‹ Œuvres complètes de Rollin avec notes et éclaircissements sur les sciences, les arts, l'industrie et le commerce des anciens (volume 3)Chapitre 77 sur 125 · IVDiite des P(TM^ à Marathon par Mlitlade · texte numérisé non relu

IVDiite des P(TM^ à Marathon par Mlitlade

Trille On do ce gf'iidral.

Darius fit partir avec empressement Datis et Artapherne qu’il avait nommés pour généraux à In place de Mardonius. Leurs ordres jmrtaienl de mettre nu pillage Kréirie et Athènes, d’en Lrùler toutes les maisons et tous les temples, d’en faire prisonniers tous les habitants, et de les lui envoyer; cl pour cetelTel iiss’élaicnl munis d’un grand nombre déchaînés. Ils mirent A la voile avec une flotte de cinq ou six cents vaisseaux *, et une armée de cinq cent mille hommes. Après s’étre rendus maîtres sans peine des Iles de la mer Kgée, ils firent roule vers Érétrio, ville de l’Kubée , qu'ils emportèrent, après un siège de sept jours, par la trahison de quelques-uns des lirindpaux liabilants, la réduisirent en cendres, mirent aux fers tous ceux qu’ils y trouvèrent . et les envoyèrent eu l’ersc. Darius ’, contre leur attente , les traita avec bonté, cl leur donna pour luibilalion un village du pays deCissie,qiii n’èlail qu’à une journée de Susc, où Apollone de Tyanc trouva encore de leurs descendants six cents ans après *.

Après l’expédition d’Erèlrie, les Perses s’avancèrent vers l’Altiquc *. Hippias les conduisit A Marathon , petite ville située sur le bord de lu mer. Ils firent savoir A Athènes le sort d’Érèlric , et comment aucun de ses citoyens ne leur avait échappé, espérant que celte nouvelle obligerait la v ille d(“ se rendre sur-le-<-hamp. Les Athéniens avaient envoyé A luicédémone demander du secours contre l’ennemi commun , qui leur fut accordé promplemeul cl sans délibérer, mais qui ne put partir que quelques jours après, A cause d’uue coutume ancienne et d’une maxime su-

' An. M. 3üll; iv. J. C. ISO. - llcrod. lib. C, cap. Oi-

tOI.

V Plut. In Moral, pag. OvO.

s llrrod. llb.a, caj). 119.

s Pbilost. vil. Apotl. Tyan. lib. 1, cap. 17.

» llcrotl. lib. a, cap. 10*2-120. — tlorn, Nfp. In Xfill. cap. va. — Justin. lib. 2, cap. 3. — Phit. In .(rist. p.ig. 321.

persiilieuse de religion , qui ne leur permettait de se mettre en marche qu’aprésia pleine lune. .Aucun des autres alliés ne se mil en état de les secourir, tant l’année formidable des Perses avait répandu partout la terreur. Il n’y eut que ceux de Platée qui leur nmcuérciil mille soldats. Un fut obligé A Athènes, dans celle extrémité , de faire prendre les armes aux esclaves , ce qui ne s’élail point encore pratiqué jusque-IA.

l.’arméc des Perses , commandée par Datis, était de cent mille hommes d’infanterie , cl de dix mille chevaux. Celle des Athéniens ne montait eu tout qu'A dix mille hommes. Elle était coniluilc par dix chefs, dont Miltiade était le premier, qui devaient commander successivement l’un après l’autre , chacun leur jour. Il y eut une grande dispute parmi les chefs pour savoir s’il fallait lms,irder le combat ou attendre l’ennemi dans la ville. Ce dernier avis remportait de beaucoup, et paraissait fort raisonnable. (Juelle apparence en elTet d’aller avec une petite poignée de soldats A la rencontre d’une armée aussi nombreuse que celle des Perses? .Miltiade se déclara pourtant pour l’avis contraire , cllil voir que l’unique moyen de relever le courage de leurs IroujK's, et de jeter la terreur parmi celles des ennemis , était de s’avancer vers elles avec un air de confiance cl d’inlrépiililé. Aristide appuya fortement cet avis et y fil revenir quelques autres, en sorte que les sulTrages se trouvèrent également partagés. .Miltiade alors s’adressa A Callimaqiie, qui était polémarquc ', et avait ilroit de sulTrage’ comme les dix chefs. Il lui représenta avet; vivacité que le sort de la patrie était entre ses mains , que son sulTra^ allait décider si Athènes serait libre ou esclave, et qu’un mol sorti de sa bouche l’égalemit A Ilarmotlius et .Arislogilon , auteurs île la lilierté dont jouissaient les Athéniens. Il le prononça ce mol, et se joignit au parti de Milliadc. Ainsi la bataille fut résolue.

Aristide, faisant réfiexion qu’un commandement qui change tous les jours est nécessairement faible , inégal , peu suivi , contraire souvent A lui-mèmc^ et ne peut avoir ni projet ,

* Le pniémarquê . à Albénes , était un otHrier. un nug’$tral consiilérablc, employé égalcmrotàrommAnderdaDa fes troupe» et À rentirc la justice. II en eera parlé ailleurs.

Di ■' "ed by Gîx>^k

ni et^culion umfotTncs , cnu que le danger ^Init trop grand el trop pressani pour s’exposer à loHj CCS inconvénients. Afin de les prévenir, il jugea nécessaire de réunir tout le pouvoir dans un seul ; el pour y |)ortcr ses collègues , il en donna l'exeinple le premier. Ainsi , quand le jour d'.\rislide fui venu, il remit le commandement i .Miltiade, comme plus habile et plus expérimenté que lui. Les autres en firent autant, l'amour du bien public étoufiiint en eux tout sentiment de jalousie, et l'on vit en ce jour qu'il est prc.s<|ue aussi glorieux de reconnaître le mérite dans les autres que de l’avoir soi-méme. .Miltiade cependant crut devoir attendre que son tour fût arrivé. Pour lors, en luibilc capitaine , il songea A regagner par l'avantage du poste ce qui lui manquait du côté du nombre. Il rangea son armée au pied d’une montagne, afin que l'ennemi ne pût l’envelopper el la prendre par les derrières. Il fil jeter sur les deux côtés de grands arbres qu’il avait fait couper exprès, afin de couvrir ses flancs , et de rendre inutile la cavalerie des Perses. Datis, leur chef, sentit bien que lelieu ne lui était pas favorable ; mais comptant sur le nombre de ses troupes , infiniment supérieur k celui des ennemis, el d’ailleurs ne voulant pas attendre que le renfort (les Lacédémoniens fôl arrivé, il accepta le combat. Les Athéniens n’attendirent pas qu'on vint les attaquer. Dés qu'on eut donné le signal , ils coururent de toutes leur forces contre l'ennemi. Les Perses regardaient cette première démarche comme une folie pour des gens qui étaient en si petit nombre, et absolument destitués de cavalerie el d’archers; mais ils furent bi(Mitôt détrompés. Hérodote remarque que c’est ici la première fois que les Grecs allèrent ainsi au combat en courant ; ce qui peut paraître étonnant. Kn effet , n’élailil pas à craindre que la première impétuosité cl la force de ces troupes ne fussent émoussées et affaiblies par celle course , cl que les soldats, ayant rompu leurs rangs, n’arrivasaenl tout hors d’baleine, épuisés et en désordre, vers un ennemi qui, les attendant de pied ferme et sans branler, devait, ce semble, être plus en étal de soutenir avantageusement leur choc? Ccsl ce qui engagea Pompée, dans la bataille de Pharsale , à tenir ses troupes im-

mobiles', et A leur défendre de faire aucan mouvement jusqu’A ce que l’ennemi vint les attaquer ' ; mais César blAme sa conduite '. La raison qu’il en apporte, c’est que l'impétuosilé de la course remplit d’un certain enthousiasme cl d'une fureur martiale l’Ame des combattants , qu'elle donne plus de force et de raideur aux coups qu'ils portent, el quelle enflamme le courage, qui est, si l'on peut parler ainsi, souillé et animé par le mouvement rapide de tant do milliers d'hommes, comme la flamme par le vent. Je laisse aux gens du métier A décider entre ces deux grands capitaines , el je reviens à mon sujet.

Le combat fut rude el opiniAtre. Miltiade avait extrêmement fortifié scs deux ailes, mais avait laissé le corps de bataille plus faible et |)lus dégarni ; cl la raison en parait assez claire. .Vayanl que dix mille hommes A opposer A une si grande multitude d’ennemis, il ne pouvail ni faire un grand front, ni donner A tes troupes une égale profondeur. Il fallait donc opter; et il crut que la victoire ne pouvait venir que des efforts qu’il ferait aux deux ailes pour enfoncer cl dissiper les deux ailes des Perses, bien persuadé que, quand scs deux ailes seraient victorieuses, elles prendraient en flanc le corps de bataille des ennemis, et achèveraient la victoire sans grand obstacle. C’est le même plan qu’Annîbnl seproposaàb bataille de Cannes, qui lui réussit si parfaitement, et qui ne peut guêpe mamiucr de rénssir. Les barbares attaquèrent donc le corps de bataille des Grecs , et donnèrent surtout de ce côté-lA. Ils avaient en télé Aristide et Ihémislocle , qui les soutinrent longtemps avec un courage intrépide, mais qui furent enfin obligés de plier. Dans ce moment sur-

* Cks. fn bcllocirl). Ilb. 3.

* « Quu<1 Dobii quMcm nulU rattone flicmm à Pompek « vMetur : pr«pl«rett qaod ntqaednin iAriUllo tique al» « rriUf nalumlUor iiuitu omulbua, qua Mu^ ptfiMil» « ccmlUur. liane non reprimere, aed augere iropentom a riebenl. » (Casai. )

Kat9«p il x«c tovto StetftmfiTiîn fici w

rio^ftrilov, àyvaqncvra niv fitrà ipôfiou xai hfùpxp avppctÇiV, liç fvTt riccç

fiiav xui auv!XM«t(c TÔv ôvftàv h irtimo

«vap^nrtçéfu>9». ( PtCï. (n Caiar. Ifb. 1.)

> Plut, in Pomp. ptg. 656. cl In Cm. ptg. 729.

^ 405 <fÿ«»

Yinrenl tes deux ailes viclerieuses, qui avaient défait et mis en fuite celles de Perses. Ce fut fort è propos pour le corps de bataiHe, qui Commençait à se rompre , et finit accablé par le nombre des combotianls; alors la déroute des Perses fut entière. Us prirent tons la fuite, non vers leur cannp , mais vers ledrs vaisseaux, pour s’y sauver. l.es Athéniens les y ponrsuisirent , et mirent le fen à plusieurs de leurs vaisseaux. Cest dans cette occasion que Cynépire , frère Xlu poete Eschyle , qui se fenait à un vaisseati pour y entrer avec les Ihynrds ' , ayant en lu main droite coupée , tomba dans la mer et y pétil. Les Athéniens se rendirent maîtres de sept vaisseaux. Il péril de leur célé, dans le combat, prés de deux cents hohinaes , cl du célé des Perses plus de six mille, sans compter ceux qui tombèrent dans la mer en fuyant, ou qui furent consumés par le feu qu’on mit aux vaisscaui.

Hippins fut tué dans le combat. Cet ingrat et perfide citoyen, pour recouvrer l’injuste domination que Pisistnitc, son père , avait usurpée sur les Athéniens, avait eu la lilcheté de se rendre servilement le courtisan d’un roi barbare, et d'implorer son sécours contre ses propres citoyens. Animé de haine et de vengeance, il lui avait suggéré tous les moyens qu’il avait pu imaginer pour mclire sâ pairie dans les fers; et hii-mCmc s’ était mis à la tête de scs cimemis pour réduire en cendres la ville qui loi ava’rt donné le jour, et à qui il ne pouvait reprocher de crirfies que celui de ne vouloir poinl le reconnaître pour son tyran. Ifne mort honteuse, qui devait élTc suivie de rcxécration de tous les siècles, fut la juste récompense d’une si noire pé'rlldic.

.AassilÔl après la liataillc * , un soldat athénien, encore tout fumant du sang des ennemis. SC détacha de l’armée et courut de toutes scs forces h .Athènes pour porter & scs concitoyens l'heurcusé nouvelle de la victoire. Quand il fui arrivé ù la maison des magistrats, U ne leur dit

V JusUn alouie que épiéglre, avant en S'attord la main (truite . putf la gauche , cou|igei à coupa de hache. Il s'attacha encore au vaiueau avec lea dénia aaua vouloir quitter |>rtae liant 11 était acharné contre rennetni. Récit purement Ihbuleat, et aana anenne apparence de vrai.

a Phit. de glor. Àlbenleiu. pag. 317.

que deux mois*, réjouissez-vou$ , nous sommes vainqueurs, et tomba mort k leurs pieds.

I.es Perses avaient tellement compté sur la victoire*, qu’ils avaient apporté du marbre ii Marathon pour y ériger un trophée. I.es Grecs se saisirent de ce marbre, et en firent faire par Phidias une statue à la déesse Némésis ’ , qui avait un temple prés du lieu où sc donna le combat.

La flotte persane, an lieu de prendre le chemin des fies pour regagner l’Asie , doubla le cap de Sunium, dans le dessein de surprendre .Athènes avant qnc les Athéniens pussent y être arrivés pnnr la secourir. Mais ceux-ci marchèrent au secours de leur patrie avec neuf tribus, et ils firent tant de diligence, qu’ils arrivèrent le jour même. De Marathon h Athènes il y a environ quarante milles , c’est i dire plus de quinxc lieues *. C’était beaucoup pour une armée qui avait essuyé la fatigue d’un long et rude combat. Ainsi le dessein des Perses avorta .

Aristide, laissé seul h Marathon avec sa tribu pour garder les prisonniers cl le butin, ne trompa pas la bonne opinion qu’on avait de lui ; car l’or et l’argent étant semés çfi et là dans le camp ennemi , et toutes les tcnies , aussi bien que toutes les galères qu’on avait prises, étant pleines d’habits et de meubles macnifiques, et de toutes sortes de richesses sans nombre, nonseulement il ne fut pas leiité d’y toucher, mais il empêcha que les aulres n’y louchassent.

Dés que le jour île la pleine lune fut passé *, les I.acédémoniens se mirent en chemin avec deux mille hommes, cl, ayant fait Ionie la diligeiirc possible, ils arrivèrent dans l’Altique après une marche forcée de trois jours, où ils firent 1200 stades de chemin, c’est-à-dire 70 lieues*. La bataille avait été donnée la veille. Us ne laissèrent pas d’aller jusqu’à Marathon, dont ils virent les campagnes couvertes de corps morts et de richesses. Après avoir félicité les Athéniens sur l’heureux succès

‘ XdijiiTC, I* P“ fra'tvr ™ fr«Dçali ta

vivacité du grec.

• PauMu. Hb. 1. pag. #ï.

> C'i^lt la déMK chargée de venger lea lujuatlces.

• Environ six lieues ; mats II y avait des détours. E. B.

• Isocrat. lu panegyr. pag. 113.

a Douxe CCDU stades font Juste 50 lieues communes.

404 ifjN»

de la balaille, ils relournercnl dans leur pays.

Une vaine cl ridicule supcrslilion les empêcha d'avoir part à l’aclion la plus glorieuse dont il soit parlé dans l'hisloire; car il est presque sans exemple qu'une petite poignée de gens, conune étaient les AIhéniens, non-seulement ait tenu tête à une armée aussi nombreuse que celle des Perses, mais l'ait entièrement dissipée et mise en fuite. On est élonné de voir une puissance si furmidablc venir échouer contre une petite ville, et l'on est presque tenté de refuser sa croyance à un événement qui parait si peu vraisemblable, et qui est ccpenduul très-certain. Celte balaille seule fait voir ce que peut l'habilité d’un général qui sait prendre scs avanlagcs , l'intrépidité de soldats qui ne craignent point la mort, le zèle pour la patrie, l'amojsr de la liberté, la haine et la détcstalion (le l'esclavage et de la tyrannie, scniimenis nalurels aux AIhéniens, mais dont la vivacité était sans doute beaucoup augmentée en eux par la pr('.scncc seule d'ilippias, qu’ils redou laient d’avoir de nouveau pour maître après tout ce qui s'élait passé.

Platon ', en plus d'un endroit, prend è tâche de relever la jouria^e de Alaralhon , et il vcul qu’on la regarde comme la source cl la première cause de toutes les victoires qui ont été remportées depuis. En elTel, c'est elle qui 61a à la puissance persane celle terreur qui lu rendait si furmidablc, cl qui faisait tout plier devant elle; qui apprit aux Grecs â cunnailrc leurs forces, cl à ne pas trembler devant un cn- Dciui qui n'avait de terrible que le nom; qui leur lit comprendre que la victoire ne dépend |)oinl du nombre, mais du courage des troujies ; qui mit dans tout son jour la gloire qu’il y a 6 s<icriUcr sa vie pour le salut de la patrie et pour la conservation de la liberté; qui les romplil cnrui, pendant toute la suite des siècles, (T une noble émulation et d'un vif désir d'imiter leurs ancêtres, et de ne point dégénérer de leur verlu; car, dans toutes les occasions importantes, on leur remettait devaul les yeux Milliade cl sa troupe invincible , c'està-dire une petite armée de héros , dont le courage intrépide avait fait tant d'honneur à Athènes.

< ID Menti, pag. 230-240; cl llb. 3, de leg. pag. 60B- £99.

Un rendit aux morts sur-le-champ loul l'honneur qui leur était dû '. Un leur érigea i tous , dans le lieu même où la bataille s'élait donnée, d'illustres monumenis, où leurs noms, et celui de leurs tribus, étaient marqués. On en construisit trois séparément, l'un pour les AIhéniens, l'aulre pour les Plaléens, et ua troisième pour les esclaves qu’on avait armés dans cette occasion. Dans la suite, on y ajouta le tombeau de Milliade.

Je ne dois pas omettre ici la rénexion de Cornélius Népos’, l'historien, sur ce que fireal les Athéniens pourhonorcr la mémoire de leur général. Autrefois , dit-il , eu parlant des Romains, nos ancêtres récompensaient la verlo par des marques de distinction peu fastueuses, mais qu'ils accordaient rarement, cl qui, par celle raison-là même, étaieut d'un grand priv, au lieu que , maintenant quelles sont prodiguées, on n'en fuit nul cas. Il en a été ainsi, ajoule-l-il , parmi les Athéniens : tout l’honneur qu’on rendit à Aliltiadc, le libérateur d’Athènes et de toute la Grèce, fut que, dans le tableau où les Athéniens Pireut peindre la bataille de Alarathon, on le représenta à b lélc des dix chels, exhortant les soldats, cl leur donnant l'exemple. Alais ce même peuple, dans les siècles postérieurs, devenu plus pubsant, cl corrompu par les ilattcries de ses orateurs , décerna trois cents statues à Démélrius de Phalère.

Plutarque ’ fait la même réflexion, et il remarque sagement que * l'honneur qu'on rend aux grands hommes ne doit pas être regardé' comme la récompense de leurs belles actions, mais simplement comme la marque de l’eslime qu’on en fait , dont on veut par là perpétuer le souvenir. Ce n’est donc pas la richesse ni la magniBccnce des monumenLs publicsqui en fait le prix, ni qui les rend durables, mais la sincère reconnaissance de ceux qui les érigent. Les trois cents statues de Démélrins de Phalère furent joutes renversées de son vivant même , cl le tableau où le 'courage de AKl-

■ Pauuo. la Attl<;. pig.410 cl Si.

* Com. Nep. !o Mllu cap. 6.

* la pnK. da rcp. gfr. pag. 890.

* OO yip ilvai aÀlc ovp

Tftv TifiQv, etot woivv

lilde étail représenté subsista plusieurs siècles sprés lui.

Ce tableau ' était placé il Athènes dans une gslerie qui était ornée et enrichie de différenles peintures, toutes excellentes , et de la main (les meilleurs maîtres , cl qui , pour cette raison , fut appelée 7’eW/e , d’un mot grec * qui signifie variée. Le célèbre Polj gnote, qui était de nie de Thasos , l’un des premiers peintres de son temps, avait peint ce tableau, du moins' pour la plus grande partie ; et comme il se piquait d’honneur , et était pins sensible à la gloire qn'à l’inlérét, il l’avait fait graluilemeni, et sans vouloir en tirer aucune récompense. ;tlhènesle paya en une monnaie qui était de son goftt, en lui décernant, par l’ordre des Ampbictyon.s, on logement public dans la ville, ob il pourrait demeurer tant qu’il lui plairait.

La reconnaissance des Athéniens à l'égard de Miltiade ‘ ne fut pas de longue durée. Après la bataille de Marathon , il avait demandé et obtenu une Hotte de soixante et dix vaisseaux, pour aller punir et soumettre les tics qui avaient favorisé les barbares. Il en subjugua plusieurs; mais ayant mal rén.ssi dans l’Ilc de Paros , et sur un faux bruit de l’arrivée de la fiolfe ennemie , s’élanl cru obligé de lever le siège qu’il avait mis devant la principale ville , où il avait reçu nne blessure fort dangereuse, il revint ù Athènes avec sa flotte; et il y fut appelé en jugement par un citoyen nommé Xanthippe , qui l’accusa d’avoir levé ce siège par trahison , et après avoir reçu de grandes sommes du roi des Perses. Quelque peu de vraisemblance qu’eût celte accusation, elle prévalut contre le mérite cl l’innocence de Miltiade *. Il fut condamné à perdre la vie, cl i être jeté dans le barathre, qui étail le lieu où l’on précipitait les coupables convaincus des plus grands crimes. Le magistrat s’.opposa A l’exécution d’un jugement si inique. Toute la grAce qu’on 111 au libérateur de ta pairie , fut de commuer la sentence de mort en une amende de cinquante mille écus *. qui

( Plln. Itb. 35, cap. 9.

* noixtii).

» lltrod. Ilb. 6. cap. 13Ï-138. — Com. Ncp. lo Mllt. cap. 7-8.

‘ l'Iat. lo Gorg. pag. 5t0.

> Diujuanle lairnis.— Clnquanle taicno alUqnra ralrol ■2X1 300 fr. E. n.

était la soinine ou niontaieul les frais de la flotte qu’on avait équipée sur scs remuulrances et scs avis. Comme il était hors d'état de la payer, il fut mis en prison et y mourut de la blessure qu’il avait reçue A Paros. Cimon,son fils , qui élait alors fort jeune, signala en celte occasion sa piété , comme nous verrous dans la suite qu'il signala son courage. Il acheta la permission d'ensevelir le corps de son père, en payant pour lui les cinquante mille écus auxquels il avait été condamné , somme qu’il ramassa du mieux qu’il put dans la bourse de scs parents et de scs amis.

Cornélius Népos remarque que ce qui engagea principalerocnt les Athéniens A en user ainsi A l’égard de Miltiade, fut son mérite et même sa grande réputation , qui lit craindre nu peuple, délivré a.ssez récemment du joug de la servitude sous Pisistrale, que celui-ci , i|ui avait été autrefois tyran dans la Chersonése, ne voulût le devenir A Athènes. Ainsi il aiuia mieux punir un innocent' que d’avoir toujours devant les yeux un tel sujet de crainte. C’est ce même principe qui établit l’ostracisme A .Vtliénes. J’ai rapporté ailleurs * les raisons les plus plausibles sur lc.squelles pouvait être fondé l’ostracisme. .Mais il est diflicile d'excuser pleinement une si étrange politique, A qui tout mérite devient su.spect et qui convertit la vertu même eu crime.

Ou le vit bien clairement dans l’exil d’Aristide’. Son attachement inviolable A la justice l’obligea en plusieurs occasions de s’opposer A Thémistoclc, (]ui ne se piquait pas de délicatesse sur ce |H)int , et qui mit en usage toutes sortes d’intrigues et de cabales pour écarter par les suffrages du peilple un rival qu’il trouvait toujours coniraire à scs desseins ambitieux. II parut * bien dans cette occasion qu’on jicul être supérieur en mérite et en vertu sans l’élre en crédit. L’éloquence impétueuse de Thémisto-

' « Uic populut rcsplclcn», m»luU eum InDoilam R iilcctl, quam SC diullùs esse in timoré. »

• MimlftiedYtotHer.

s Pliil. in -Xrist. img. 323-3A3.

s « In liis cognilum est, quanta antislaret eroquentia li>- » noeenllae. Quanqnam enira aded eiccllebat ArliUdes s nlisllnenllâ, ulunus postlHrnilnunimemoriani.quodqui- R dem nos audieiimus , rognominc juitui lit appellaïus , R ïamrn à Tbrmisloele collaberaeius triluM lllâ exlllo do- R cem annorum muiclslusesl. » (Cons. Sac. in .irht. )

de l'eniporla sur la justice d’Aristide, et il vint à bout de le faire bannir. Dans cette sorte de Jut;enient , les citoyens donnaient leurs suffrages en écrivant le nom de l’accusé sur une coquille, appelée en grec inpaxov, d’où est venu le nom d’ojfractsmc. Ici un pnys.in qui ne savait pas écrire et qui ne connaissait pas Aristide, s’adressa à lui-méme pour le prier de mettre le nom d’Aristide sur sa coquille. « Cel homme <t vous a-t-il fait quelque mal, lui dit Aristide, « pour le condamner ainsi ? Non, répliqua l’au- « Ire ; Je ne le connais pas même ; mais je suis ■I fatigué et blessé de l’entendre partout appe- « 1er le juste. » Aristide, sans répondre une seule parole, prit tranquillement la coquille, y écrivit son nom , et la lui rendit. Il partit pour son exil, en priant les dieux de ne pas permettre qu’il arrivât ù sa patrie aucun accident qui le fit regretter. Le grand Camille', en un cas tout semblable, n'imita point sa générosité , el fil une prière toute contraire, en demandant aux dieux de forcer sa ville ingrate , par ([uclque malheur, il avoir licsoin de lui et à le rappeler au plus trti.

Heureuse république ; s’écrie Valéro Maxime ", en parlant de l’exil d’Aristide , qui a pu, après un si indigne traitement fait nu plus homme de bien qu’elle ait jamais eu, trouver encore des citoyens attachés avec zélé et fidélité h son service! Felices Athenas, quœ post illius exilium inrenire aliquem aitl virum iotiiim, aut amanlem sut civem poluerunt , cum quo lune ipsa sanctilas migravil!

3 VIII. — DaRICS 80SCK A PORTER LA GtTERRE CON- TRE l.’É«VPTE ET CONTRE LA GrECE. Il EST PRÉ- VENU PAE LA MORT. DISPUTE ENTRE DEUX DE SES

PILS POUR LA ROTAUTt. XbRXES EST ÉLU ROI.

Quand Darius apprit la défaite de son armée à Marathon il entra dans une grande colère ; et ce mauvais succès, loin de le décourager , el de le détourner de la guerre contre la Grèce, ne fit que l'animer à la poursuivre el t la pousser avec plus de vigueur, pour se

‘ « In eilllum sbIU , precstiu ab dlls Immorlallbus , si « Innoxlo sibi es Injuria flercl, primo quoqus Icropore des siderlum lui cirUaU Ingrala bccrent. s ( Liv. lib. 5 , 11. 32. )

• Val. Mu. Ilb. 5. cap. 3.

> Ilcrod. Ilb. 7, cap. 1.

venger en même temps et de l’incendie de Sardes, et de la honte reçue k Marathon. Ainsi, résolu de marcher en personne avec toutes scs forcée, il envoya ordre fi tous scs sujets , dans toutes les provinces de sou empire , de s’armer pour cette expédition.

Après avoir employé troB ans k ces préparatifs ', il eut à soutenir une nouvelle guerre par la révolte de l'Égypte. Il paraîtrait, par cc qu’on lit dans Diodore de Sicile ", que Darius y alla lui-méme pour l’apaiser, et en vint à bout. Cet historien raconte que, ce prince voulant y faire mettre sa statue avant celle de Sésostris, le grand-prétre des Égyptiens lui rcpréscnia qu’il n^avail pas encore égalé ta gloire de ce conquérant , el que le roi , loin d’étre choqué de la liberté do L'Égyptien , répandit qu’il travaillerait k la surpasser. Diodorc ajoute que Darius, détestant la cruauté impie dont Cambyse, son prédécesseur, avait usé en Égypte , témoigna beaucoup de respect pour les dieux et pour leurs temples, qu'il eut plusieurs entretiens avec les prêtres égyptiens sur cc qui regarde la religion et lo gouvernement , et qu’ayant appris d’eux avec i|ucllc doucenr leurs anciens rois traitaient leurs sigcts, il s’était appliqué, après son retour en Perse, à se former sur leur niod<“lc. .Mais Hérodote *, plus digne de foi en cela que Diodore, marque seulement que cc prince, résolu de punir tout é la fois, scs sujets révolU-s et de se venger de scs anciens ennemis, se détermina k leur faire la guerre en même temps, et à tomber lui-méme en personne sur la Grèce avec le gros de ses troupes, pendant qu’il en emploierait une au(re partie pour; réduire l’Égypte.

Selon un ancien usage des Perses ", il n’était point permis à leurs rois d’aller à la guerre sans avoir nommé gclui qui devait monter sur le trône après lui ; coutume sagement établie, pour ne point exposer l’état aux troubles qui accompagnent ordinairement l’incertitude du successeur, les inconvénients de ronarebic. et les cabales des divers prétendants. Darius,

' An. M.3517;sr.J. C. W7 • Diod.llb. 1. psg. 53 Et 85.

V Ilsrod. lib. 8, csp. 8.

" An. H. adiejar.J.C. 485.-Ilerod. Ilb.6,cap.l cl 3.

Dir:-

avant que de «'engager dans reipèdilion contre la Grèce, se crut obligé de satisfaire à cette loi, d’autant plus qu'il était avancé en âge , et qu’il y avait une dispute entre deux de ses enfants ou sujet de la succession h l'empire, qui pourrait exciter une guerre civile après sa mort , s'il laissait ce différend indécis. Darius avait trois fils de sa première femme , fille de Gubryas, tous trois nés avant qu'il fût parvenu à la couronne ; et quatre autres d'Atossc, tille de Cyrus , qui étaient nés depuis qu'on l'avait choisi pour roi. Artabarniie,. ap- [lelé par J uslin ArUméne, était l'alné des premiers ; et Xerxés , des seconda. Artabazanc alléguait en sa laveur qu'étant l’alné de tous scs Irétes, la coutume et l’usage de toutes les nations lui adjugeaient la succession préférablement à tout autre. Xerxés réyiliquait qu'il était fds de Darius par Atoase, fille de Cyrus, qui avait fondé l'empire des Perses ; et qu'il était plus juste que la couronne de Cyrus tombât à un de ses descendanls qu'à un autre qui ne l'était pas. Uémarate, roi de Lacédémone, qui, après avoir été déposé injustement par ses sujets, vivait alors en exil à la cour de Perse, lui suggéra secrètement nneautre raison, c’est qu’^Vrtabazunc était à la vérité le fils aîné de Darius ; mais que lui Xerxés était le fils aîné du roi ; qu'ainsi Artabazane étant né lorsque son père n’était encore qu’homme privé, il ne pouvait prétendre par son droit d'aînesse qu’à ses biens propres ; mais que, pour lui, étant le lils allié du roi , le droit de succéder à la couronne lui appartenait. Il appuya cette raison de l’exemple des Lacédémoniens, qui n'appelaient à la succession du royaume que les enfants qui étaient nés depuis que leur père était roi. La succession fut adjugée à Xerxés.

Justin aussi bien que Plutarque , place cette dispute après la mort de Darius. L’un' et l’autre font remarquer la sage conduite de ces denx frères dans une conjoncture si délicate. Selon celte autre manière de rapporter le même fait, Artabazane était absent quand le roi mourut. Xerxés prit aussitôt toutes les marques de la royauté, et en exerça les fonctions. Dés que son frère fut arrivé, il quitta le diadémo et la tiare , qu'il portait d’une manière

■ JiuUd. Ilb. 2. cip. 10. — Plut, de Tral. amore, pag. 4S8

qui ne ronvenuil qu’au roi , alla au-devant de lui, et le combla d'honnéletés. Ils convinrent de prendre pour arbitre de leur différend Arlabane leur oncle, et de s’en rapporter sans appel à son jugement. Pendant tout le temps ‘ que dura celte dispute , les deux frères se dotitvérent réciproquement toutes les martjues d'une amitié ri'u’itabicment fraternelle, se faisant des présents, et se donnant même des re- I>as , d'où l'estime et In conliance mutuelles écartaient de part et d’autre toute crainte et tout soupçon , et y faisaient régner une joie pure et une pleine sécurité ; spectacle bien digne d’admiration, s'écrie Justin, de voir que, |>endant que la plupart des frères se disputent presque à main armée un médiocre patritnnine,. ceux-ei attendaient avec une modération sii tranquille uii jugement qui devait décider du plus grand empire qui fût dans l'univers. Quand Artabane eut prononcé en faveur de Xerxés , dans le moment même son fréa* se prosterna devant lui, lu reconnaissaul pour son maître, et le plaça de sa propre main sur le trône, montrant par celle conduite une grandeur d'àmc vérilablcmcnl royale et iiitinimcnt supérieure à toutes les grandeurs hunniiics. Ce prompt acquiescement à une sentence si préjudiciable à ses intérêts n’était point l’effet d'une adroite politique qui sait dissimuler dans f occasion, et se faire hunncurdece<|u’elle ne peut empêcher ; c'était respect pour les lois, vraie affection pour un frère, et indifférence pour ce qui pique si vivement l’ambition des hommes, et arme souvent les plus proches les uns contre k*s autres, l’our lui, il demeura toujours attaché aux intérêts de Xerxés avec tant d’ardeur, qu'il perdit la vie à sou service dans la bataille de Salomine.

£n quelque temps que celle dispute doive être' placée *, il est constant que Darius ne put exécuter la double expédition qu'il méditait , fune contre fEgyple, et l'autre contre la Grèce,

* « .\deô fratoriM conlCîUlnfuH , Ut nrc InsiilLi-

« veril. orr victu* rfoluciit ; ipv»gue lills lrm|>Ofr In. 'ni « inuuera miserliit ; JarutMia quuqiif Inter n: ikiii Mriùfri , « »c(l creduia convivia habuehnt : judictum (]uuque ifjsum « iln« arbUrls, aine coiivido fuerit. Tantô imdeiaUàa lum « fralres inter se rogna maiima divUlebaot » quam nuoc « exiRua patrtmonia pariiuniur. » ( Jt'ST. )

* UcrO'i. rail, t-

ei qu'il fut prévenu par la mort. Il avait régné trente>si> ans.

L' épitaphe ‘ de ce prince, où il se vante d'avoir eu le mérite de boire beaucoup et de bien porter le vin, montre que c'était I& véritablement une gloire chez les Perses. Nous verrons dans la suite que le jeune Cyrus s'atlribuail celle qualité^ comme une perfection qui le rendait plus digne du sceptre que ne l'était son aîné. Oui de nous s'aviserait de mettre un tel mérite parmi les qualités d'un bon roi ?

Darius avait d'excellentes qualités, mais qui étaient mélées de plusieurs défauLs; et l'empire se sentit des unes et des autres. Car telle est la condition des rois* ; ils ne vivcnl et n'ngissent point pour eux seuls. Tout ce qu'ils font, soit en bien, soit en mal, ils le font pour leurs sujets, et leurs intérêts sont inséparables. On voyait en lui un fonds de douceur , il'équilé, de clémence, de bonté pour les peu- 1 les : il aimait la justice, et respectait les lois : il estimait le mérite, et le récompensait : il i:'étail point jaloux de son rang ni de son autorité jusqu'il exiger des respects forcés, et à se rendre presque inaccessible : quelque habile qu'U fût par lui-même, il écoulait les avis, et savait en proliter : c'est de lui que rtcriturc sainte dit qu'il ne faisait rien sans consulter les sages de sa cour : inlerrogavit sapietiles... el itlorumlaciebalcuHctacomilio * : il payait de sa personiu: dans les combats, où il gardait toujours son sang-froid, et il dLsait delui-méme (|ue le danger le plus vif et le jilus pressant ne servait qu'à augmenter son courage et sa prudence ‘. Enfin il y a eu peu de princes plus habiles que lui dans l'art de régner, et plus expérimentés dans la guerre. La gloire de con- (|uérant , si c'en est uuo véritable, ne lui man-‘ qua pas ; car non-sculemeul il rétablit et allérinit entièrement l'empire de Cyrus, qui avait été fort ébranlé par Cambysc et par le Mage : il y ajouta encore plusieurs grandes et riches provinces, et en particulier les Indes, laThrace,

' H'S xac olvov iriviiv «to^Ctv, xeci roCrov fi—

X«AÛ(. ( ÀTUEN. Ub. 10, p«g. )

* Plut. iDÀrtâS. |Mg. 1014.

* « lu nail mü», ul booa tnaUque vesira ad remp. per- • iineam. » (Tacit. llb 4, cap. 8. )

« Ealh. 1. 13.

* Plut, in Apophtbff pag. 17:3

la Macédoine, el les Iles qui baignent Ici rôles de rionie.

Mais quelquefois res bonnes qualités fnisaienl place à des défauts loni opposés. Roconnatt-on la honlé el la douceur de Darius dans le Irailemenl qu'il Ht à ce père infortuné , qni de trois fils qu'il avait le pria de lui en laisser un pendant que les autres le suivraient dans ses campagnes'? Y cul-il jamais occasion où le conseil fût plus nécessaire que dans le dessein qu'il forma de porter In guerre contre lesSry. thés? et pouvait-on lui en suggérer un plus sage que celui que lui donna son frère? il ne l'écouta pas. Paralt-il dans toute celle «[lédilion aucune marque de sagesse ou de prudence? cl n'i voit-on pas partout nn prince cuivré de sa grandeur, qui croit que rien ne lui peut résister, el en qui la folle ambition de se signaler par une conquéle eyiraordinaire éloulTc tout ce qu'il avait montré jusque-là de bon sens, de jugemcnl , d'habileté roémédans la guerre ?

Ce qni fait la solide gloire de Darius, c'esl d avoir élé choisi de Dieu même, aussi bien que Cyrus, pouréire l'instrument de ses miséricordes sur son peuple , le prolwlenr déclaré des [srnéiiles, cl le roslauraleur du temple de Jérusalem. On en peut voir l'histoire dans Esdras, et dans les prophètes Aggée el Zacharie.

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