands de son royaume. Il mit à sa place sur le trône, Mathanias, son oncle, appelé autrement Sédécias.
Il ne fut pas plus religieux ni plus heureux que ses pères *. Ayant fait alliance avec Pharaon-Ephrée, roi d’Égypte, il rompit le serment de fidélité qu’il avait prêté au roi de Babylone. Celui-ci l’en punit bientôt, et l'assiégea dans sa capitale. L’arrivée du roi d’Égypte, à
' I. ne*. 21, 1-2.
• JerciD. 22. 18-19.
' *. Rcg. 21. 0-18.
* 1. Brg. ctp.2», 17-20, «car. 25. 1-10.
la tête d’une armée, donna un rayon d’espérance aux a^iégés; mais leur joie fui bien courte : les Égyptiens furent battus, et le vainqueur revint devant Jérusalem, et y remit le siège, qui dura prés d’un an. Enfin la ville fol emportée d’assaut ', et il s’y fit un ramage effroyable. Naburhodonosor lit tuer les deux fils de Sédécias devant les yeux de leur père, avee tous les nobles et les grands de Juda ; il lui fil crever les yeux è lui-méme, le chargea de chaînes, et l’emmena ù Babylone, où il demeura en prison jusqu’à sa mort. La ville et le temple furent pillés et brûlés, et toutes lesforliflcations démolies.
Naburhodonosor *, étant revenu à Babylone après avoir fini heureusement la guerre de Judée, fil faire une sintue d’or haute de soixante coudées', assembla tous les grands de son état pour en faire la dédicace, et il ordonna à tous scs sujets de l’adorer, menaçant ceux qui y manqueraient de les faire jeter au milieu dos flammes d'une fournaise anlentc. Ce fut dans cette occasion que les trois jeunes Hébreux , Ananias, Misaél et Atarias, qui refusèrent avec un courage invincible d’obéir à l'ordre impie du roi, furent conservés d'une manière miraculeuse au milieu des flammes. Le roi, témoin par lui-méme d’un miracle si étonnant, fit un édit, par lequel il défendit à qui que ce foi, sous peine de la vie, de blasphémer le nom du Dieu d’Ananias, de Misael, et d’Aurias.ét il éleva ces trois jeunes hommes aux plus hautes dignités.
Nabuchodonosor, la vingt-unième année de son régne, cl la quatrième depuis la destruction de Jérusalem, revint dans la Syrie, et mil le siège devant Tyr, dans le temps qu’lthobal en était roi. C’était une ville forte et opulente', qui n’avait jamais été assujettie à aucune puissance étrangère, et qui élait alors en grande réputation pour son commerce, par le moyen duquel plusieurs de ses citoyens étaient devenus aulanldepri'ncrscn richesses et en magnificence. Elle avait été bâtie par les Sidoniens,
< An. M. 31l.5:aï.J. C.589.
* Ddn. cap. 3.
* 00 picüs. — M. Lclronne observe avec raison <}uc, K- Ion toute probalilitt^ , celle staïue ^UtU doré« et non pu (for. E. B.
* Eicch. cap.SSetST. Isai, 23. 8.
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deux ceni quarante ansavanlla construction d temple de Jérusalem carSidon ayant été prise par les Philistins d'Ascalon , plusieurs de ses habitants, s’étant sauvés dans leurs vaisseaux, bétirent la ville de Tyr. C'est pour cela qu’elle est appelée dans Isaïe •, la fille de Sidon; mais elle surpassa bientôt sa mère en grandeur, en richesses et en puissance. Aussi se trouvat-elle en état, dans le temps dont nous parlons, de résister pendant treize années de suite à un monarque sous le joug duquel tout le reste de l’Orient avait plié.
Ce ne fut qu’aprës un si long intervalle que Nabuchodonosor ’ se rendit maître de Tyr. Ses troupes y souffrirent des fatigues incroyables ; de sorte que, selon l’expression du prophète *, loule tête en était devenue chauve, et toute épaule pelée. Avant que Tyr ffll réduite à la dernière extrémité, les habitants s’étalent retirés avec la plupart de leurs effets dans une Uc voisine, è un demi-mille du rivage, où ils bâtirent une nouvelle ville, dont le nom et la gloire effacèrent le souvenir de la première, qui, depuis ce désastre, n’a plus été qu’un simple village, connu sous le nom de l'ancienne Tyr.
Nabuchodonosor et son armée ayant essuyé d'horribles fatigu s dans un si long et si pénible siège*, et n'ayant rien trouvé dans la place qui pût les récompenser du service qu’ils venaient de rendre â Dieu (c’est l’exprc.ssion du prophète ) en exécutant sa vengeance contre cette ville. Dieu, pour les en dédommager, leur promit, par la bouche d’Czéchiel, les dépouilles de l’Égyple. Kn effet, ils en firent aussitôt après la conquête, comme nous l’avons rapporté plus au long en traitant de l’hi.stoire des Égyptiens.
Après que Nabuchodouosoreut terminé heureusement toutes ses guerres, se trouvant dans une pleine tranquillité, il s'appliqua à mettre la dernière main h la construction, ou plutôt aux embellissements d ■ Babylonc. On peut voir dans Joséphe ‘ le dénombrement des ou-
* Jus(. tib. 18, cap. 3.
* Joseph. Aniiq. lib. 10, cap. 11; etcootrà App. lib. 1.
* Eifch. 20. 18-20
* lUid. 18-19.
* Anlîq. ÎU). 10, cap. H.
vrages magnifiques dont plusieurs écrivains lui attribuent l’honneur. J’en ai rapporté une grande partie dans la description que j’ai faite d’abord de celle superbe ville.
Rien, ce semble, ne manquait à la gloire et à la félicité de ce prince, bn songe effrayant ‘ vint en troubler la douceur, et lui causa de grandes inquiétudes. Il vil un arbre qui s’élevait jusqu’au ciel, et dont les branches chargées de fiuils s’étendaienljusqu’aux extrémités de la terre. Toutes les bêles habitaient dessous; les oiseaux du ciel se reposaient sur ses branches; et tout ce qui était animé y trouvait de quoi se nourrir. Alors celui qui veille et qui est saint [vigilet eanctue ) descendit du ciel, et cria :« Abattez l’arbre par le pied, coupez-en « les branches, et dispersez-en les fruits; mais t laissez la souche en terre avec scs racines. « Qu’il soit lié avec des chaînes de fer parmi « l’herbe des champs; qu’il soit mouillé de la 0 rosée du ciel, cl qu’il paisse l'herbe de la « terre avec les bêtes sauvages ; qu’on lui « ôte son coeur d’homme, et qu’on lui donne « un cœur de bêle pendant sept années. Ainsi « l’ordonne celui qui veille, afin que les boro- « mes vivants connaissent que c’est le Très- « Haut qui est le maître des royaumes, qui « les donne à qui il lui plnlt, et qui choisit, « quand il le veut, le dernier d’entre les hom- « mes pour le mettre sur le trône. »
Le roi, justement elTrayé par un si terrible songe, consulta tous ses mages; mais ce fut bien inutilement. Il fallut avoir recours à Daniel, qui lui en fil l’application à lui-méme, en lui marquant nettement qu’il serait banni de la compagnie des hommes pendant sept années, cl que, réduit à In demeure cl à In condition des bétes, il paîtrait l’herbe comme un boeuf; que son royaume pourtant lui serait conservé, cl qu’il le recouvrerait après qu’il aurait reconnu que toute puissance vient di.j ciel. Enfin il l'exhorta A racheter ses péchés par les aumônes, et ses iniquités par les œuvres de miséricorde envers les pauvres.
Toutes ces choses arrivèrent à Nabuchodonosor comme le prophète les lui avait prédites. Un an s’étant passé, comme il se promenait dans son palais, il dit, en considérant la
* Dan. cap. 1
beaatè el la magnificence de scs bAlimcnts : | « N’esl-ce pas ici celle grande Babjlone que « j’ai bâtie dans la grandeur de ma puissance « et dans rérdalde ma gloire, pour en faire le « siège de mon royaume'? » L'n mouvement secret de complaisance el de vanité, à la vue de pareils ouvrages qu'un prince aurait construits, nous parallrait-il fort criminel'? A peine avait-il achevé ces mots, qu'une voix sc lit entendre du ciel, qui lui prononça son arrêt. A l'heure même il perdit le sens : on le chassa de la compagnie des hommes, et il vécut comme une bête, exposé aux injures de l’air el ne vivant que d’herbe : le poil de son corps devint semblable aux plumes d’un aigle, el ses ongles s’allongèrent comme les grilTcs des oiseaux.
Aprte que le temps marqué fut accompli, l’esprit el le sens lui revinrent. « Il leva les « yeux au ciel, dit l’Écriture, bénit le Trés- « Haut, et rendit gloire à celui qui vil éler- « nellemcnt, reconnaissant que son empire est « éternel , que tous les habiUinls de la terre « sont devant lui comme un néant , el qu’il « fait tout ce qu’il lui plaît au ciel el sur la « terre, sans que personne résiste â sa main « toute-puissante , ni puisse lui dire : Pour- « quoi avez-vous agi ainsi'?» Alors il recouvra sa première forme. Les grands de sa cour allèrent le chercher : il remonta sur le Irène, et devint plus grand el plus puissant que jamais. Pénétré de la plus vive reconnaissance, il fil un édit solennel pour publier dans toute l’étendue de sa domination les merveilles étonnantes que Dieu venait de faire en sa personne.
Ce prince mourut un an après, ayant régné depuis la mort de son père, quarante-trois ans. C’est un des plus grands rois qui ait jamais régné en Orient. Son fils lui succéda.
Évilmébodac '. Dés qu’il fut établi sur le Irène, il lit sortir Jéchonias, roi de Juda, de la prison où il avait été détenu prés de trentesept ans.
On place sous son régne ', qui ne dura que deux ans, la découverte que fil Daniel de la fraude des prêtres de Bel ; l’innocent artifice par lequel ce prophète fil périr un dragon qui était honoré comme un dieu ; la délivrance mi-
< An. M. 3113 ; «r. J. C. 503. - Reg. t». 2700.
* rap. Kl.
raculeusc par laquelle ce même prophète avait été tiré de la fosse aux lions, ou le prophète Habacuc lui avait porté de la nourriture.
Ëvilmérodac ' s’élail rendu si odieux par ses débauches el ses autres dérèglements, que ses propres parents conspirèrent contre lui el le mirent à mort.
NéaiGLissoa ', mari de sa sœur, qui avait été à la tête des conjurés, régna en sa place.
Comme , dés son avènement à la couronne, il faisait de grands préparatifs du guerre contre les Mèdes, Cyaxare appela de Perse Cyrus à son secours ’. Celte histoire sera bienlèl déduite plus au long ; cl l’on verra que le roi de Babylone * fut tué dans une bataille, la quatrième année de son régne.
Labobosoarcbod, son fils, lui succéda. C’était un très-mauvais prince. Né avec les inclinalions les plus vicieuses , il s’y abandonna sans retenue lorsqu’il fut sur le Irène, comme s’il n’eùl été revêtu de l’autorité souveraine que pour avoir le privilège de commettre impunément les actions les plus inlâmes el les plus barbares. Il ne régna que neuf mois. Scs sujets conspirèrent contre lui, el le mirent à mort. Il eut pour successeur
Labynit *, ou Nabonid. Il a encore d’autres noms : l’Écriture lui donne celui de Baltasar.
On conjecture avec beaucoup de fondement, qu’il était fils d’Évilmérodac , par Nilocris, femme de ce prince , el par conséquent petitfils de Nabuchodonosor , à qui , selon la prophétie de Jérémie '■ , les peuples de l’Orient devaient être assujettis, et après lui à son fils el à son petit-fils : el scrt-irnl ci omnes genlet, et plio eju$, et filio filü ejiu, donec veniat tempus terra! ejus et ipeius.
Nilocris ’’ est celle reine qui fit de si grands ouvrages à Babylone. Elle avait placé son tombeau au-dessus d’une des portes les plus remarquables de la ville, avec une inscription qui avertissait scs successeurs de ne point toucher, sans une exiréme el indispensable nécessité ,
* Beros. MegasUirn.
* An.M.3«i;av.J. C. :>0>
* Cjrop. lib. 1.
* An.M.SiW. -/Wii.
s An.M.3U9.
« Jerein. 27, 7.
1 llerod. lib. t, cap. 1H,\ cir.
aoi ricliesses qui j 6laienl renfermées. Le tombeau demeura fermé jusqu'au règne de Darius, qui, l’ajani fait ouvrir, au lieu des trésors immenses qu'il se nattait d'en tirer, n'y trouva que celle inscription : Si to n'étais insatiable d'abgent et uévorr par une basse avarice, TC n'aürais par ouvert les tombeaux DES morts.
La première année du règne de Baltasar, Daniel • eut la vision des quatre bêtes qui figuraient les quatre grandes monarchies et celle du royaume du Messie, qui devait leur succéder. La troisième année de ce prince ’ , il eut la vision du bélier et du bouc, qui figuraient la destruction de l'empire des Perses par Aleiandre-le-Grand , et la persécution qu'Antiochus Épipbane, roi de Syrie, devait susciter aux Juifs. Je ferai dans la suite quelques réfiexions sur ces prophéties , et je les rapporterai avec plus d'étendue.
Pendant que les ennemis assiégeaient Babylone * , Baltasar Ut un grand festin à toute sa cour, la nuit d'une fête qui se célébrait tous les ans avec de grandes réjouissances. La joie de ce repas fut bien troublée par une vision , et encore plus par l'explication que Daniel en donna au roi. La sentence écrite sur la muraille portait que son royaume lui était Oté, et donné aux Mèdes et aux Perses. Cette nuit-lù même, la ville fut prise, et Baltasar lué.
.\insi finit l'empire babylonien ‘, après avoir dnré deux cent dix ans , depuis la destruction du grand empire des Assyriens.
On trouvera, dans l'iiistoire de Cyrus, le détail et les circonstances du siège et de la prise de Babylone.