‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 3)Chapitre 39 sur 125 · COMMENCEMENT DE L’EMPIKE DES PERSES ET DES MÉDES · texte numérisé non relu

COMMENCEMENT DE L’EMPIKE DES PERSES ET DES MÉDES

avant-propos.

Les trois règnes de Cyrus , de Cainbyse , et de Smerdis le mage, feront la matière du quatrième livre. Mais comme les deux derniers sont asseï courts, et renferment peu de faits importants, ce livre, à proprement parler, sera l'histoire de Cyrus.

Je me suis trouvé embarrassé dans ce volume à l’occasion de quelques morceaux d’histoire que j’ai donnés ailleurs*, qui reviennent ici,et y trouvent leur place naturelle. Le mieux eût peut-être été de les travailler de nouveau et de les faire reparaître sous une nouvelle forme; mais je ne me suis point senti pour cela assez de fécondité d’invention ni assez de variété de style, et d’ailleurs c’était un travail assez inutile. De renvoyer le lecteur à ces endroits, c’eût été couper mal à propos mon ouvrage, et donner un corps d histoire imparfait et mutilé. J'ai donc pris le parti, et je ne l’ai point fait sans conseil, de remettre ici les endroits qui étaient nécessaires à la suite de mon histoire, et j’en userai ainsi dans la suite. J’ai cru que le public me permettrait de me copier moi-méme, d’autant plus qu il m a paru ne pas improuver la possession où je me suis mis de profiler môme du travail des autres, et d’adopter tout ce qui me convient. Celle liberté que je me suis donnée, qui n est pas fort honorable pour l'amour-propre, mais qui est favorable à la paresse, contribue beaucoup à avan-

* Dans la Haniére d'itudier. où je traite de I hUtoire.

cer et à orner mon ouvrage, qui par là se trouve rempli de beautés et de richesses que j’emprunte d’ailleurs. Mais je puis dire que mon ouvrage entier est de ce genre ; car tout mon travail consiste à extraire des ailleurs anciens ce qui s’y trouve de plus beau, soit pour les faits, soit pour les réflexions, sans presque jamais y rien ajouter du mien.

On m’a fait, dans le * Journal des Savants de Paris, un reproche qui me fait trop d’honneur pour n’y pas répondre i c est sur 1 exclusion que je parais avoir donnée dans mon plan à l’histoire romaine, qu’on souhaiterait que j’y eusse fait aussi entrer. J’avoue que je n’ai eu aucune pensée de l’entreprendre. Ce n est pas faute de goût ni d’estime pour cette parlie de l’hLstoire ancienne, la plus riche de toutes en grands événements, la. plus variée et la plus intéressante. Les secours infinis et d’un prix inestimable qu’on trouve dans les anciens sur celte histoire seraient seuls capables de tenter un écrivain, et de l’engager dans ce travail, quelque pénible qu’il soit. Mais il faudrait pour cela bien des années; et je ne sais s’il y a eu de la sagesse à moi d’entreprendre, à l'Age où je suis, un ouvrage d'aussi longue baleine qu’est celui de l’histoire grecque, sans y apporter d’autre préparation que celle d’une élude générale des auteurs anciens, ordinaire aux personnes de ma profession , et faite sans aucun dessein particulier. Je sens bien que, pour réussir parfaitement dans cet ouvrage, il

* Journal du oioii de mars li 30 - ^ ^

anreit été nécessaire d'employer trois ou quatre ans à reiire avec attention tous les auteurs, et à faire des remarques par rapport à mes vues et & mon plan : car quelquefois on trouve dans des endroits écartés, et qui n'ont aucun rapport à la matière qu'on traite, des faits trèscurieux, et des réflexions importantes. Je n’ai point en cet avantage, et n'ai pas cru devoir tarder si longtemps i me mettre à mon ouvrage. Ce que je puis dire, c’est que, par respect et par reconnaissance pour le public, qui n’en parait pas mécontent, je me hâte, autant qu’il m’est possible, de l’avancer, y donnant tout mon temps et tous mes soins, et écartant sévèrement tout ce qui peut m’éloigner d’un travail que Je r^rde comme faisant maintenant une partie essentielle de mon devoir et de ma vocation dans i’heureux loisir que la Providence m’a procuré depuis plusieurs années, et dont j’aurais pu proflter bien avantageusement, si la pensée de travailler à l’histoire ancienne m’était venue plus tét.

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